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L’Afrique : « proche voisine » de la Chine
Qin Xiaoying
Ces derniers ans, plusieurs dirigeants d’État
et des fonctionnaires gouvernementaux de Chine ont visité l’Afrique.
Seulement au cours des six premiers mois de cette année, le président
d’État Hu Jintao, le premier ministre Wen Jiabao et le ministre
des Affaires étrangères Li Zhaoxing ont visité successivement
le continent africain. Bien que l’Afrique soit physiquement très
loin de la Chine, elle est considérée comme une «
proche voisine » dans le cœur des dirigeants et du peuple chinois.
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Wen Jiabao, premier ministre de Chine,lors de sa visite
au Ghana en juin dernier. Li Xueren
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Dans l’histoire moderne, l’Afrique et la Chine
ont eu le même destin à l’époque de l’expansion
du capitalisme. Prenons l’Afrique du Sud comme exemple. Sous le
régime raciste, le statut politique et social des Noirs et des
travailleurs chinois dans ce pays était au plus bas, derrière
les Boers (descendance des Pays-Bas), les Britanniques et les Indiens.
On peut imaginer leur travail dur et leur vie misérable.
Le même destin engendrait le soutien mutuel et l’influence
réciproque dans la lutte contre le colonialisme. On sait que le
premier président noir de l’Afrique du Sud, Nelson Mandela,
qui a gagné le prix Nobel de la paix, étudiait les œuvres
de Mao Zedong en prison. De plus, beaucoup de politiciens africains comme
Nkrumah Kwame du Ghana, Ahmed Sekou Toure de Guinée, Julius K.
Nyerere de Tanzanie, Azikiwe Nnamdi du Nigeria et Ben Bella d’Algérie,
ont manifesté leur intérêt à la révolution
démocratique contre l’impérialisme et le féodalisme
en Chine. Aujourd’hui, beaucoup d’historiens et experts en
questions internationales reconnaissent que, dans les années 1960,
c’est par l’encouragement de la victoire de la Seconde guerre
mondiale et de la révolution chinoise qu’une dizaine de pays
d’Afrique se sont avancés vers l’indépendance,
comme dans une grande « avalanche politique ».
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Dr Xiu Zhifeng, de l'équipe médicale
de Chine au Congo (Kinshasa), montre des photos aux enfants locaux.
Xinhua
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Bien qu’il existe une différence en matière
d’envergure de l’industrialisation moderne pour la Chine et
plusieurs pays d’Afrique, les deux côtés sont des pays
en développement selon leur niveau de développement et de
leur PIB par habitant. La situation avant et après l’indépendance
n’a toujours pas changé pour les pays d’Afrique. Même
aujourd’hui, la réalité de la Chine et de certains
pays d’Afrique est semblable. Les deux côtés font face
à des problèmes comme le nombre de facteurs non industrialisés
dans l’économie, l’étroit lien patriarcal dans
la vie sociale, un grand écart entre les villes et les campagnes
et entre les riches et les pauvres, le bas niveau d’instruction
de la population et le faible système de service public médical.
C’est pourquoi les expériences heureuses et malheureuses
de Chine dans son développement économique ont attiré
l’attention des politiciens et des hommes clairvoyants d’Afrique.
On peut diviser en deux périodes l’influence
mutuelle de la Chine et de l’Afrique.
Première étape, de 1960 à 1970. Pendant
cette période, un grand nombre de pays d’Afrique nouvellement
indépendants aspiraient à améliorer rapidement la
vie du peuple. Ces pays s’intéressaient plutôt au mode
d’organisation et de gestion de la commune populaire que la Chine
adoptait dans sa construction socialiste, parce que dans ces pays, il
y avait beaucoup de villages. Vu la réalité nationale, plusieurs
politiciens africains, s’opposant à suivre la voie capitaliste
de même que la voie de l’ex-URSS qui développait prioritairement
l’industrie lourde, considéraient la commune populaire comme
un mode idéal pour développer l’économie. L’esprit
de travailler d’arrache-pied et faire sa fortune à la force
du poignet du peuple chinois donnait du courage aux peuples africains.
Par ailleurs, le résultat le plus remarquable des relations amicales
sino-africaines est le rétablissement de la République populaire
de Chine dans son siège légitime aux Nations unies grâce
au soutien des pays d’Afrique et des pays qui défendent la
justice.
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Nelson Mandela salue le peuple à sa libération
en février 1990. Xinhua
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Deuxième étape, du milieu des années
1980 à aujourd’hui. Pendant cette période, la campagne
chinoise a connu un grand changement. Le niveau de vie des habitants ruraux
s’est amélioré beaucoup après l’abandon
du système de commune populaire et l’adoption du système
de responsabilité forfaitaire des foyers avec rémunération
liée au rendement. Le fait que 1,3 milliard de Chinois mangent
à leur faim et sont vêtus chaudement constitue un encouragement
gigantesque pour les pays en développement. Et dans certains pays
d’Afrique, l’économie n’a pas progressé
ou se trouve dans une situation difficile pour des raisons compliquées
intérieures et extérieures. Quant à la Chine, qui
nécessite pour son développement davantage d’énergie
et de ressources, elle s’appuie beaucoup sur l’import-export.
Par ailleurs, la Chine et l’Afrique ont des intérêts
communs dans l’établissement d’un nouvel ordre politique
et économique international équitable, soutiennent et coordonnent
mutuellement leur coopération économique et leur action
dans le maintien de la paix et de la stabilité internationale.
Les deux côtés s’appuient l’un l’autre
dans la politique internationale, le développement économique
et les échanges commerciaux. Le gouvernement chinois attache de
l’importance à la coopération économique et
commerciale sur la base de la réciprocité avec les pays
d’Afrique, continue d’accorder une aide dans la mesure de
ses possibilités pour accélérer le progrès
de l’Afrique, et participe aux opérations de maintien de
la paix et de secours organisées par l’Onu dans certains
pays d’Afrique. Les Casques bleus, les équipes médicales
et les équipes de travaux de Chine sont un symbole de courage,
de bienveillance et de qualité aux yeux du peuple africain. En
plus des échanges économiques et commerciaux d’avantages
réciproques de plus en plus larges avec l’Afrique, la Chine
fournit volontairement et gratuitement des informations techniques dont
la population africaine a besoin. Il est visible que les bonnes relations
sino-africaines durant la deuxième étape sont plus larges,
profondes, pratiques et solides, et que la perspective est plus radieuse.
De l’éveil de la nation à l’indépendance,
à l’exploration et à la richesse, les peuples chinois
et africains parcourent la même voie et partagent heurs et malheurs.
Les vrais amis se sentent toujours proches malgré la distance qui
les sépare.
L’auteur est reporter supérieur de Ta Kung
Pao.
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