Raviver des liens historiques

L’histoire a voulu que le premier ministre Wen Jiabao s’arrête d’abord au Caire lors de sa tournée de sept pays d’Afrique en juin, où il a participé, au pied de la pyramide de Giza, à une célébration marquant le 50e de l’établissement des relations diplomatiques entre la Chine et l’Égypte en compagnie de son homologue Ahmed Nazef. C’était la première fois que ce monument faisant partie de l’héritage mondial servait à un tel événement.

L’ambassadeur d’Égypte en Chine, Mahmoud Allam, partage son opinion sur les liens bilatéraux avec Li Li de Beijing Information.

BI : Le président et le premier ministre de Chine sont allés en Afrique durant le premier semestre de cette année et votre président viendra en Chine bientôt. Comment voyez-vous les fréquents échanges de visites de haut niveau en fonction des liens bilatéraux?

L'ambassadeur d'Égypte en Chine, Mahmoud Allam. Jiang Xiaoying

Mahmoud Allam : La Chine a toujours été présente en Afrique, travaillant main dans la main au développement des pays d’Afrique et à leur indépendance. Les récentes visites des deux dirigeants chinois manifestent un engagement amical. Que Wen Jiabao ait choisi l’Égypte comme première étape de son voyage rappelle que l’Égypte a été le premier pays d’Afrique à établir des liens diplomatiques avec la Chine le 30 mai 1956. J’ai accompagné la délégation au Caire et j’ai été témoin de la chaleur des relations et du sérieux des pourparlers entre les deux pays et entre la Chine et l’Afrique en général. Avant la visite, la publication par la Chine de sa politique africaine en janvier montre une vision claire et une stratégie de développement des relations sino-africaines. Certains disent que la Chine ne s’intéresse à l’Afrique que pour ses ressources, surtout l’énergie, et son marché. Mais je crois que l’engagement de la Chine est beaucoup plus profond.

L’Égypte et la Chine ont signé des accords de commerce, d’affaires et de coopération pendant la tournée africaine du premier ministre Wen Jiabao. Pourriez-vous identifier les secteurs qui ont le plus haut potentiel dans ces domaines?

Les deux parties ont signé onze documents, dix accords et un programme cadre sur les futures relations entre l’Égypte et la Chine. Nos deux pays avaient signé un accord de partenariat en 1999 et sept ans plus tard, à l’occasion du 50e anniversaire, le nouveau document signé est un programme cadre sur le développement des relations et la façon de renforcer la coopération dans tous les domaines.

Le contenu des accords va de la coopération dans l’industrie pétrolière et l’exploitation des ressources minières à l’établissement d’un centre de service aux investisseurs étrangers où ces derniers, particulièrement les investisseurs chinois, qui vont en Égypte, pourront obtenir une autorisation d’affaires. L’établissement par le gouvernement chinois d’une école dans un village d’Égypte et l’engagement à ouvrir le marché chinois à l’exportation égyptienne en faisaient également partie. La visite a fourni une occasion d’échanges entre les leaders des deux pays et avec les membres de la délégation sur le développement de divers aspects des relations.

L’Égypte apprécie l’investissement chinois dans tous les domaines. Nous invitons les Chinois à établir leur siège en Égypte, à fabriquer puis à exporter de chez nous vers toutes les parties du monde, surtout le Moyen-Orient et l’Afrique. Ce faisant, ils peuvent profiter de la situation géographique de l’Égypte, des mesures d’encouragement à l’investissement étranger, de la main-d’œuvre bon marché, du travail de qualité ainsi que des services à bas prix.

À cet égard, je voudrais mentionner certains secteurs, comme l’industrie textile. L’Égypte a un accord de « Zones industrielles qualifiées » selon lequel tout produit textile d’Égypte a accès au marché américain. De plus, l’Égypte a un accord de libre-échange avec l’Union européenne pour tous ses produits. D’autres secteurs de coopération potentielle avec la Chine sont la technologie de l’information, les télécommunications, le tourisme, l’automobile et le pétrole.

La Chine et l’Afrique se sont entendues pour tenir une rencontre au sommet et la 3e Rencontre ministérielle du Forum de coopération Chine-Afrique à Beijing en novembre. Pourriez-vous souligner les sujets de discussion particulièrement importants du forum?

Des timbres commémoratifs et des enveloppes spéciales sont exposés pour souligner le 50e anniversaire de l'établissement des relations diplomatiques entre la Chine et l'Égypte. Jiang Xiaoying

Le forum a été établi en 2000. Depuis, bien des activités ont eu lieu et des initiatives ont été lancées par la Chine pour appuyer les pays d’Afrique, particulièrement les moins développés. Nous voyons cela comme une occasion de consolider notre partenariat dans la pratique. C’est ouvrir le marché africain à la Chine autant qu’ouvrir le marché chinois aux produits africains. C’est aussi renforcer l’investissement chinois en Afrique, travailler ensemble au transfert de technologies, à la formation et à la coopération culturelle et politique.

Comme la Chine et l’Égypte ont parcouru cinquante ans ensemble, nous croyons avoir des liens particuliers avec la Chine en tant que pays, peuple et gouvernement. Dans un monde en changement rapide avec de nouveaux défis et de nouvelles occasions, l’Égypte travaille dur pour réformer son économie afin de devenir une partie de l’économie mondiale. Et nous avons un grand potentiel. Nous avons l’engagement ferme des dirigeants des deux pays, et les échanges de visites et de points de vue constituent une recherche continue de nouvelles voies de rehausser les relations bilatérales. Cela nous rend optimistes face à l’avenir des cinquante prochaines années à passer ensemble. Comme ambassadeur en Chine, je crois être ici à un moment très important de l’histoire. Les nombreuses occasions et la responsabilité de chercher constamment à atteindre tous nos amis chinois non seulement bénéficient aux deux peuples mais favorisent aussi le développement pacifique du monde en général.

Quelle est la position de l’Égypte sur le test de lancement de missiles à longue portée par la République populaire démocratique de Corée le 5 juillet?

Nous comprenons l’inquiétude que cet événement a causée dans les pays voisins de la RPDC. Cependant, nous aimerions voir tous les différends se régler par des moyens pacifiques et par la négociation. La Chine a déjà joué un rôle positif comme hôte des pourparlers à six. Je pense qu’il vaut mieux continuer à discuter. Nous demandons aux six parties des pourparlers de résoudre le problème par la négociation et de ne pas pousser les choses à dégénérer en conflit. C’est pourquoi nous croyons que l’approche chinoise est sage et raisonnable.


 
24 Baiwanzhuang, 100037 Beijing République populaire de Chine.