Servir d’intermédiaire pour faciliter les rapports entre la Chine et le Nigeria

L’investissement de Chine est de plus en plus important au Nigeria, et il est également plus important d’adopter des mesures en vue de normaliser la gestion des entreprises chinoises en Afrique.

Ni Yanshuo

Jacob Wood, âgé de 58 ans, est un des entrepreneurs chinois réussis au Nigeria. Il a accompagné la délégation nigériane à Beijing pour participer au Forum sur la coopération sino-africaine en novembre 2006, servant d’intermédiaire pour faciliter les rapports entre les entreprises chinoises et nigérianes.

« J’ai travaillé pendant plus de trente ans au Nigeria. En Afrique, le Nigeria est un grand marché grâce à sa population de 150 millions d’habitants et sa grande capacité de consommation. En même temps, les gens locaux accueillent favorablement l’investissement chinois », a dit Jacob Wood lors de son interview accordé au journaliste de CHINAFRIQUE.

Jacob Wood est le président du conseil d’administration du Groupe Jinmen de Nigeria, et ses affaires se développent toujours favorablement au Nigeria. Dans les années 1970, il fût allé dans l’une des usines de textile établies par son père au Nigeria. Le Nigeria est un grand pays producteur de coton en Afrique, et la concurrence dans le secteur de textile est acharnée. Jacob Wood allait ensuite étudier la gestion hôtelière au Canada et, après ses études, travaillait à l’hôtel de Shangri-la de Nigeria.

Jacob Wood présente ses entreprises en Afrique aux journaliste de Chinafrique. DAI XIAOHUA

Au milieu des années 1990, des pays occidentaux prenaient une sanction économique envers le Nigeria sous prétexte du problème de droit de l’homme. L’économie nigériane tomba dans une période difficile, et plusieurs entreprises s’y retirèrent. Dans cette situation, Jacob Wood a investi huit millions de dollars US pour construire l’hôtel Jinmen dans l’ancienne capitale nigériane, Lagos. Grâce à sa capacité de gestion, l’hôtel a connu un développement rapide et est devenu aujourd’hui un groupe de compagnies couvrant le tourisme, la construction, la décoration, les matériaux de construction et le traitement de bois. Actuellement, le Groupe Jinmen compte une dizaine de filiales et de sociétés de holding au Nigeria avec un capital de 100 millions de dollars US.

« Nous éprouvons tous les jours l’amitié traditionnelle entre la Chine et le Nigeria, le rapport économique entre les deux côtés est de plus en plus étroit », a ajouté Jacob Wood.

Le 26 avril 2006, le président chinois Hu Jintao a effectué une visite en Nigeria et rencontré le président nigérian Olusegun Obasanjo à Abuja. LAN HONGGUANG

Selon les données de la Douane chinoise, en 2005, le volume du commerce bilatéral sino-nigérian était de 2,83 milliards de dollars US, soit une augmentation de 29,7 % par rapport à la même période de l’année précédente. Le Nigeria est le deuxième grand partenaire commercial de Chine en Afrique. Par ailleurs, d’après des statistiques incomplètes, à la fin de juin 2006, la Chine a investi directement au Nigeria pour 34,58 millions de dollars US dans les domaines de la sidérurgie, des appareils électroménagers, des produits électromécaniques, de la pêche, du traitement de bois d’œuvre et de l’équipement pour le réseau électrique.

En outre, la Chine et le Nigeria projettent de lancer en coopération un satellite en mars 2007, c’est le premier satellite de communication de Nigeria.

 

 

 

Pont liant la Chine et le Nigeria

Selon la présentation de Jacob Wood, les entrepreneurs chinois, venus au Nigeria dans les années 1950, se sont déjà mêlés avec la société locale. Dans l’économie nationale de Nigeria, les entrepreneurs chinois représentent 70 %.

« Nous espérons fournir une plate-forme aux entreprises chinoises », a dit Jacob Wood au journaliste de CHINAFRIQUE.

En juillet 2004, Jacob Wood devient le conseiller du président de Nigeria. « Le président Olusegun Obasanjo m’a donné une tâche importante, soit introduire l’investissement chinois. En outre, du fait que les anciens entrepreneurs chinois ont joué un bon rôle de modèle au Nigeria, le président, lui même, accueille favorablement davantage d’hommes d’affaires chinois à investir au Nigeria », a souligné Jacob Wood.

Jacob Wood fait tous ses efforts pour faciliter les échanges économiques et culturels entre les deux pays. Le projet de rénovation et de réparation du chemin de fer de 3 000 km au Nigeria est assuré par China Civil Engineering Construction Corporation (CCECC). Ce projet, avec le capital contracté de 560 millions de dollars US, est le plus grand projet que la Chine entreprend pour le moment au Nigeria, et est mis en application avec l’aide de Jacob Wood.

« L’accent de mon travail d’avenir restera toujours au Nigeria, et j’espère que davantage d’entrepreneurs chinois puissent entrer dans le marché africain qui est croissant », a dit Jacob Wood. En août dernier, il est retourné en Chine avec deux projets, l’un est la production de climatiseurs, l’autre est la production de téléviseurs au Nigeria. Il a négocié avec certaines entreprises de Chine comme les Groupes Shinco, Kaiyuan, Changhong et SVA. Il n’y a pas encore une chaîne de montage capable de produire le téléviseur complet au Nigeria, et ce serait un grand marché de potentiel.

« La manière de coopération avec des entreprises chinoises est généralement d’établir une société ou construire une usine en coopération au Nigeria. Profitant de nos ressources locales, nous prenons la responsabilité de la construction d’infrastructures, tandis que notre partenaire s’occupe de la technique, de l’équipe et de la production », a-t-il expliqué. Avec cette manière, le groupe Jinmen a établi plusieurs sociétés du genre, y compris la compagnie de construction Jinhong de Nigeria (avec la coopération de la société de construction Jintan du Jiangsu), la compagnie des matériaux plastiques Jinheng de Nigeria (avec la coopération du groupe Hengli de Nanjing), la compagnie mécanique Jinying de Nigeria (avec la coopération du groupe Jinhou du Jiangsu) et l’édifice commercial Jinmao de Nigeria (avec la coopération des commerçants de Wenzhou.

« Selon ma planification, ces deux projets pourraient entrer en construction dans six mois », a dit Jacob Wood avec confiance.

Coopération réciproquement avantageuse

D’après Jacob Wood, la coopération avec le Nigeria est une coopération réciproquement avantageuse. Pour les entreprises chinoises, investir au Nigeria signifie l’élargissement de leurs affaires en Afrique. Pour le Nigeria, les entreprises chinoises peuvent résoudre le problème d’emploi de certaines gens locaux. Dans ses compagnies, travaillent plus 20 000 employés locaux.

Dans la capitale d’Abuja, le groupe Jinmen a construit récemment un hôtel de sept étages, d’une superficie de plus de 10 000 m², et 98 % d’employés sont Nigérians.

L’hôtel Jinmen à Abuja, comme un hôtel célèbre local, devient un lieu fréquenté par la personnalité marquante. Lors de la visite du président Hu Jintao au Nigeria, l’hôtel lui a fourni les repas.

« Nous voulons bien recruter les gens locaux, car ils connaissent bien la situation du marché. Nous avons un programme, selon lequel les directeurs adjoints de compagnie seront tous les gens locaux après dix ans », a-t-il ajouté. D’après lui, il y a un grand nombre de Nigérians qui ont eu une instruction élevée, et pas mal ont étudié en Angleterre.

En 1999, quand Olusegun Obasanjo est élu comme président, le pays avait bien besoin d’améliorer son éducation. Dans cette circonstance, Jacob Wood a investi pour construire quatre écoles à Lagos dans l’espoir que les enfants locaux puissent retenir l’amitié sino-nigériane. Son objectif est de construire 25 écoles.

À cause de sa contribution remarquable, il a été conféré chef de tribu en 2001. Jacob Wood est donc le premier chef de tribu d’origine chinoise en Afrique.

Chérir l’amitié traditionnelle

Pourquoi l’ancienne génération d’entrepreneurs chinois ont-ils acquis les exploits si brillants ? D’après Jacob Wood, c’est parce qu’ils sont perspicaces et honnêtes.

Il a dit que pour le moment, les commerçants chinois sont en reflux. Car un petit nombre de commerçants ne se sont pas bien conduits dans les affaires, ce qui nuit l’ensemble de l’image des commerçants chinois.

Avec le développement rapide de l’économie chinoise, un grand nombre d’entreprises chinoises sont entrées en Afrique, y apportant des produits bon marché et de bonne qualité. Mais les actes de quelques commerçants sont répréhensibles, comme la contrebande, la concurrence déloyale, la mauvaise qualité, l’immigration illégale et la fraude fiscale.

L’année dernière, la cité de Dragon, un centre commercial de produits chinois à Lagos, a été mise sous scellé par le gouvernement local. Il y avait plus de 200 entreprises chinoises qui y faisaient le commerce et subissaient une perte de 100 millions de yuans. L’image d’ensemble des commerçants chinois a été gravement nuit par cet événement. « Je ne veux pas faire mon appréciation sur les actes d’entreprises chinoises, ni sur le gouvernement local, mais l’événement a certainement donné l’assaut aux entreprises chinoises au Nigeria, car nous pouvons sentir le changement de l’environnement », a ajouté Jacob Wood.

Il a cité un exemple. Il y a environ dix ans, seules les motocyclettes de marque Jincheng se vendaient sur le marché africain. Tandis qu’aujourd’hui, on compte quinze marques. En 2004, la Chine a exporté 150 000 motocyclettes vers l’Afrique, la rentabilité a été de 100 millions de dollars US. En 2005, le chiffre des motocyclettes exportées a grimpé à 300 000, mais la rentabilité reste toujours au même niveau. « La concurrence déloyale avec un prix extrêmement bas porte atteinte non seulement à l’économie africaine, mais aussi influence le développement régulier de l’économie chinoise », a-t-il dit .

Selon lui, le gouvernement chinois doit prendre des mesures pour normaliser les actions d’affaires des entreprises chinoises en Afrique. C’est le seul moyen pour maintenir l’amitié sino-africaine. « L’amitié sino-africaine traditionnelle est le résultat du travail honnête de l’ancienne génération, il ne faut pas la nuire pour des bénéfices minimes », a conclu Jacob Wood.

 
24 Baiwanzhuang, 100037 Beijing République populaire de Chine.