|
L’Afrique s’éveille aux occasions de développement
Les Nations unies comptent 21 agences à Beijing dans
tous les domaines de la coopération, de la réforme économique
aux droits humains.
Le Programme de développement des Nations unies (PDNU)
en Chine est une de ces agences. Il vise à réduire la pauvreté
et à promouvoir la coopération avec d’autres pays
en développement, surtout des pays d’Afrique.
Le 16 octobre, Khalid Malik, coordinateur résident
du système des Nations unies et représentant en Chine du
PDNU a accepté de partager ses opinions avec Ni Yanshuo de CHINAFRIQUE
sur la façon dont la Chine et l’Afrique peuvent collaborer
au développement mutuel.
CHINAFRIQUE : Existe-t-il des programmes de coopération
pour aider les nécessiteux d’Afrique à sortir de la
pauvreté?
Khalid Malik: Les Nations unies ont plusieurs
programmes de développement de l’Afrique. Il y a environ
deux ans, le PDNU a aidé à l’établissement
du Business Council Chine-Afrique destiné à promouvoir et
encourager le secteur privé chinois à investir en Afrique.
Comme vous le savez, le volume commercial entre la Chine et l’Afrique
était d’environ 2 milliards de dollars en 1999. L’an
dernier, il a atteint 50 milliards.
Le PDNU cherche également la meilleure façon
pour la Chine d’aider les pays d’Afrique à prévenir
la malaria et le sida/VIH. Nous coopérons très étroitement
avec le gouvernement chinois sous cet aspect.
Pouvez-vous commenter le travail de la Chine en vue
de réduire la pauvreté?
La Chine nous a laissé une bonne impression au cours
des dernières décennies en sortant 300 à 400 millions
de personnes de la pauvreté. C’est un phénomène
sans précédent dans l’histoire.
Selon le seuil de pauvreté, haut ou bas, auquel on
fait allusion, l’incidence de la pauvreté varie considérablement.
On peut dire que 40 à 60 millions de personnes sont encore pauvres,
ou l’on peut se servir de la mesure « un dollar par jour »
comme le fait la Banque mondiale, et qui porte alors le nombre de pauvres
à 150 ou 200 millions.
La pauvreté existe surtout dans les régions
de l’ouest et est due surtout à la carence alimentaire. Les
femmes en sont les principales victimes.
Quelles leçons les pays d’Afrique peuvent-il
tirer de la Chine dans l’éradication de la pauvreté?
Je pense que la Chine est le pays qui a le mieux réussi
à réduire la pauvreté. Elle possède donc une
expérience évidente et valable pour d’autres pays
en développement. C’est pour cette raison que nous avons
établi le Centre international de réduction de la pauvreté
à Beijing. Une de ses fonctions est de compiler les exemples chinois
pour les rendre accessibles aux autres pays. Nous avons mis sur pied plusieurs
programmes, et nombreux sont les Africains et les gens d’autres
pays en développement qui viennent se documenter en Chine.
Quelles sont les réalisations du Business Council
Chine-Afrique?
Le Conseil en est à sa deuxième année
à Beijing. Il a envoyé des équipes en Afrique de
l’Est et de l’Ouest. Par ailleurs, les Africains viennent
aussi en Chine. Plusieurs rencontres commerciales se sont tenues dans
le cadre du Forum sino-africain. Je pense que les choses bougent.
Le but fondamental du PDNU est de fournir aux milieux d’affaires
chinois et africains un tremplin de coopération et de recherches
d’occasions.
Quels pas communs ont été faits pour
combattre la malaria et le sida/VIH en Afrique?
Contre la malaria, il y a des médicaments chinois qui
sont efficaces en Afrique. L’an dernier, lors d’une rencontre
au sommet à New York, le président Hu Jintao s’est
engagé à aider l’Afrique à combattre la malaria.
Nous en étions très heureux et c’est une aide fort
appréciée de tous les pays d’Afrique.
Il y a aussi le sida/VIH qui représente un grand défi
pour plusieurs pays d’Afrique surtout au sud et à l’est
du continent. Et il y a cette situation où plusieurs secteurs sociaux,
surtout le secteur de la santé et des hôpitaux, sont en train
de perdre leur personnel qualifié. Avec l’énorme population
de la Chine, nous pouvons trouver un moyen d’aide pratique.
Que pensez-vous de la critique qui veut que la Chine
soit en train de recoloniser l’Afrique ?
La Chine grandit économiquement et politiquement et
fait beaucoup d’efforts pour équilibrer son commerce avec
ses voisins. En ce qui concerne le commerce sino-africain, l’Afrique
a un léger surplus. Par ailleurs, la Chine augmente ses investissements
en Afrique. Nous devons trouver le moyen d’utiliser plus efficacement
la force de travail et les ressources. Traditionnellement, la Chine tend
à amener ses propres ressources pour accomplir les travaux. C’est
une méthode très efficace, mais je pense qu’on peut
trouver d’autres formes de coopération afin de fournir davantage
d’occasions aux pays d’Afrique.
Que feront les Nations unies en vue de promouvoir
les relations sino-africaines?
Actuellement, nous travaillons sur les liens commerciaux.
Nous souhaitons travailler davantage à des initiatives de coopération
dans la prévention de la malaria et du sida/VIH. À mesure
que la Chine et l’Afrique se rapprochent, nous avons besoin de nouvelles
institutions pour appuyer ce rapprochement. La raison pour laquelle les
pays développés peuvent coopérer facilement est qu’ils
disposent de plusieurs institutions comme des banques d’import-export
et des organisations d’assurances contre les risques et autres.
Je crois que nous devrions songer à créer de nouvelles institutions
pour faciliter les liens entre la Chine et l’Afrique.
|