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Approfondir les relations économiques entre la Chine
et l’Afrique
L’inauguration du premier Forum sur la coopération
sino-africaine en 2000 à Beijing ouvre une nouvelle ère
de la coopération sino-africaine. Depuis six ans, ce forum est
devenu un mécanisme efficace de dialogue collectif et de coopération
et sert de plateforme de coopération mutuellement avantageuse.
À la veille du sommet de Beijing et lors de la troisième
conférence ministérielle du forum qui s’est tenue
du 3 au 5 novembre, Zhou Yabin, chef du département des affaires
de l’Asie de l’Ouest et de l’Afrique du ministère
du Commerce de Chine, a accordé une interview à Liu Wei
de CHINAFRIQUE au sujet du commerce sino-africain et du rôle
du forum dans le développement économique et commercial
bilatéral.
CHINAFRIQUE : Comment voyez-vous
les relations économiques et commerciales sino-africaines ?
Zhou Yabin : L’amitié historique
entre la Chine et l’Afrique est devenue plus étroite ces
dernières années. La Chine et les pays d’Afrique ont
connu des expériences historiques semblables, soit la lutte de
libération nationale, soit la campagne de construction du pays.
L’amitié s’est développée avec la sympathie
et l’appui mutuels des deux parties, ce qui fait de leur lien un
modèle de coopération Sud-Sud.
L’association coopérative fortement complémentaire
entre la Chine et l’Afrique se reflète dans la coopération
économique et commerciale multiforme, sur une base d’égalité
et comportant des avantages mutuels. Le gouvernement chinois a développé
le commerce avec l’Afrique, augmenté ses importations de
l’Afrique, encouragé les compagnies chinoises à investir
en Afrique, renforcé la coopération dans la construction
d’infrastructures et l’agriculture et transféré
des techniques en Afrique, afin d’aider l’Afrique à
transformer ses ressources naturelles en avantages concurrentiels de production,
et d’améliorer ainsi sa puissance économique. Depuis
le début du nouveau siècle et particulièrement depuis
l’inauguration du forum, les relations commerciales et économiques
entre la Chine et l’Afrique sont entrées dans une nouvelle
étape de développement rapide, complet et régulier.
La coopération économique et technique
entre la Chine et l’Afrique a-t-elle progressé ces dernières
années ?
Zhou : Depuis la mise en application de la
réforme et de l’ouverture en Chine, le gouvernement chinois
a donné incitations et directives aux compagnies qui entreprennent
des projets dans les pays d’Afrique avec leurs techniques et leur
expérience de gestion. Les projets de coopération économique
et technologique de Chine en Afrique impliquent principalement la construction,
les industries pétrochimique, métallurgique et de l’énergie
électrique, les secteurs hydraulique et ferroviaire, du transport
et des télécommunications. En exportant des technologies
utiles et de pointe et en formant les ingénieurs et les gestionnaires
locaux, la Chine a aidé à augmenter la capacité d’auto-développement
des pays d’Afrique.
À la fin de 2005, la Chine était engagée
dans plus de 800 projets complets dans 49 pays africains et les compagnies
chinoises s’étaient impliquées dans 58 projets avec
des prêts préférentiels dans 26 pays d’Afrique.
D’ailleurs, la Chine a fourni beaucoup d’aide matérielle
et technique et formé plus de dix mille travailleurs touchant la
culture du riz et des légumes, l’aquiculture, le traitement
de la viande, l’acupuncture, les machines agricoles, l’exploitation
de l’énergie solaire et la météorologie. Le
soutien sincère et désintéressé de la Chine
s’attire les éloges des peuples et des gouvernements africains.
Quelles mesures le gouvernement chinois prend-il pour
encourager les compagnies chinoises à investir en Afrique ?
Zhou : Les pays d’Afrique sont désireux
de l’investissement chinois, et le gouvernement chinois encourage
également les entreprises chinoises à investir en Afrique.
En conformité avec cette situation, le ministère du Commerce
de Chine (MCC), en coopération avec d’autres départements
concernés, a élaboré une série de mesures.
Afin de créer une politique favorable et un environnement légal,
le MCC a conduit des négociations bilatérales avec les pays
africains sur les accords de protection de l’investissement bilatéral.
Vingt-huit pays d’Afrique ont signé de tels accords avec
la Chine.
Par ailleurs, le MCC a décrété des règlements
destinés aux entreprises investissant outre-mer, en vue de simplifier
les procédures d’investissement en Afrique. Le MCC a également
établi un système de publication des rapports concernant
le milieu d’investissement et les barrières à l’investissement
hors de la Chine, et a publié une liste des secteurs ouverts aux
investisseurs dans différents pays afin de fournir l’information,
de diriger les entreprises chinoises pour qu’elles évitent
les risques et investissent en toute sûreté à l’étranger.
De plus en plus de compagnies chinoises suivent de prêt
le continent africain depuis la fondation du Forum sur la coopération
Chine-Afrique. Jusqu’ici, le nombre de compagnies non financières
chinoises qui ont investi en Afrique avec l’approbation du MCC a
dépassé 800 et le montant d’investissements a dépassé
6 milliards de dollars.
Quels résultats économiques et commerciaux
ont obtenu les parties chinoise et africaine dans le cadre du Forum depuis
son instauration?
Zhou : La première conférence
ministérielle du Forum qui a eu lieu en 2000 a publié le
« Programme de coopération sino-africaine sur le développement
économique et social », exposant les suggestions et mesures
concrètes de coopération dans les domaines économique
et commercial entre la Chine et l’Afrique. Accordant une grande
attention à l’application du programme, le gouvernement chinois
a établi un comité de suivi composé de vingt-deux
départements au niveau ministériel après l’achèvement
de la conférence afin de concrétiser les engagements pris
en matière de commerce, d’investissement, de réduction
des dettes, de coopération et d’exploitation des ressources
humaines. Dans le cadre du Forum, la Chine a, pour la première
fois, réduit ou annulé les dettes des pays lourdement endettés
et les pays les moins développés pour un montant total de
plus de dix milliards de yuans. Elle a instauré des fonds spéciaux
pour soutenir et encourager les entreprises chinoises puissantes et crédibles
à investir en Afrique ; procédé à la coopération
mutuellement avantageuse ; établi le Fonds pour l’exploitation
des ressources humaines africaines.
À la fin de 2003, la deuxième conférence
ministérielle du Forum s’est tenue à Addis-Abeba,
capitale de la République démocratique populaire d’Éthiopie,
les chefs d’État et de gouvernement de treize pays et soixante-dix
ministres de quarante-quatre pays d’Afrique y ont participé.
Quelque cent cinquante entrepreneurs chinois et trois cent cinquante entrepreneurs
africains ont participé à l’assemblée des entrepreneurs
chinois et africains organisée en même temps. Pour aider
davantage de produits africains à entrer sur le marché chinois
et aider les pays d’Afrique à développer leur économie,
le gouvernement chinois a appliqué le tarif zéro pour cent
quatre-vingt-dix types de produits fabriqués par 28 pays africains
des moins développés et exportés vers le marché
chinois ; et entre 2004 et 2006, le nombre d’Africains qui ont reçu
une formation fournie par la Chine a dépassé dix mille.
Grâce à l’impulsion du Forum, le commerce
sino-africain a connu une croissance rapide cinq années de suite.
En 2005, le volume d’échanges entre les deux parties est
parvenu à 39,7 milliards de dollars, soit une hausse de 30 % par
rapport à l’année précédente, de loin
supérieur à la vitesse d’augmentation moyenne du commercer
national avec l’étranger.
Dans le domaine économique et commercial, quels
sont les nouveaux plans et visions du gouvernement chinois ? Quelles respectives
offre la coopération sino-africaine ?
Zhou : Cette année marque le 50e anniversaire
de l’établissement des relations diplomatiques entre la Chine
et l’Afrique. Au début de l’année, le gouvernement
chinois a promulgué sa Politique de la Chine à l’égard
de l’Afrique, soulignant la consolidation des relations amicales
traditionnelles, élargissant les domaines de coopération
sur une base réciproque et proposant parallèlement l’établissement
et le développement d’un nouveau partenariat stratégique
caractérisé par l’égalité et la confiance
mutuelle sur le plan politique, la réciprocité et le «
gagnant-gagnant » sur le plan économique et les échanges
mutuels sur le plan culturel. En avril et juin dernier, le président
Hu Jintao et le premier ministre Wen Jiabao ont respectivement visité
dix pays d’Afrique visant à promouvoir énergiquement
le développement du partenariat stratégique de nouveau type.
La Chine et les pays d’Afrique présentent une
convergence de vues et d’intérêts communs dans beaucoup
de problèmes. Les deux parties sont disposées à renforcer
et approfondir la coopération bilatérale. Désormais,
le gouvernement chinois, conformément aux principes de «
l’égalité et la réciprocité, de multiples
formes, de l’efficacité et du développement commun
», continuera à prendre les mesures efficaces et à
promouvoir le développement économique et social commun
avec l’Afrique.
Premièrement, augmenter l’importation des pays
d’Afrique. Dans ce but, la Chine a déjà commencé
à exempter de droits douaniers certains produits importés
des pays les moins développés de l’Afrique, stimulant
grandement l’exportation africaine envers la Chine. Désormais,
le gouvernement chinois encouragera les entreprises chinoises à
importer en priorité les produits africains selon les mêmes
conditions pour gagner un environnement international plus équitable
et rationnel pour le développement commercial des pays d’Afrique.
Deuxièmement, lier étroitement l’aide
à l’Afrique et la coopération économique et
technique pour renforcer la capacité d’auto-développement
de l’Afrique. À cet effet, tout en considérant les
exigences de l’Afrique, il faut combiner le renforcement de la puissance
économique africaine et la promotion du progrès social africain
; la fourniture de l’assistance financière et l’impulsion
à la coopération technique ; la promotion des gouvernements
et les échanges autogérés des entreprises, ainsi
que mener à bien le travail pratique dans les projets d’intérêt
public comme les sphères culturelle, éducative et sanitaire
pour que le peuple africain jouisse de bénéfices réels
; demander aux entreprises chinoises implantées en Afrique de prêter
attention à la qualité et au profit des travaux, à
la protection de l’environnement, et de rendre service aux masses
locales.
Troisièmement, promouvoir les contacts bilatéraux
des commerçants. La Chine encourage les entrepreneurs des deux
parties à renforcer leurs fréquentations et à renforcer
la compréhension mutuelle et à augmenter les occasions de
coopération réciproque à travers les chambres de
commerce et les associations intéressées des deux parties.
En même temps, le gouvernement chinois renforcera la coopération
dans l’exploitation des ressources humaines entre la Chine et l’Afrique
en vue d’un profit mutuel et d’un partage de l’expérience
de développement économique.
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