Le Forum sur la coopération sino-africaine : un nouveau mécanisme de coopération globale

Liu Haifang, à l’Institut des études sur l’Asie de l’Ouest et l’Afrique de l’Académie des sciences sociales de Chine

Le Forum sur la coopération sino-africaine constitue une plate-forme pour construire une coopération stable, à long terme, d’ensemble et orientée vers le XXIe siècle entre la Chine et les pays d’Afrique. Dès la fondation du Forum il y a six ans, un mécanisme de coopération s’est formé systématiquement dans le cadre du Forum, et son caractère d’opérabilité et d’efficacité est de plus en plus visible.

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Au nouveau siècle, les efforts des pays d’Afrique pour résoudre indépendamment leurs problèmes ont obtenu de plus en plus de succès, et leur désir de participer sur un pied d’égalité aux affaires internationales est de plus en plus vif. Les pays d’Afrique de l’Est et du Sud ont formulé clairement une stratégie de « Regarder vers l’Est », soit tirer profit de l’expérience de développement des pays asiatiques. Tandis que les pays puissants comme les États-Unis, l’Angleterre, la France, le Japon, l’Allemagne et la Russie ont tous réexaminé leur politique à l’égard de l’Afrique. L’Afrique, solidaire depuis la fin de la « guerre froide », devient soudainement un « point chaud » qui attire l’attention et le capital des grands pays. Sous cette nouvelle circonstance, la Chine et les pays d’Afrique ont un nouveau point d’intérêt dans leur relation diplomatique, soit aboutir à renforcer la confiance politique mutuelle, élargir la coopération économique gagnant-gagnant, accroître l’interaction culturelle, renforcer la coopération dans la sécurité et maintenir une coordination étroite dans les affaires internationales par le biais d’une coopération bilatérale plus importante et tout en maintenant les intérêts nationaux des deux côtés.

Dès la première Conférence ministérielle du Forum sur la coopération sino-africaine tenue à Beijing en 2000, il s’est formé une nouvelle plateforme de dialogue collectif, de négociation, d’échange et de coopération d’ensemble entre la Chine et l’Afrique. Lors de cette conférence, on a adopté la Déclaration de Beijing du Forum sur la coopération sino-africaine et le Programme de coopération sino-africaine sur le développement économique et social, décidant de tenir une conférence ministérielle tous les trois ans et une réunion des cadres supérieurs tous les deux ans à tour de rôle en Chine et en Afrique. Les trois ans suivant la première Conférence ministérielle est l’étape d’établissement du système du Forum.

En décembre 2003, la 2e Conférence ministérielle du Forum s’est tenue à Addis-Abeba, en Éthiopie. 70 ministres chargés de la diplomatie et de la coopération internationale de 44 pays, et le président de l’UA y sont rassemblés. La 2e Conférence, caractérisée par la coopération réaliste et l’orientation vers l’action, est l’étape de formation du mécanisme de coopération d’ensemble. L’esprit de principe fixé dans la Déclaration de Beijing-« établir un partenariat d’un type nouveau basé sur l’égalité et les avantages réciproques » s’est concrétisé dans le Plan d’action d’Addis-Abeba et l’action de suivi, comme les échanges et les coopérations dans les domaines politique, économique, culturel et sécuritaire. Notamment dans le domaines économique, la coopération se concrétise dans l’agriculture, la construction d’infrastructure, le commerce, l’investissement, le tourisme, la réduction d’impôts, l’assistance, l’exploitation des ressources naturelles et énergétiques, etc. On voit par-là la substance, l’opérabilité et l’efficacité du Forum.

Depuis la fondation du Forum, la Chine et les pays d’Afrique attachent toujours de grande importance à l’action de suivi. La coopération sino-africaine se déroule à un rythme accéléré, jamais connue dans l’histoire. L’édification moderne de Chine et le développement pacifique des pays d’Afrique ont tous en profité beaucoup. Les principaux succès sont : dans le cadre du Forum, la Chine a annulé les dettes totalisant 10,5 milliards de yuans, contractées avec 31 pays africains pauvres et fortement endettés, et appliqué la politique de tarif zéro pour 190 matières imposables concernant les 29 pays africains les moins développés. 10 000 Africains reçoivent une formation ou un perfectionnement dans différentes catégories professionnelles, et 16 pays d’Afrique sont à la liste de destinations touristiques agréées pour les citoyens chinois.

Avec la croissance économique rapide de la Chine et l’approfondissement de la coopération sino-africaine, les deux côtés rencontrent des problèmes qu’on ne peut pas éluder dans l’exploitation énergétique, le commerce, etc. La 3e Conférence ministérielle du Forum sur la coopération sino-africaine se tiendra du 3 au 5 novembre 2006 à Beijing. Le sujet de la Conférence -« l’amitié, la paix, la coopération, le développement » a pour objectif d’envisager les nouvelles questions dans les relations sino-africaines, d’améliorer le mécanisme de coopération d’ensemble, de pousser la coopération amicale dans des secteurs plus larges et aux plus haut niveaux. Lors de la Conférence, on organisera la réunion de dialogue de haut niveau entre les leaders sino-africains et les représentants des milieux industriels et commerciaux et la 2e réunion des entrepreneurs chinois et africains. Nous avons raison d’être convaincus que la coopération sino-africaine peut faire face aux problèmes et les résoudre dans le cadre du Forum. Par ailleurs, le Forum témoigne que les relations sino-africaines se transforment de la diplomatie gouvernementale vers la diplomatie gouvernementale et populaire.


 
24 Baiwanzhuang, 100037 Beijing République populaire de Chine.