Nouvelle voie pour assurer la sécurité d’énergie

- Le géant de l’industrie houillère de Chine coopère avec une entreprise pilote d’Afrique du Sud

Ni Yanshuo

Par suite de la croissance économique, la demande de pétrole en Chine s’accroît rapidement. Ce dernier temps, le prix du pétrole international monte en flèche du fait que la sécurité au Moyen-Orient, lieu principal de production du pétrole, se détériore de jour en jour. Dans ce cas, la Chine doit rechercher une nouvelle source d’approvisionnement en énergie.

Projet de liquéfaction directe du charbon de Shenhua dans la Mongolie intérieure. REN JUNCHUAN

À compter de 1997, la Chine est devenue un pays importateur du pétrole. Parallèlement, elle possède de riches ressources houillères ; pour les utiliser pleinement, Chen Biting, président du Conseil d’administration du Groupe Shenhua - entreprise-pilote de l’industrie houillère de Chine, a signé un accord de projet coopératif concernant la production d’essence synthétique à base de charbon avec Sasol Synfuels International de l’Afrique du Sud, lorsqu’il a accompagné Zeng Qinghong, vice-président de Chine, à visiter les quatre pays d’Afrique en juillet 2004. Profitant de cette technique mûre qu’elle a une expérience de production de cinquante ans, Shenhua instaurera respectivement un projet coopératif au Shaanxi et Ningxia - provinces riches en charbon. Chaque projet sera investi des millions de dollars. Sous l’angle stratégique, ces deux projets détendront la situation de pénurie de ressources pétrolières dans l’avenir de Chine.

« Le pétrole recelant dans la Chine est plus nombreux que celui dans l’Arabie saoudite, seulement il existe sous forme de charbon », a dit Andre de Ruyter, gouverneur des projets chinois de Sasol Synfuels International, lorsqu’il accorde une interview à Chinafrique . « La technique de notre compagnie consiste à transformer du charbon en pétrole », a-t-il ajouté.

« Ces deux projets de Shenhua font partie importante de la stratégie de sécurité d’approvisionnement en énergie du pays, et sont aussi une exploration importante des techniques scientifiques », a souligné Chen Biting.

Coopération majeure

Selon un rapport statistique publié par le ministère du Territoire et des Ressources, à la fin de 2002, les réserves vérifiées de houille utilisable directement en Chine sont de 188,6 milliards de tonnes, soit 145 tonnes par personne. Si l’on en produit chaque année 1,9 milliard de tonne, l’extraction du charbon peut durer une centaine d’années.

Andre de Ruyter, gouverneur des projets chinois de Sasol Synfuels International. JIANG XIAOYING

« Tenant compte dans l’ensemble des ressources houillères de Chine, des techniques de l’exploitation du charbon de Shenhua et des techniques de la liquéfaction du charbon de Sasol, la coopération entre les deux compagnies a une belle perspective», a affirmé Andre de Ruyter.

Le chercheur Li Yongwang, expert chinois en la matière a montré qu’en fonction de la situation de pénurie de ressources pétrolières, la liquéfaction du charbon est un des canaux pour réaliser l’autosuffisance du pétrole du pays, et aussi une voie effective pour résoudre la crise énergétique.

Sasol a recherché cette technique il y a cinquante ans. Dans les années 1940, l’Afrique du Sud a subit une sanction économique du fait qu’elle a pratiqué la ségrégation raciale, l’impact le plus grand sur elle provient de l’interdiction du transport de pétrole. En 1947, l’Afrique du Sud a adopté la Loi sur le combustible liquéfié et le pétrole, déterminant législativement l’importance de cette technique dans l’industrie énergétique. En 1950, la compagnie Sasol s’est établie et s’est chargée spécialement de la recherche et de la production du combustible liquide. À l’aide de la technique de liquéfaction du charbon étudiée par les scientifiques allemands Franz Fischer et Hans Tropsch dans les années 1920, Sasol a fabriqué les produits pétroliers dans cinq ans. Dès lors, l’Afrique du Sud est entrée dans une nouvelle époque de technique énergétique.

« Il s’agit d’une grande signification pour le résultat de recherche des deux scientifiques allemands, mais ce résultat a été réalisé seulement dans le laboratoire. Et Sasol a commercialisé cette technique », a indiqué Andre.

Non seulement Sasol extrait du charbon les produits pétroliers ordinaires comme l’essence, le gas-oil, le kérosène, mais encore les produits de haute qualité tels que le fioul aérien et l’huile lubrifiante. Ce qui vaut la peine d’en parler, c’est qu’on peut faire la production d’envergure, réduisant ainsi le coût de production. Dépendant de cette technique, l’Afrique du Sud est sortie de l’impasse issue de la sanction économique et est devenue le premier pays du monde produisant les produits pétroliers avec grande envergure.

Grâce au développement de cinquante ans et avec le mûrissement technique, ses produits dérivés couvrent l’industrie chimique, et Sasol se hisse ainsi au rang des fournisseurs les plus grands de matières premières chimiques industrielles du monde. Actuellement, grâce à cette technique, l’Afrique du Sud produit 150 000 barils de pétrole par jour, satisfaisant 40 % de l’approvisionnement en énergie du pays.

« Il y a d’autres compagnies du monde qui font aussi la recherche sur cette technique. Mais nous pouvons dire sans aucune exagération que pendant une cinquante d’années écoulées, seulement notre compagnie est arrivée à cet état », a ajouté Andre.

Avantages de « coal-to-oil »

Li Baoqing, chercheur à l’Institut de recherche sur la chimie industrielle de la houille du Shanxi, croit qu’en raison de l’interdiction du transport de pétrole de longue durée avant l’abolition du système d’apartheid, l’Afrique du Sud possède la technique en question la plus avancée du monde, permettant de trouver une voie de se suffire en pétrole.

Andre de Ruyter, gouverneur des projets chinois de Sasol Synfuels International. JIANG XIAOYING

« En réalité, la qualité de nos produits est meilleure que celle de l’essence et du gas-oil produits dans l’usine de raffinage du pétrole, parce que nos produits ne contiennent pas du soufre », a expliqué Andre.

La technique de liquéfaction indirecte du charbon consiste à gazéifier le charbon premièrement, puis synthétiser en fioul et produits chimiques et industriels. Jusqu’à présent, Sasol de l’Afrique du Sud, Shell de Pays-Bas, Mobil des États-Unis et Topsoe de Danemark tous possèdent la technique mûre, mais seulement la première réalise la commercialisation.

La technique de liquéfaction directe du charbon est un processus de rejeter l’impureté sous l’effet de la haute température, de la haute pression et du catalyseur, et y ajouter l’hydrogène. L’Allemagne a commencé à rechercher cette technique durant la Seconde Guerre mondiale, puis la recherche est restée en raison de la découverte du pétrole, et a recommencé ces dernières années. Bien qu’actuellement, GMT de l’Allemagne, HTI des États-Unis et NEDOL du Japon tous possèdent la technique concernée, mais la technique n’arrive pas au critère de la production industrialisée.

D’après Li Baoqing, la liquéfaction directe a une haute efficacité, mais la qualité basse, au contraire, la liquéfaction indirecte a une faible efficacité et la bonne qualité. Le groupe Shenhua projette d’instaurer un projet de liquéfaction indirecte à Yulin de Shanxi ayant recours aux riches ressources houillères locales. Les travaux seront construits en deux étapes pour réaliser au total six millions de tonnes de produits liquéfiés par an, même quinze millions de tonnes pour l’objectif à long terme.

Parallèlement, un autre projet de liquéfaction du charbon avec un investissement total supérieur à 21 milliards de yuans met en chantier officiellement en septembre à Ordos, dans la Mongolie intérieure.

Le Centre de la recherche du développement du Conseil des affaires d’État, brain-trust du gouvernement chinois, a prévu qu’en 2006, la demande de produits pétroliers augmentera de 6 %, parvenant à 328 millions de tonnes, soit 6,59 millions de barils par jour. Néanmoins, sa production journalière du pétrole brut sera proche à 3,7 millions de barils, ainsi le taux d’indépendance sur l’importation du pétrole brut s’élèvera de 41 % en 2005 à 44 %.

Chinafrique : Pouvez-vous nous décrire simplement la technique de « coal-to-oil » de Sasol ?

Andre : Le charbon se décompose en granule sous la vapeur de haute température et est transporté dans le récipient de réaction, qui est développé spécialement par Sasol, dans lequel, les granules recomposent les produits chimiques, et ceux-ci deviennent le combustible et les produits chimiques directement utilisables après le traitement.

Chinafrique : Pouvez-vous nous présenter le plan de développement de Sasol en Chine ?

Andre : Dans la sphère chimique, Sasol se développe plusieurs années en Chine et possède une usine chimique à Nanjing et quelques sociétés à capitaux mixtes. Parallèlement la compagnie exporte sur le marché chinois des produits chimiques fabriqués dans l’Afrique du Sud. Nous croyons qu’en Chine, notre technique a une supériorité particulière. Parce que comme un pays nettement importateur du pétrole brut, la Chine a une ressource houillère abondante, ainsi analysant sous l’angle de la stratégie et du développement économique, elle a de nombreuses raisons d’utiliser notre technique. Nous fournissons un projet de solution pour la demande de Chine sur le pétrole. Actuellement, une tâche plus importante de tous les pays du monde consiste à assurer la sécurité d’approvisionnement énergétique.

 

 

 

 
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