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Encore et toujours plus de relations
En raison du développement économique rapide
de la Chine, ses relations économiques avec les pays africains
continuent de s’accroître. On peut prévoir qu'au prochain
Sommet de Beijing et à la troisième Conférence ministérielle
du Forum sur la coopération Chine-Afrique (FOCCA), l’approfondissement
des échanges économiques sera encouragé. En septembre,
l'ambassadeur de la Tanzanie en Chine, M. Omar R. Mapuri, a accordé
une entrevue à Ni Yanshuo, journaliste de Chinafrique, et il a
parlé de ses attentes par rapport au Forum.
Chinafrique : Quelle importance donnez-vous au Forum
pour ce qui est de la promotion des relations sino-africaines ?
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L'ambassadeur de la Tanzanie en Chine, M. Omar R.
Mapuri. JIANG XIAOYING
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OMAR R. MAPURI : Selon moi, le Forum sur
la coopération Chine-Afrique (FOCCA) est la plateforme la plus
importante pour la revitalisation de la coopération bilatérale
et multilatérale entre les pays d’Afrique et la Chine.
Les relations sino-africaines remontent à de nombreux
siècles, alors que les marins chinois de la dynastie des Ming ont
jeté l’ancre sur les rives de la côte est de l'Afrique.
Par la suite, ces contacts ont été troublés par l'intervention
coloniale en Asie et en Afrique. Cependant, après la fondation
de la République populaire de Chine en 1949, la Chine est devenue
un défenseur actif du processus de décolonisation de l'Afrique,
processus qui, dans quelques pays, a pris la forme d’une confrontation
armée. Après que beaucoup de pays africains ont acquis leur
indépendance dans les années 1960, les relations sino-africaines
ont été rétablies, mais la plupart du temps sur une
base bilatérale.
Depuis la fondation du FOCCA en 2000, notre coopération
avec la Chine a enregistré un essor continu, tant sous l’aspect
multilatéral que bilatéral, et elle a dépassé
les contacts politiques et diplomatiques traditionnels entre gouvernements
pour se prolonger dans la coopération entre les personnes.
Grâce aux mécanismes et aux arrangements mis
en place dans le cadre de la coopération du FOCCA, les activités
économiques et commerciales entre la Chine et l'Afrique ont considérablement
augmenté, et elles ont touché les commerçants et
les investisseurs des deux parties. Le FOCCA a ainsi rassemblé
les peuples de la Chine et de l'Afrique dans la lutte contre la pauvreté
et la quête de la dignité et d’une vie décente.
Ainsi, pour moi, l'importance du FOCCA tient à la promesse
de pays d’Afrique comme le mien, la Tanzanie, de partager l’expérience
de développement réussi de la Chine comme l’économie
ayant la croissance la plus rapide dans le monde à l’heure
actuelle.
Que pensez-vous des perspectives de développement
du Forum ?
À mon avis, le futur du Forum est très éclatant.
Ma confiance prend sa source dans la tendance historique de croissance
continue des relations sino-africaines, que ce soit en puissance comme
en portée. La cristallisation même de ces relations par la
formation de ce formidable forum est un reflet du désir et de la
détermination des peuples chinois et africain et de leurs dirigeants
de travailler de concert à un engagement maximum pour un but commun
et à l'avantage de tous. En outre, cette détermination et
cet engagement reposent sur des assises solides : confiance mutuelle,
respect, amitié vraie et appui inconditionnel l’un envers
l’autre. Ce sont toutes des qualités qui favorisent le développement
du forum.
À l’avenir, quels secteurs devraient
être renforcés au sein de la coopération sino-africaine?
À la lumière de la diversité des intérêts,
étant donné que l'Afrique regroupe beaucoup de pays, tous
libres et souverains, et que la Chine est elle-même très
vaste et fortement peuplée, il est difficile de sélectionner
quelques secteurs. Cependant, par les mécanismes de dialogue du
FOCCA, les vastes secteurs suivants semblent recueillir un appel commun
:
·
Agriculture
· Investissement et Affaires
· Commerce
· Finance
· Infrastructures
·Énergie et Ressources
· Science et technologie, Information et Inspection
de la qualité
· Développement des ressources humaines
· Culture
·Éducation
· Soins médicaux et Santé publique
· Protection de l'environnement
· Tourisme
Afin d'atténuer les effets de la diversité des
intérêts au sein des nations africaines prises séparément,
diversité qui peut parfois poser un trop grand défi pour
la Chine, je crois que l'utilisation des avenues multilatérales
doit être prise en considération à l’étape
de l'identification des projets et des programmes au sein du cadre de
coopération du FOCCA. À cet égard, des organismes
sous-régionaux comme la SADC, la CEDEAO et la CAO, ainsi que le
Nouveau Partenariat pour le développement africain (NPDA), peuvent
aider de manière importante.
Quelles sont vos attentes par rapport au Forum ?
Quand ce Forum a été fondé il y a six
ans, la Chine était reconnue comme un géant économique
endormi, mais son potentiel était déjà manifeste.
Toutefois, on ignorait pratiquement que ce géant allait échauffer
ses muscles si rapidement. Comme nous le constatons tous de façon
nette, la Chine a émergé comme le miracle économique
mondial que nous constatons aujourd'hui. La Tanzanie et l’ensemble
des pays africains se considèrent privilégiés d’avoir
établi un partenariat avec telle puissance économique. Avec
l’objectif du sommet de cette année de faire avancer le nouveau
partenariat stratégique entre la Chine et l'Afrique, nous attendons
beaucoup de ce partenariat. Ce nouveau type de partenariat stratégique
peut être saisi au mieux à partir du document sur les politiques,
récemment publié par le gouvernement chinois: « La
Politique de la Chine à l’égard de l’Afrique
». Selon cette politique, les caractéristiques principales
de ce partenariat sont la confiance mutuelle, la coopération économique
gagnant-gagnant et les échanges culturels. En effet, nous partageons
ces perspectives et nous sommes inspirés par le rapide développement
économique chinois. Maintenant, il en tient à nous que,
grâce à l’empreinte de la détermination chinoise
qui devrait se répandre en Afrique par l’entremise de ce
partenariat, l'éradication de la pauvreté en Afrique soit
une chose possible dans un avenir prochain. Nous avons une excellente
chance de tirer parti de la croissance rapide de l'économie chinoise,
grâce aux investissements directs chinois dans nos pays et à
l’accès facile à l’énorme marché
offert par la Chine dont profiteront nos exportations. C'est dans ce contexte
que mes attentes sont élevées par rapport au Sommet de novembre
2006 du Forum sur la coopération Chine-Afrique. J'espère
qu'un cadre multilatéral de coopération bonifiée
entre la Chine et l'Afrique mettra en place un mécanisme à
partir duquel des programmes et des projets bilatéraux et multilatéraux
opérationnels pourront être mis au point et réalisés.
Les pays d’Afrique, que ce soit séparément ou par
leurs blocs régionaux, espèrent saisir les occasions qui
seront offertes par cet arrangement.
Que voulez-vous dire à nos lecteurs à
propos du forum ?
J’aimerais inviter les lecteurs de Chinafrique
à considérer le Forum d’une manière positive
et à avancer des opinions qui amélioreront sa pertinence
et son utilité. Ceux d’entre eux qui sont entrepreneurs,
je les invite et les encourage à investir en Afrique, le continent
qui a unanimement et avec raison décidé de « regarder
vers l’Orient ». Et aux lecteurs de Chinafrique qui
habitent à Beijing, je fais appel à eux pour qu’ils
soient les hôtes agréables qu'ils ont toujours été
pour les dirigeants africains qui se rassembleront ici, à Beijing,
pour le sommet du FOCCA en novembre prochain.
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