Un travail d'équipe

Le forum sur la coopération Chine-Afrique (FOCCA) est largement considéré comme une plateforme de coopération dans divers secteurs entre la Chine et les nations africaines. Pour beaucoup de pays africains, il fournit également un canal pour renforcer les relations économiques avec la Chine. Récemment, l'ambassadeur du Zimbabwe en Chine, Christopher H. Mutsvangwa, fait part de ses opinions sur le Forum dans une entrevue accordée à Chinafrique.

Chinafrique : Quelle est votre opinion sur le FOCCA ?

AMBASSADEUR CHRISTOPHER H. MUTSVANGWA : C'est un forum très important. La Chine a un nombre croissant de relations commerciales de haut niveau avec la plupart des principaux blocs marchands du monde. Par exemple, la Chine est le premier partenaire commercial du Japon et de la Corée du Sud, le troisième des États-Unis, le deuxième de l'UE, et le commerce de la Chine avec l'Inde et la Russie se développe rapidement.

L'ambassadeur de Zimbabwe en Chine, M. Christopher H. Mutsvangwa. WEI YAO

Le commerce de la Chine avec l'Afrique est également très important. Le volume commercial a plus que triplé ces quatre dernières années, passant de 12 milliards de dollars US à 40 milliards.

Selon les chiffres de l'ONU, la Chine est responsable de la majeure partie de la croissance de l'Afrique l'année dernière. En 2005, la croissance économique de l'Afrique a été de 5,2 %. La grande partie de cette nouvelle croissance vient du commerce entre la Chine et l'Afrique, particulièrement dans les secteurs pétrolier, de l’exploitation minière et industriel. Dans ce contexte, il est important que nos dirigeants se réunissent et donnent un nouvel essor à ce développement positif. Le FOCCA est idéal pour s'assurer qu’il est possible d’explorer d’autres occasions de coopération.

À propos du sommet spécial, c’est un fait sans précédent que tant de chefs d'État africains se rendent dans un pays. Les pays d’Afrique voudraient voir la Chine réussir, et ils appuient son ouverture pour qu’elle devienne une puissance économique et industrielle importante. Les pays d’Afrique sont tous des pays en développement et ils peuvent suivre l'exemple de la Chine. Ainsi, le Forum est également une plateforme pour montrer ce que l’Afrique peut réaliser, en se basant sur l'exemple de ce que la Chine a pu réaliser.

La Chine possède un vaste marché et une économie en croissance, et l'Afrique abonde en ressources et a besoin de technologies accessibles et de bonne qualité. Nous devrions développer l'Afrique, juste comme la Chine se développe elle-même.

Comment entrevoyez-vous le développement du Forum ?

Le Forum va être un protagoniste important dans des affaires mondiales. La Chine est le plus gros pays en développement et l'Afrique regroupe le plus grand nombre de pays en développement. Ces pays méritent que leur voix soit entendue dans des relations internationales, aux Nations unies, dans les pourparlers de l’OMC et à la Banque mondiale. La Chine a toujours été le champion des pays africains, tout comme les pays africains ont été les champions de la Chine avant qu’elle devienne membre des Nations unies.

Ce Forum rassemblera des chefs d'État et travaillera à s'assurer que les pays africains obtiendront l’attention qu’ils méritent au sein de l'économie internationale. C'est très important et nous sommes très heureux que les autorités chinoises accordent tellement d’attention à ce sommet. Il y a seulement deux jours, les hauts fonctionnaires ont eu une rencontre avec le conseiller chinois Tang Jiaxuan, ce qui montre que les intérêts de la Chine sont très élevés dans ce sommet.

Que peut apprendre l’Afrique de la Chine ?

Nous espérons qu'il y aura un engagement très étroit entre la Chine et l'Afrique dans les secteurs qui sont importants pour les deux côtés. Dans le monde actuel, personne ne peut battre la Chine en matière d’infrastructures de bâtiment. Pensez au chemin de fer Qinghai-Tibet, le plus haut chemin de fer du monde, pensez aux routes que la Chine construit, pensez au barrage des Trois Gorges sur le Yangtse. En raison de la demande intérieure, le coût de la construction d'infrastructures est très bas en Chine. L’Afrique a besoin d’infrastructures pour rendre les pays d’Afrique plus accessibles, de construire des routes, des chemins de fer, des lignes aériennes et des télécommunications pour relier ces pays et pour qu'ils puissent commencer à faire du commerce les uns avec les autres.

À propos du secteur agricole de la Chine, avec 7 % de terres agricoles, la Chine nourrit 1,3 milliard de personnes. Ainsi, les Africains doivent apprendre de ces méthodes de culture et éradiquer la faim. Un bon exemple est la manière dont les fermiers chinois utilisent efficacement l’eau. Ceci signifie que les aliments peuvent être cultivés à longueur d’année et pas seulement durant la saison des pluies. Nous avons besoin d’apprendre de ces méthodes.

Ainsi, la coopération en matière d’infrastructures et d’agriculture est très importante. Le domaine politique est un autre secteur important. Nous devons nous assurer que la Chine ait des relations avec des organismes mondiaux tels que le FMI et la Banque mondiale.

La Chine a tiré 400 millions de personnes de la pauvreté ces 20 dernières années. Imaginez si 400 millions d’autres personnes en Afrique étaient également tirées de la pauvreté au cours des vingt prochaines années! Pour les 800 millions de personnes vivant en Afrique, cela signifierait une consommation accrue et des demandes de marchandises plus élevées. Cela pourrait faire croître l'économie mondiale.

Où en sont les relations économiques entre le Zimbabwe et la Chine ?

Nous considérons cette plateforme comme une interaction importante permettant de nous assurer que notre coopération économique avec la Chine atteigne de nouveaux sommets. Au cours des 18 derniers mois, le commerce entre la Chine et le Zimbabwe a doublé, passant de 140 millions de dollars US à 280 millions.

Le Zimbabwe procède à une réforme agraire, de sorte que certains pays occidentaux ne sont pas contents, étant donné que les anciens colons ont dû céder leurs terres aux Zimbabwéens noirs. En riposte, les pays occidentaux ont imposé des sanctions au Zimbabwe, et ils nous laissé sans capitaux, sans technologie et sans expertise de gestion. Nous nous sommes tournés vers la Chine et avons découvert que les capitaux chinois sont moins chers, que les technologies chinoises sont accessibles et que la Chine représente également un grand marché pour nos minéraux. Ainsi, la Chine est notre meilleur ami politique et économique.

Notre président participera au Forum et rencontrera les dirigeants chinois pour la deuxième fois depuis 2005. Ce Forum donne une occasion aux deux dirigeants d'explorer et d’approfondir nos relations économiques et commerciales. Le futur des relations économiques entre Beijing et Harare est éclatant.


 
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