Quelques sports traditionnels en Chine

Le wushu

Le gong fu de Shaolin. LIU YU

Le wushu, également appelé gong fu, est l’un des sports traditionnels les plus représentatifs de la Chine. Il tonifie le corps, éprouve la volonté et développe les facultés de combat. C’est un sport de lutte qui comprend plusieurs catégories d’exercices, avec ou sans armes, dont les mouvements consistent à donner des coups de pieds, frapper, renverser, attraper, attaquer et transpercer.

Le wushu a des origines très anciennes. Il s’est développé à la fois dans le travail et dans le combat. Le wushu à mains nues se divise, selon ses caractéristiques et ses mouvements pratiques, en plusieurs dizaines de sous-catégories aux appellations diverses. Citons le changquan (boxe du nord), le nanquan (boxe du sud), le xingyiquan (boxe d’imitation) ou encore le taijiquan ou « boxe de la suprême perfection ». Le wushu avec armes (sabre, lance, épée, bâton, chaîne à neuf tronçons, bolas et bien d’autres) rassemble lui aussi plusieurs types d’exercices, qui peuvent être pratiqués seul, à deux, ou en groupe. Les scènes de combat dans le théâtre chinois et les acrobaties chinoises traditionnelles s’en inspirent abondamment.

La distinction la plus intéressante est celle qui oppose l’école « externe » (waijia), considérée d’obédience bouddhiste en raison de son rattachement au monastère Shaolin, à l’école « interne » (neijia) dont le berceau mythique serait le mont Wudang. Penchons-nous sur ces deux cas.

La boxe Shaolin

Le gong fu de Wudang. WANG JIANHUA

La légende prétend tous les arts martiaux asiatiques soient nés au même endroit : le monastère de « la jeune forêt », ou Shaolin, près de Luoyang dans le nord de la Chine.

Quelle que soit la part de mythe et la part de vérité, le style de Shaolin est, lui, l’un des plus anciens, et celui dont se réclament la plupart des autres styles.

Il se caractérise par des mouvements énergiques et puissants, qui privilégient l’efficacité à la recherche esthétique. Les positions défensives sont ramassées pour ne laisser aucune ouverture aux coups et les attaques sont explosives.

La boxe Wudang

La boxe du mont Wudang (wudang quan, ou neijia quan) est un opposée à la boxe Shaolin. Il est né à la fin du siècle dernier du rassemblement des trois écoles du taijiquan, du ba gua zhang et du xing yi quan. Mais la légende croit en un fondateur légendaire de ce courant au XIIIe siècle, en la personne du taoïste Zhang Sanfeng.

On pratique le taijiquan. GONG ZHIHONG

Le taijiquan, boxe traditionnelle chinoise, a une histoire vieille de plus de trois cents ans. Ses mouvements épousent des courbes en forme d’arc ou de cercle, d’une lenteur qui exprime la sérénité d’une heureuse combinaison entre le yin et le yang, le vide et le plein. Le taijiquan se compose de plusieurs séries d’enchaînements complets pratiqués seul ou à deux, à mains nues ou armé d’une épée, d’un sabre, d’une lance ou d’un bâton. D’art de combat, le taijiquan est devenu depuis près d’un siècle un ensemble d’exercices physiques thérapeutiques répondant à de nouvelles exigences suite aux évolutions sociales. La lenteur et l’harmonie des mouvements l’emportent sur la violence caractéristique des arts de combat.

Dans le processus de son évolution, le taijiquan s’est toutefois divisé en quatre écoles principales. Le taijiquan de type Yang, créé par Yang Chengfu, est le plus répandu et se caractérise par des mouvements déployés et équilibrés ; le taijiquan de type Wu, créé par Wu Jianquan, se distingue par ses mouvements très doux mais resserrés ; le taijiquan de type Sun, créé par Sun Lutang, dénote agilité et fugacité ; le taijiquan de type Chen enfin, créé par Chen Fake, a conservé la plupart des traditions du taijiquan d’origine et se distingue par la combinaison de mouvements souples et violents.

Tous les types de taijiquan, au-delà de leur propre particularité, s’inspirent de principes de base identiques, qui sont la relaxation et la sérénité. Quel que soit le mouvement effectué, le corps doit rester détendu et naturel ; les mouvements doivent être souples et ininterrompus sans avoir recours à la force. D’autre part, l’attention doit être exclusivement concentrée sur les gestes et l’esprit est au repos. Le taijiquan combine entraînement physique, énergie vitale et pratique de la respiration. C’est l’activité mentale, et non la force, qui dirige les mouvements du corps. On peut ainsi comparer le taijiquan à une gymnastique de la pensée.

Le taijiquan convient à toute personne sans distinction d’âge, mais il s’adresse particulièrement aux personnes âgées, à celles qui souffrent de maladies chroniques, ainsi qu’aux intellectuels. Il est non seulement un moyen efficace de renforcer la constitution physique, mais aussi un des sports thérapeutiques les plus importants de Chine.


 
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