Une grande fête interculturelle

En marge du Sommet de Beijing du Forum sur la coopération Chine-Afrique, de nombreux échanges culturels sino-africains se sont déroulés, incluant des spectacles de danse, des projections de films et des expositions. L’art africain, aux couleurs mystérieuses mais charmantes, a séduit un grand nombre de spectateurs chinois.

Wang Bingyi

Exposition d’œuvres d’art africaines

Dans la salle d’exposition du Musée national de Chine, un vieillard appuyé sur une canne regarde attentivement une série d’œuvres africaines. Il s’appelle Ji Chengwen et est âgé de 80 ans. Il est venu spécialement en autobus pour visiter l’exposition. Lorsque le journaliste de CHINAFRIQUE recueille ses impressions, il admet, avec une émotion profonde, que l’exposition lui a fait découvrir un continent riche et de glorieuses civilisations. « Avant, je connaissais seulement l’Égypte, l’une des quatre grandes civilisations antiques. Quant aux autres pays d’Afrique, pour moi, c’était le désert. Ces œuvres provenant de divers pays me permettent de découvrir enfin l’Afrique. Je voudrais bien y aller pour voir de mes propres yeux. Mon âge ne me permet plus d’aller aussi loin, mais je peux proposer à mes enfants d’aller visiter l’Afrique. »

À l’occasion du Sommet de Beijing, le ministère de la Culture a donc inauguré, le 2 novembre au Musée national de Chine, une exposition d’œuvres d’art venues de toute l’Afrique. Trois cents œuvres sont ainsi exposées, arrivées en Chine après un long trajet ou provenant de collections précieuses des ambassades africaines et de particuliers chinois. On y trouve du bois sculpté, des cuivres et de la pierre, des peintures, de la vannerie et des produits céramiques. Les œuvres sélectionnées, notamment des sculptures Makonde, témoignent d’une grande vitalité et d’un rythme de vie ardent à travers des lignes concises et des formes énergiques.

« C’est une bonne occasion pour les Chinois de mieux connaître l’Afrique », a déclaré Cheng Hui, un amateur d’art africain qui a prêté des pièces pour l’exposition. D’après lui, beaucoup d’Africains naissent artistes et manifestent facilement leurs sentiments par des moyens artistiques. Même des objets d’art vieux de plus de deux mille ans ne semblent pas archaïques à l’aune des conceptions esthétiques actuelles.

Dans la salle d’exposition, les spectateurs chinois regardent attentivement les œuvres ou se font photographier devant. Ils paraissent bien curieux et fascinés par ces objets. Cheng Hui ajoute qu’il n’y a pas d’institut spécialisé sur l’art africain en Chine. Le Forum sur la coopération sino-africaine et l’exposition ont accru l’intérêt des artistes chinois pour l’Afrique.

Exposition de pièces de monnaie et de timbres africains

Une exposition de pièces de monnaie et de timbres africains a également été inaugurée au Musée national le 2 novembre. Elle présente 263 pièces, 190 billets et 280 séries de timbres provenant de 48 pays d’Afrique ayant des relations diplomatiques avec la Chine. Les pièces exposées sont caractérisées par une remarquable technologie d’impression et de protection contre la contrefaçon et proposent en outre de belles images. Personnages, animaux et plantes attestent de l’histoire, de la culture et des paysages pittoresques de l’Afrique. Il n’existe pas encore de monnaie unifiée sur le continent et plusieurs pays interdisent de faire circuler leur monnaie à l’extérieur des frontières, ce qui confère, en numismatique, une valeur très précieuse aux monnaies africaines. Quant aux timbres exposés, ils montrent un contenu riche d’événements historiques, de patrimoine culturel, de paysages naturels, d’animaux et de plantes, grâce auquel on peut admirer les us et coutumes et les vestiges de l’Afrique.

L’Afrique en vogue

Dans la rue commerçante Wangfujing, des images de plus de 40 pays d’Afrique étaient exposées sur 155 grands panneaux. Certaines étaient tellement belles que les passants ont fait la queue pour les prendre en photo ou se faire photographier devant elles.

Cette exposition fait partie de l’ensemble des activités organisées dans le cadre du Festival des mœurs d’Afrique. Toujours dans la rue Wangfujing, ont eu lieu des danses africaines et chinoises et des artistes des deux parties ont pris part ensemble à des dialogues comiques, ce qui a attiré un grand nombres de touristes et d’habitants du quartier.

En outre, des artistes en provenance de cinq pays d’Afrique ont donné à Beijing une représentation intitulée « La nuit africaine ». Venus d'Égypte, d'Afrique du Sud, de l'île Maurice, du Gabon et du Congo-Kinshasa, ils ont proposé un spectacle de chants et de danses dans un style remarquable.

Sur la place Tian An Men flottent les 48 drapeaux des pays d’Afrique présents au Sommet. « On accueille un grand nombre d’amis venus de si loin, comme on célèbre une grande fête », s’est exclamée une animatrice de CCTV au cours d’un reportage sur la place.

Au rez-de-chaussée de la librairie de Xidan, on vendait pour l’occasion des livres traitant spécialement de l’Afrique et touchant à la culture, à l’histoire, à la biographie et au tourisme. Un responsable de la librairie a déclaré aux journalistes que dès l’ouverture de ce nouveau rayon, le 31 octobre, les livres se sont arrachés. Les CD et VCD sur l’Afrique étaient encore mieux accueillis.

Depuis quelques années, parallèlement à l’approfondissement des liens économiques et commerciaux entre la Chine et l’Afrique, les échanges culturels ont acquis une nouvelle envergure et constituent un pilier important de la coopération au XXIe siècle.

Après la Semaine culturelle de la Chine tenue en Égypte en 2002, le ministère de la Culture a en effet monté une troupe d’acrobates, chanteurs, danseurs et musiciens pour effectuer une tournée dans l’Est de l’Afrique. Elle avait d’ailleurs reçu un bon accueil du public en Éthiopie, au Kenya, au Zimbabwe, en Zambie et en Tanzanie. En mai 2004, lors du Festival artistique Rendez-vous à Beijing, l'Afrique a été désignée continent hôte, quelque deux-cents artistes venus de neuf pays d’Afrique donnant des représentations à Beijing et dans d’autres villes de Chine. En juillet et août de la même année, la Tournée de la culture chinoise en Afrique a écumé l’Afrique du Sud, la Zambie, le Congo-Brazzaville, le Nigeria, le Ghana ou encore le Mali. Des dizaines de représentations ont ainsi été données à travers onze pays d’Afrique. En février 2006, une troupe artistique de Shanghai a organisé une tournée dans des pays insulaires comme l’île Maurice. Le 1er novembre 2006 enfin, l’événement multimédias « Connaître la Chine », organisé par le Conseil des affaires d’État chinois et le ministère de la Culture de la République d’Afrique du Sud, a été inauguré en Afrique du Sud. Il comprend une série d’expositions, de séminaires et de performances théâtrales.

Ces dernières années, la Chine a apporté son aide à l’Afrique en matière d’ingénierie culturelle et une série de projets d’échanges a été réalisée. La Chine a construit des centres culturels au Bénin, à l’île Maurice et en Égypte, et ouvert des instituts Confucius dans six pays d’Afrique pour développer l’enseignement du chinois et les échanges culturels.

Zhang Xiaolan, membre permanent de l’Association chinoise de recherche sur les affaires africaines, a indiqué que les échanges culturels devaient « promouvoir le dialogue des cœurs, servir d’intermédiaire pour les sentiments et bâtir le pont de l’amitié. » L’intensification de ces échanges entre gouvernements peut améliorer la compréhension mutuelle et favoriser une coopération avantageuse. Pour promouvoir l’amitié traditionnelle entre la Chine et l’Afrique et établir le nouveau partenariat stratégique sino-africain au XXIe siècle, les échanges culturels sont un outil supplémentaire, outre les relations politiques, économiques et commerciales, d’amitié et de coopération entre les deux parties.

 

 
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