Caves à eau : une solution contre la sécheresse

La technique chinoise de construction de caves à eau aide à lutter contre la sécheresse en Afrique.

Liu Shui

La province du Gansu, dans le nord-ouest de la Chine, souffre régulièrement de pénuries d’eau. Depuis plusieurs années, le gouvernement local a étendu la construction de « caves » à eau pour aider les habitants à lutter contre la sécheresse.

La première cave à eau dans l’État de Jigawa au Nigeria construite à l'aide de l’Institut d’utilisation hydraulique du Gansu. XINHUA

La cave à eau est une citerne souterraine qui récupère l’eau de pluie afin d’abreuver le bétail ou à disposition de l’homme durant la saison sèche. Dans les régions les plus arides du Gansu, tous les foyers possèdent au moins une cave à eau, le plus souvent même trois ou quatre. Résultat : aujourd’hui, si grave que soit la sécheresse, les fermiers ne craignent plus l’absence d’eau. Une citerne de 36 m3 peut récupérer 50 à 80 m3 d’eau de pluie par an, suffisants pour une famille de trois à cinq membres avec son bétail. Et avec seulement deux caves, il devient possible d’irriguer les cultures sur 1 mu de terre, soit un quinzième d’hectare.

Avec la construction de caves à eau, les problèmes de survie puis de développement ont été graduellement résolus. D’après certains experts, la cave à eau constitue une solution simple, économique et pratique pour lutter contre la sécheresse.

La construction d’une cave coûte au foyer environ 1 000 yuans. En 2000, un programme d’aide a permis de rassembler un fonds destiné à l’extension de l’utilisation des caves à eau dans l’ensemble de la Chine. 116 millions de yuans ont ainsi été accumulés, et la construction des caves a commencé l’année suivante. À la fin de 2005, on en avait construit 100 000, complétés par 1 200 petits travaux hydrauliques, bénéficiant à environ 1,1 million d’habitants.

En septembre 2006, Ma Chengxiang, de l’Institut d’utilisation de l’eau du Gansu, s’est rendu pour la sixième fois en Afrique, où il a présenté la technique des caves à eau. Selon lui, la sécheresse en Afrique est semblable à celle qui sévit au Gansu. Les précipitations sont concentrées durant les trois mois de la saison des pluies, puis cessent complètement pour toute la saison sèche. La récupération de l’eau de pluie à l’aide des caves fournit ainsi aux villageois de l’eau même durant la saison sèche.

Dès 2004, Ma Chengxiang et ses collègues ont aidé à construire plus de 200 caves à eau dans l’État de Jigawa au Nigeria, et ont formé une centaine de chefs de l’exécutif ainsi que du personnel technique à l’utilisation de l’eau de pluie. Selon l’accord signé par l’Institut d’utilisation hydraulique du Gansu et l’État de Jigawa, la Chine va soutenir la construction de quelque 3 000 caves à eau au Nigeria. « Au départ, se souvient Ma, les habitants ne comprenaient pas à quoi servait la cave à eau. Puis ils se sont rendus compte que la citerne pouvait retenir l’eau et nous ont salué très sincèrement pour exprimer leur respect. Maintenant, certaines familles nous demandent de les aider à fabriquer leur cave à eau. »

Ma Chengxiang est retourné visiter le premier foyer qu’il avait équipé d’une cave, il y a bien longtemps. Le propriétaire lui a expliqué que les voisins venaient souvent chercher de l’eau chez lui. Autrefois, il fallait conduire un âne très loin pour ramener de l’eau. Désormais, avec la cave, la famille et ses voisins peuvent recueillir l’eau pendant plus de deux mois durant la saison sèche.


 
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