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La qualité au juste prix
Les produits chinois trouvent un marché tout prêt
en Afrique
Ni Yanshuo
Pour la plupart des investisseurs chinois, l’Afrique
est un marché qui en vaut la peine grâce à son potentiel
illimité. Elle accueille à bras ouverts les investisseurs
chinois. Certains pays offrent même des mesures préférentielles.
Le Nigeria, par exemple, offre un tarif zéro sur une centaine de
produits chinois comme réfrigérateurs, bicyclettes, transformateurs,
conditionneurs d’air, pneus, équipement de fabrication du
papier, textile, caoutchouc, plastique. Le bas cout des produits chinois
permet aux consommateurs locaux d’acheter, et aux commerçants
chinois la possibilité d’établir leurs propres marques.
Mais tout le monde est d’accord : les produits contrefaits et de
basse qualité ne sont pas la voie du succès
Ce qu’on pense du « Made in China »
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Des centres commerciaux de produits chinois à
Johannesburg sont fort appréciés des consommateurs
locaux.
WANG YING
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« Je souhaite que davantage de producteurs chinois d’équipement
pour traiter les déchets investissent au Kenya, car la demande
est grande. Les produits chinois nous conviennent par leurs modèles
et leurs prix », dit David Kuria au sommet Africities en septembre
2006 à Nairobi. Comparé à l’équipement
fabriqué par les pays occidentaux, Kuria pense que les produits
chinois non seulement coutent moins cher mais que leur frais d’entretien
sont moins élevés.
Bernard Augula qui vend de l’équipement de station
de remplissage à Nairobi est d’accord. « Au début
j’importais des États-Unis à haut prix. Puis j’ai
découvert que certains produits étatsuniens étaient
fabriqués en Chine. J’importe directement à meilleur
prix », dit-il en chinois courant. Il a étudié la
langue à l’université de l’Industrie de Shanghai
pendant quatre ans dans les années 1980 et 1990.
La coopération économique entre la Chine et
le Kenya a augmenté régulièrement ces dernières
années. Les statistiques de l’ambassade du Kenya en Chine
montrent que le commerce bilatéral en 2005 a atteint 475 millions
de dollars, une croissance de 29,7 % sur l’année précédente.
Les produits comme la machinerie et l’équipement
sont bien accueillis par les Africains; les articles d’usage quotidien,
vêtements, chaussures gagnent progressivement leur confiance.
Le journaliste Daniel Auk adore les vêtements chinois.
« Nous avons des entreprises vestimentaires au Kenya, mais les prix
sont beaucoup plus élevés. C’est surtout pour l’exportation
et trop cher pour le peuple ordinaire. Mais nous avons un grand choix
de vêtements chinois », dit-il.
En plusieurs années d’expérience de vente
de produits chinois, Augula a vu la qualité s’améliorer
progressivement et les plaintes des Kenyans diminuer.
Petits produits partout
Sur l’ile de Madagascar, les produits chinois sont
partout, des grandes surfaces de la capitale aux marchands ambulants des
villages éloignés. En 2005, l’exportation chinoise
vers Madagascar a dépassé 140 millions de dollars.
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Lors du 111e Rand Show à Johannesburg, un Sud-Africain
devant des marchandises chinoises.
YUAN YE
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La Chine exporte de la machinerie de construction, des camions
lourds, des machines à coudre, des outils métalliques, des
vêtements et des produits de plastique couvrant presque tous les
aspects de la vie quotidienne.
Les mini radios sont appréciées des jeunes.
Comme le cinéma fréquent et la télé sont trop
chers pour eux, ils se tiennent au courant des changements du monde et
se divertissent au moyen de la radio.
Les petits objets répondent à une nécessité.
Auparavant, le Japon et l’Europe dominaient le marché des
électroménagers de Madagascar. La Chine a pris leur place,
et ses produits ne restent pas sur les tablettes.
Liu Bo fait de la vente en gros à Dakar, capitale du
Sénégal. Il fournit vingt vendeurs ambulants fidèles
qui viennent acheter plusieurs fois par jour entre 8 et 18 heures.
Matt Jansen, 21 ans, est l’un d’eux. Il se lève
très tôt et dépense des milliers de francs CFA en
petits articles chinois comme des T-shirts et des couvertures, qu’il
revend dans les rues. « Les produits chinois me permettent de gagner
de 5 000 à 7 000 francs par jour », dit-il.
Améliorer l’image
Les produits chinois ne sont pas tous populaires, pourtant.
À cause des frais de transport et de la rude concurrence du marché,
certains commerçants chinois trouvent des moyens de couper leurs
dépenses. Ils vendent des produits frelatés et des marchandises
de qualité médiocre à bas prix, ce qui nuit à
l’image des produits chinois.
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Un homme d'affaires de Cameroun approuve les chaussures
chinoises à Duala. WANG HONGDA
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Port Duala est le plus grand port du Cameroun et un centre
de transport de marchandises vers le Gabon, la République d’Afrique
centrale et le Nigeria. Au moins 2 000 hommes d’affaires chinois
y font le commerce de produits de Chine.
Les Camerounais aiment bien jouer au football et les vêtements
et chaussures de football trouvent en eux un marché de consommation.
Mais parmi de nombreuses marques célèbres, les copies existent
encore.
Selon l’avocat locale Christina Ifeta, les produits
chinois et les Chinois eux-mêmes sont très populaires au
Cameroun. Le problème est que certaines vendent des produits frelatés.
« Il y a beaucoup de produits chinois de bonne qualité. Pourquoi
ne pas développer des marques chinoises plutôt que d’imiter
les autres? », demande-t-elle.
« Les gens d’affaires chinois devraient immédiatement
prendre des mesures pour protéger leur image dans les pays d’Afrique
», dit Jacob Wood, un Chinois du Nigeria. Le plus important, pense-t-il,
est d’être honnête en affaires pour que la population
locale puisse avoir confiance.
Les produits frelatés et les imitations circulent aussi
dans d’autres pays comme l’Afrique du Sud et le Kenya, et
ont attiré l’attention des gouvernements de ces pays. Shi,
un commerçant chinois, a reçu une pénible leçon
au Kenya il y a trois ans. Il avait ouvert un magasin d’électroménagers
à Nairobi. Afin de s’enrichir rapidement, il a vendu des
imitations de grandes marques. Son magasin a été fermé
et toutes ses affaires suspendues au Kenya. « On ne va pas loin
en vendant des produits frelatés. À long terme, cela nuit
vraiment à l’image des produits chinois », a-t-il compris.
Maintenant, Shi a un magasin au Burundi et tous ses produits sont de marques
chinoises.
Gagner la confiance
Heureusement, la situation s’améliore. De grandes
enseignes annoncent des marques chinoises comme Lifan Motor, les voitures
Geely et les électroménagers Haier dans plusieurs villes
d’Afrique.
Johannesburg, la plus grande ville d’Afrique du Sud,
possède sept centres commerciaux de produits chinois, des endroits
fort appréciés des consommateurs. Ces centres, qui avaient
été rejetés il y a dix ans à cause de leurs
produits frelatés ou de piètre qualité, ont retrouvé
la confiance des consommateurs pour leur bon rapport qualité-prix
et un haut niveau de service après vente.
Les prix, dans ces centres, sont encore plus bas que dans
les autres chaines de magasins, mais la qualité s’est améliorée
au point qu’ils approvisionnement maintenant les autres magasins
d’Afrique du Sud.
Le service après vente est un autre moyen de conquérir
la clientèle. Les consommateurs peuvent retourner les marchandises
achetées ou les échanger pour d’autres articles. Certains
magasins acceptent le paiement par versements. D’autres services
comme un vaste parc de stationnement, des restaurants chinois et des caisses
automatiques rendent la consommation agréable.
« Dix ans de changements dans ces centres commerciaux
ont montré que l’honnêteté est le pivot des
affaires », dit un propriétaire de magasin, Luo Yuan.
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