Choisir mutuellement

Huang Wei

Si la politique du gouvernement sud-africain de limiter l’importation des produits textiles chinois avait été mise en application, les étagères de produits textiles auraient été vides dans ce pays où l’économie est la plus développée d’Afrique. Peut-être vu cette inquiétude et sous la pression des détaillants, l’exécution de cette mesure a-t-elle été remise au début de 2007.

Mais la question qu’on se pose est : Est-il possible que les commerçants de textile d’Afrique du Sud suppléent au manque de produits chinois en un si court délai ?

La Chine admet que la grande quantité d’exportations textiles vers l’Afrique donne l’assaut à l’industrie textile locale, bien que ses produits peu coûteux aient en même temps considérablement bénéficié aux grossistes, détaillants et consommateurs africains.

Au cours des six premiers mois de 2006, les importations et les exportations de la Chine vers l’Afrique se sont respectivement élevées à 14,06 milliards et 11 milliards de dollars, réalisant le même déficit commercial que l’année précédente. Cependant, ce déficit ne désengage pas la Chine des conflits commerciaux avec l’Afrique. Et le même différend s’est produit dans la balance favorable du commerce entre la Chine et les États-Unis et l’Union européenne.

Grâce à la politique de non-ingérence mutuelle dans les affaires intérieures, il est possible que les chefs d’État africains agissent plus librement dans leurs rapports avec la Chine. En attendant, l’aide économique réelle de la Chine fournit une source de revenu supplémentaire aux pays d’Afrique. Comme Jeffrey D. Sachs, directeur du projet des « Objectifs du Millénaire pour le développement » de l’Onu, a dit dans une conférence tenue récemment à Beijing : « En Afrique, la Chine fait moins de sermons que l’Europe et les États-Unis et fournit une aide plus pratique la plupart du temps. » Et pourtant, ce que la Chine fait en Afrique est en butte aux critiques des médias occidentaux et de quelques organismes internationaux, qui semblent attendre que la Chine - pays en développement qui nourrit 1,3 milliard de personnes - interprète les droits de l’homme en Afrique - continent le moins développé du monde - selon leurs propres critères.

L’aide et le choix ont été toujours pratiqués d’une manière mutuelle. Les dirigeants chinois ont toujours avoué sans rien dissimuler que « la Chine a besoin de l’Afrique ». L’appui mutuel entre la Chine et l’Afrique dans une série d’affaires internationales est évident pour tous. La Chine est un grand consommateur d’énergie et l’Afrique abonde en pétrole et minerai. Il ne s’agit pas de « vol d’énergie » ; pourquoi la Chine devrait-elle renoncer à son rapport commercial avec l’Afrique ?

Pour le continent africain, le développement de la Chine est un bon exemple. Depuis vingt ans, la Chine a aidé des dizaines de millions de citoyens à sortir de la pauvreté et est passée de pays agricole retardataire en pays au taux de croissance le plus élevé dans le monde.

Les routes et les chemins de fer construits par les Chinois mènent aux mines de l’Afrique et traversent également les villages et les villes où les fermiers, commerçants et artisans africains vivent. Ces personnes maintenant peuvent faire leurs voyages commerciaux grâce à un transport plus commode.

Pendant les deux dernières décennies du XXe siècle, l’investissement direct étranger dans la région africaine n’a été que de quelques milliards de dollars par an, mais ce chiffre est parvenu à 30 milliards de dollars en 2005. Le taux d’inflation sur ce continent a baissé en 2005 au plus bas depuis vingt-cinq ans. La même année, l’afflux de capitaux sous forme d’investissement économique vers l’Afrique a surpassé pour la première fois l’assistance économique, ce qui est considéré comme un tournant dans l’histoire africaine.

En 2005, seulement la partie croissante du volume d’exposition de l’Afrique vers la Chine a dépassé 1 % du PIB de tous les pays d’Afrique. Basé sur ce fait, la contribution du commerce sino-africain à la croissance économique des pays d’Afrique atteint 20 %.

La Chine essaie d’établir un partenariat commercial à long terme avec l’Afrique en se basant sur la réciprocité et la non-ingérence mutuelle dans les affaires intérieures. Il est primordial que la Chine soit sincère en créant une telle relation et qu’elle reflète entièrement l’engagement du premier ministre Wen Jiabao pris en juin dernier en Afrique du Sud. Conformément à cet engagement, le gouvernement chinois limitera son propre quota d’exportations textiles vers les pays d'Afrique, afin de les aider à restructurer leur industrie textile et à améliorer leur compétitivité.

Tant l’Afrique que la Chine ont trouvé un partenaire commercial l’un dans l’autre. Dans le monde en voie de développement, ce devrait être une bonne nouvelle.


 
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