Un bien très précieux

Malgré la distance qui sépare la Chine des pays d’Afrique, les relations amicales entre les femmes chinoises et africaines remontent très loin dans l’histoire. Aujourd’hui, elles s’épanouissent sur les plans les plus divers.

Liu Wei

« Chaque fois nous visitons l’Afrique, nous sommes reçus à bras ouverts et nous ressentons une amitié sincère. Bien qu’une très grande distance nous sépare, les sentiments d’union, de soutien et d’amitié sont profondément ancrés dans le cœur des Chinoises et des Africaines. Ça n’a pas de prix. » C’est avec émotion que Song Wenyan, directrice du bureau de l’Asie de l’Ouest et de l’Afrique au sein de la Fédération nationale des femmes de Chine (FNFC), répond au journaliste de CHINAFRIQUE.

Song Wenyan, en visite en Tanzanie en octobre 2006.

Depuis que la Chine a rétabli des relations diplomatiques avec les pays d’Afrique il y a un demi-siècle, les échanges entre femmes chinoises et africaines n’ont cessé de s’accroître. Depuis plusieurs années, la FNFC accueille régulièrement des délégations des femmes africaines, et envoie également en Afrique des groupes de femmes chinoises, en quête « d’égalité, de développement et de paix ». Ces délégations sont reçues avec courtoisie par les gouvernements et organisations féminines des pays d’Afrique qu’elles visitent.

L’objectif de la FNFC est de soutenir le progrès et le développement des femmes dans tous les pays d’Afrique. Il y a près d’un demi-siècle, elle a ainsi envoyé au Mozambique et dans l’île Maurice plusieurs experts chinois enseigner aux femmes les techniques de la broderie et du tressage, afin qu’elles puissent augmenter sensiblement leur revenu. Elles ne l’ont jamais oublié. La FNFC s’attache à fournir à ces organisations féminines le matériel dont elles ont besoin : ordinateurs et imprimantes, outils de production comme les machines à coudre, vélos ou encore médicaments, tout ce qui leur permettra d’améliorer leurs conditions de travail, d’accroître leur capacité de production et de traiter les maladies.

La FNFC étant le plus important rassemblement de femmes du pays, elle maintient logiquement des relations intimes avec les épouses de présidents ou les femmes occupant des hautes fonctions politiques dans de nombreux pays d’Afrique. En 2004, elle a notamment reçu en Chine la visite de l’épouse du président de la République du Congo ; puis en 2005 celle du Mali. La même année, à l’occasion du dixième anniversaire de la IVe Conférence mondiale sur les femmes, la FNFC a mené, conjointement avec le ministère des Affaires étrangères, la commission pour l’enfance du Conseil des affaires d’État et la représentation de l’Onu en Chine, une réunion commémorative à laquelle assistait Luisa Dias Diogo, première femme à être nommée premier ministre au Mozambique. Par ailleurs, la FNFC a établi des rapports étroits avec des institutions gouvernementales ou populaires de la plupart des pays d’Afrique.

Épouses d’ambassadeurs

Une équipe animée par les épouses des ambassadeurs accrédités par les 39 pays d’Afrique en Chine a été fondée en 1981 et a depuis établi des rapports étroits avec la FNFC. Elle a par exemple invité cette dernière, « pour une meilleure connaissance mutuelle », à participer à des activités telles qu’une exposition de costumes africains ou le symposium sur la culture africaine qu’elle a organisé. Cette équipe fait ainsi office de pont entre les femmes chinoises et africaines.

Depuis 2001, elle a fait don, via la FNFC, de près de dix mille yuans à des projets d’assistance à Beijing et Tangshan, servant notamment à financer les frais d’études des filles les plus pauvres de l’École centrale du bourg de Yanchi dans l’arrondissement de Mentougou (Beijing), à acheter leur uniforme scolaire et à équiper les classes d’outils multimédias pour les élèves. L’école a été rebaptisée « École Chunlei de Chine-Afrique ». Chunlei, ou « bourgeon printanier », faisait originellement partie d’un programme lancé en 1989 par la FNFC visant à scolariser les jeunes filles obligées d’interrompre leurs études. Il a déjà bénéficié à 1,5 million de jeunes filles.

En septembre 2006, en marge d’une visite dans la province du Shanxi, l’équipe d’épouses a été accueillie chaleureusement dans le village de Qianhao (ville de Xinzhou), où elle a participé, au rythme des gongs et des tambours, à un défilé de danse yangge organisé par les villageois. Elle en a profité pour offrir une base de cinquante mille yuans aux femmes du village.

Un objectif commun

Avec l’évolution du mouvement international après la convocation de la IVe Conférence mondiale sur les femmes, l’indépendance et l’égalité des sexes sont devenus des objectifs communs à toutes les femmes du monde. Les organisations féminines de tous les pays s’efforcent désormais de tirer profit de l’expérience de chacune.

D’après Song, les femmes chinoises et africaines, qui doivent composer avec une situation proche dans des pays émergents, affrontent les mêmes problèmes de développement économique et d’amélioration de la vie quotidienne : « On trouve encore dans notre pays d’innombrables femmes vivant dans la misère : ouvrières en chômage en région urbaine, filles non scolarisées ou déscolarisées à cause de la pauvreté dans la campagne… Leur apporter notre soutien est une tâche importante de la FNFC. »

Des voix s’élèvent aussi d’Afrique pour renforcer les échanges entre les entrepreneuses africaines et chinoises ; elles espèrent entre autres promouvoir la coopération dans les milieux commerciaux. « Désormais, promet Song, la FNFC jouera un rôle d’intermédiaire dans ce domaine. »

 
24 Baiwanzhuang, 100037 Beijing République populaire de Chine.