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Promouvoir la coopération tous azimuts
La tournée du président Hu Jintao en Afrique
a remis de l’huile dans le moteur de l’amitié Chine-Afrique.
Ni Hecheng
Le président de la République populaire de Chine
Hu Jintao s’est efforcé de minimiser la distance entre son
pays et l’Afrique par huit visites d’État du 30 janvier
au 10 février, successivement au Cameroun, au Libéria, au
Soudan, en Zambie, en Namibie, en Afrique du Sud, au Mozambique et aux
Seychelles. C’est son premier déplacement outre-mer en 2007
et son troisième en Afrique depuis qu’il a accédé
à la présidence. En janvier 2004, il avait visité
l’Egypte, le Gabon et l’Algérie, puis en avril 2006,
le Maroc, le Nigeria et le Kenya.
« Ces visites fréquentes prouvent que le gouvernement
chinois et ses dirigeants portent une attention particulière au
développement de l’Afrique et à l’évolution
des relations entre les deux parties, » explique à CHINAFRIQUE
He Wenping, directrice de la section d’études sur l’Afrique
à l’Institut de recherche sur l’Asie occidentale et
l’Afrique (Académie des Sciences sociales de Chine). Elle
ajoute que ces échanges reflètent également la détermination
de la Chine pour encourager la coopération sino-africaine avec
pragmatisme et efficacité.
Pourquoi ces visites ?
Il s’agit d’une visite concernant toute l’Afrique,
visant à consolider et développer l’amitié
et le partenariat traditionnels entre la Chine et l’Afrique. Les
déplacements précédents s’étaient concentrés
sur les régions nord et ouest du continent ; cette fois, les huit
pays visités recouvrent l’ouest, le centre-est et le sud,
ainsi que l’Océan indien, en composant une palette contrastée.
Ainsi, le Soudan est le plus grand pays d’Afrique par sa superficie,
et les Seychelles l’un des plus petits ; l’Afrique du Sud
est la première puissance économique ; le Soudan et la Zambie
maintiennent une amitié traditionnelle avec la Chine depuis longtemps,
alors que le Liberia a régularisé ses relations diplomatiques
après avoir rompu avec Taiwan en 2003. Tout ceci montre que la
Chine fournit de gros efforts pour développer ses relations avec
tous les pays d’Afrique, quels que soient leur taille ou leur niveau
de développement. De plus, il s’agit de la première
visite d’un président chinois pour le Cameroun, le Liberia,
le Soudan, la Zambie, le Mozambique et les Seychelles, faisant des visites
de Hu dans ces pays une étape particulièrement historique.
« Ce voyage, qui intervient si peu de temps après
le Sommet de Beijing, a pour but de concrétiser davantage les résultats
de la réunion au sommet afin d’encourager la coopération
et approfondir les relations stratégiques », a expliqué
Zhai Jun, adjoint au ministre des Affaires étrangères, lors
d’une conférence de presse le 24 janvier. À la veille
du départ du président Hu, le ministère du Commerce
a par exemple annoncé que la Chine exemptera de leur dette 33 pays
parmi les plus pauvres et les moins développés d’Afrique,
afin d’honorer sa promesse faite en novembre dernier.
En marge de l’inauguration du Sommet de Beijing, Hu
avait aussi annoncé huit mesures préférentielles
et un renforcement de l’action pour les trois ans à venir.
Il s’agissait notamment d’accroître l’envergure
de l’assistance chinoise à l’Afrique ; d’accorder
trois milliards de dollars de crédits à taux préférentiel
et deux milliards de dollars de crédit acheteur à l’exportation
; de créer un fonds de cinq milliards de dollars pour encourager
les entreprises chinoises à investir en Afrique ; de construire
le centre de conférences de l’Union africaine ; de former
15 000 talents africains de tous les types ; d’envoyer 100 ingénieurs
agronomes et 300 jeunes volontaires, ainsi que de construire 100 écoles
dans les régions rurales, etc.
Une opportunité et un défi
La publication, en janvier 2006, du Document sur la politique
de la Chine à l’égard de l’Afrique et la convocation
réussie du Sommet de Beijing du Forum sur la coopération
Chine-Afrique en novembre, ont abouti à un large consensus sur
la nécessité de forger un nouveau type de partenariat stratégique.
Les relations sino-africaines sont aujourd’hui face à la
plus grande occasion de développement politique et stratégique
qui leur a jamais été offerte. Le commerce, l’investissement
et la communication bilatéraux s’accroissent rapidement.
La Chine est devenue le troisième partenaire commercial de l’Afrique,
juste derrière les États-Unis et la France.
D’après He Wenping, de nos jours, les relations
entre la Chine et l’Afrique représentent de simples rapports
bilatéraux dans le contexte de la globalisation. Les pays occidentaux
craignent que leurs intérêts en Afrique ne soient menacés
et dénoncent le « néocolonialisme économique.
» De même, dans certains pays africains, dont la Zambie visitée
par Hu cet hiver, on observe des phénomènes de rejet des
entreprises chinoises, liés à l’inquiétude
soulevée par le déferlement des produits industriels bon
marché (le textile, par exemple) de fabrication chinoise. Face
à ces problèmes et défis, la Chine doit renforcer
le dialogue avec les pays occidentaux concernés pour chercher le
point de jonction de l’intérêt des deux parties en
Afrique, et apporter une contribution d’ensemble pour aider l’Afrique
à éliminer la pauvreté au moyen de la coopération,
et non de la confrontation. Il faut notamment laisser assez de temps et
d’espace à l’Afrique pour ajuster sa structure économique
et améliorer sa compétitivité, tout en apportant
un support technologique et en assurant un développement durable
de la coopération économique et commerciale. Le premier
ministre chinois, Wen Jiabao, a par exemple déclaré, lors
de sa visite en Afrique du Sud en juin dernier, que la Chine limiterait
son quota d’exportations de produits textiles, en vue d’aider
les pays d’Afrique concernés à ajuster leur structure
textile.
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