L’Afrique à travers la lentille

Les œuvres photographiques de Luo Hong offrent la beauté extraordinaire de la nature. L’humanité, les animaux et la nature coexistent en harmonie.

Wang Bingyi

Le 8 juin 2006, Luo Hong, sur un hélicoptère, va photographier l'Afrique.
XIN HUA

Tous ceux qui ont pris le métro dans la capitale de Chine ont pu voir des œuvres photographiques de Luo Hong. Sur les quais du métro, on a probablement été touché par ces photos magnifiques de paysages de l’Ouest de la Chine et d’animaux sauvages de l’Afrique.

De pâtissier à photographe

Luo Hong, âgé de 40 ans, est le patron de Holiland, une grande entreprise de gâteaux et pâtisseries à plus d’un milliard de yuans de capitaux et qui possède 600 succursales dans le pays. Après quatorze ans de développement, Luo Hong a bien réussi dans le secteur, mais il préfère la photographie. « J’étais passionné par la photographie lorsque j’étais au cours secondaire », raconte Luo. Après ses études, Luo Hong a travaillé comme un apprenti pendant deux ans dans un studio de photographie de Chengdu, au Sichuan (dans le Sud-Ouest de la Chine).

En 1995, il a repris son appareil pour écrire une nouvelle page de sa vie.

Au début, il photographiait principalement les paysages de l’ouest de la Chine. En octobre 2001, suivant la suggestion d’un ami, Luo Hong s’est rendu pour la première fois en Afrique. Il dit : « Mon ami m’a décrit un paysage merveilleux vraiment attirant pour moi. Et j’y suis allé plein d’espoir. »

Des flamants sur le lac Nakuru au Kenya.
LUO HONG

Cape Town a été le premier lieu où Luo Hong a mis le pied en Afrique. Il y a visité le parc national de Kruger, et il a vu enfin de près des animaux sauvages et les a photographiés. Il a découvert la beauté du paysage et des animaux sauvages de l’Afrique. « Dès lors, j’ai aimé ces animaux sauvages », dit Luo Hong avec émotion. L’année suivante, pendant la saison des pluies, Luo Hong est retourné en Afrique et a visité le Kenya et la Namibie. Après son retour au pays, il a commencé à faire des études sur l’Afrique, y compris son climat, sa géographie et le comportement des animaux sauvages. Depuis lors, Luo Hong est attaché à l’Afrique. En cinq années, il y est allé douze fois.

Luo Hong a écrit dans son blog : « L’Afrique est le paradis d’innombrables animaux sauvages. Le paysage, l’humanité et les animaux reflètent une beauté extrêmement harmonieuse. »

Luo admire cette beauté à travers sa lentille et présente cette beauté au monde. On peut voir dans ses œuvres des flamants se dresser sur le lac Nakuru au Kenya, des éléphants flâner au pied du mont Kilimandjaro, des gnous galoper sur la steppe de Serengeti, des girafes et des zèbres se promener dans le parc d’Etosha, des hippopotames et des crocodiles nager dans la rivière Mara. Toutes ces photos sont non seulement exposées dans des stations de métro de Beijing, mais aussi dans la salle d’exposition du siège du Programme des Nations unies pour l’environnement au Kenya.

Le 5 juin 2006, la Journée mondiale de l’environnement, le PNUE a tenu une exposition des œuvres photographiques de Luo Hong. Lors du vernissage, Luo Hong a fait un discours en dialecte du Sichuan où il est né : « La protection de l’environnement est notre devoir absolu. »

De photographe à défenseur de l’environnement

Des éléphants au pied du mont Kilimandjaro.
LUO HONG

Le goût de la photographie s’est transformé progressivement en acte de protection de l’environnement. Luo Hong croit que si l’on est vraiment touché par ses œuvres photographiques et en ressent la beauté de la nature, on sera enclin à protéger la faune et l’environnement. Luo a raconté qu’une fois, pour remercier un dentiste, il lui a offert un album d’images de cygnes. Peu après, le dentiste lui a avoué qu’il avait tué à la chasse un cygne au bord d’un lac dans la région autonome de Mongolie intérieure des années auparavant et avait oublié ce fait depuis longtemps. L’album de Luo Hong le lui a rappelé. Le dentiste a regretté de son acte et est devenu aujourd’hui un défenseur absolu de l’environnement.

L’harmonie entre l’homme et l’animal en Afrique a laissé une impression profonde à Luo Hong. « Dans plusieurs pays d’Afrique, on protège rigoureusement la faune et l’environnement. Je suis émerveillé par l’amour profond des Africains pour les animaux », s’exclame Luo Hong.

Achim Steiner (premier à gauche), directeur exécutif du PNUE, félicite Luo Hong de sa contribution à la protection de l'environnement.
XIN HUA

Luo Hong est allé dans une dizaine de pays d’Afrique. Selon lui, dans certains pays, la vie est encore difficile, mais personne ne capture d’animaux à la chasse. Au Kenya, on délimite 60 % du territoire national pour les animaux. Même les calamités naturelles et troubles politiques ne peuvent changer la politique de la protection des réserves naturelles.

Malgré cela, Luo a remarqué que pour des raisons artificielles, le problème de l’environnement est de plus en plus grave, et l’espace permettant de survivre les animaux a été gravement détruit. Beaucoup d’animaux sont obligés de se déplacer ou sont en voie de disparition. Dans le lac Nakuru au Kenya vivent 400 genres d’oiseaux et le tiers des flamants du monde. C’est un paradis des oiseaux. Mais aujourd’hui, le nombre de flamants et de pélicans décroit peu à peu. Luo Hong, qui appelle les flamants « frères », a le cœur serré. Il espère enregistrer avec son objectif de belles images pour impressionner les gens et les appeler à prêter attention à l’environnement.

Le 25 novembre 2006, Luo Hong expose à l'Autel du siècle de Chine sur le thème "Terre, notre pays natal".
XIN HUA

Le 20 octobre 2006 à Beijing, Luo Hong a fait un don de deux millions de yuans au PNUE, dont un million pour des projets de protection de l’environnement au Kenya, et l’autre pour des projets « verts » des Jeux olympiques 2008 de Beijing. Luo Hong est donc le premier du monde à faire une donation à l’Onu en son nom personnel pour la protection de l’environnement, ainsi que le premier citoyen de Chine à donner aux projets de protection de l’environnement des JO.

Le 6 novembre 2006, le Fonds de Luo Hong pour la protection de l’environnement est démarré. D’ici dix ans, Luo Hong y offrira jusqu’à 10 millions de yuans qui, sous la surveillance du PNUE, seront utilisés pour protéger l’environnement et récompenser des jeunes du monde qui se vouent à la protection de l’environnement.

Achim Steiner, directeur exécutif du PNUE, a prodigué des éloges à Luo Hong qui a aidé l’Onu à concrétiser un concept, soit appeler tous les peuples du monde à pousser en commun la paix, le développement économique soutenu et la protection de l’environnement.

Depuis une dizaine d’années, Luo Hong persévère dans la photographie pour enregistrer à travers sa lentille la beauté et les mystères de la nature. Pour lui, la photographie n’est pas seulement un rêve, mais sert d’échelle pour accomplir sa mission de protection de l’environnement.


 
24 Baiwanzhuang, 100037 Beijing République populaire de Chine.