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Exploiter le bambou et le rotin
Des experts chinois aident des Éthiopiens à
maîtriser la technique de l’utilisation du bambou et du rotin,
assurant un développement durable de cette industrie.
Wang Zhe
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Le siège à Beijing de l'INBAR.
WEI YAO
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Monsieur Solomon était autrefois un pauvre fermier
vivant dans une région productrice de bambous à 300 km de
Addis-Abeba, la capitale de l’Éthiopie. En 2005, il a participé
à un stage organisé par des experts chinois, sur les diverses
modalités d’utilisation du bambou, comme la production de
meubles. Il a ensuite ouvert un atelier et engagé treize artisans
; ses revenus mensuels dépassent aujourd’hui les 12 000 birrs,
alors que ceux d’un artisan moyen sans formation plafonnent à
1 000. Solomon fournit à présent six grands clients et s’affaire
à agrandir son atelier. « Ce stage de formation a changé
ma vie », confie-t-il.
L’Éthiopie est un pays riche en bambou ; elle
porte, avec un million d’hectares, 67 % de l’ensemble des
plantation africaines. Pendant longtemps, l’exploitation de bambou
était de type extensif. Le côté rétrograde
des techniques de culture et d’utilisation a gêné le
développement de son industrie. Au cours des quinze dernières
années, le secteur du bambou chinois a connu une rapide expansion
et le rôle du bambou a augmenté considérablement,
entre autres pour réduire la consommation de bois, protéger
les forêts naturelles, améliorer l’environnement, créer
des revenus et des emplois et développer le tissu socio-économique
rural.
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Le docteur Fu Jinhe reçoit l'interview de CHINAFRIQUE.
WEI YAO
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Membre du Réseau international sur le bambou et le
rotin (INBAR - voir plus bas), la Chine soutient et participe à
la coopération Sud-Sud, partage son expérience avec les
pays en développement et leur fournit une aide financière
et technique. En 2005 et 2006, le gouvernement chinois et l’INBAR
ont organisé en Éthiopie deux stages de formation sur la
plantation et l’utilisation du bambou, auxquels ont assisté
99 personnes. Au siège de l’INBAR, le journaliste de CHINAFRIQUE
a interviewé le docteur Fu Jinhe, tout juste de retour d’Éthiopie,
où il a dirigé les deux stages.
Selon Fu, les programmes de développement sacrifient
généralement l’environnement, et la pauvreté
reste étroitement liée à la détérioration
de ce dernier. Mais le bambou et le rotin obtiennent des résultats
contraire : ce genre de projets peut non seulement élever les revenus
des populations les plus pauvres, mais est également favorable
à la protection et à l’amélioration de l’environnement.
Le bambou, comme la banane, se régénère facilement
; il suffit de l’exploiter de façon appropriée.
Vingt-trois Éthiopiens ont participé au stage
de 2006. Les experts chinois leur ont apporté des outils pratiques
et des modèles de construction d’immeubles en bambou. Les
stagiaires ont découvert les techniques de sélection, de
fente et de teinture des bambous, puis ont appris à fabriquer tables
rondes, chaises, fauteuils, divans ou tables à thé, ainsi
que des petits objets, sacs, paniers et abat-jours. Autant de produits
qui ont émerveillé les habitants locaux, qui se sont empressés
de les acheter.
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Une Africaine, après avoir suivi la formation,
fait des objets de bambou.
INBAR
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Aberashe Ayno, un stagiaire, témoigne : « Je
présente mes sincères remerciements aux experts chinois.
Auparavant, nous ne savions pas employer le bambou, pourtant abondant
dans notre région. Grâce à ces deux stages de formation,
nombre de gens ont appris la technique. Ils nous ont apporté des
outils très pratiques et nous pouvons fabriquer des immeubles et
des objets de qualité. » Les répercussions en Éthiopie
sont favorables. Haile Gebreselassie, champion olympique et détenteur
de multiples records du monde, a participé à la clôture
du stage ; il est aujourd’hui ambassadeur de l’industrie du
bambou en Éthiopie.
Les experts chinois y ont également organisé
deux symposiums sur le bambou. Plus de 160 personnes y ont participé,
dont une délégation économique et commerciale du
gouvernement chinois chargée d’appliquer les programmes d’action
déterminés au Forum sur la coopération sino-africaine
de Beijing, en novembre dernier. Le symposium sur le développement
durable de l’industrie du bambou a d’ailleurs rassemblé
un grand nombre de personnalités, dont le ministre assistant du
Commerce, Wang Chao, le ministre d’État éthiopien
du Commerce et de l’Industrie, Tadesse Haile, le ministre d’état
de l’Agriculture et du Développement rural, Ahmed Nasir,
la directrice générale de l’INBAR, J. Coosje Hoogendoorn,
et le directeur général de l’Administration éthiopienne
de petites et moyennes entreprises, Kebede Shiferaw.
D’après un fonctionnaire éthiopien, le
symposium a revigoré le développement de l’industrie
du bambou en Éthiopie. Plusieurs entreprises projettent d’investir
dans le secteur : une coentreprise américano-éthiopienne
a planté 400 000 hectares de bambou et signé un accord avec
trois entreprises indiennes pour leur fournir des matières d’une
valeur de 130 millions de dollars pendant trois ans, tandis qu’une
entreprise chinoise a fait part de son intention de produire du papier
à partir du bambou.
| L’INBAR est une organisation
intergouvernementale à but non-lucratif, fondée par
traité en novembre 1997, dans le but de tirer profit des
avantages du bambou et du rotin sur les plans social, économique
et environnemental. Il rassemble des partenaires provenant des secteurs
public, privé et non-lucratif de plus de 50 pays, au sein
d’un réseau global, pour définir et mettre en
œuvre un programme général de développement
durable par le bambou et le rotin. L’INBAR encourage les pays
en développement à participer au commerce du bambou
dans l’ensemble du monde et leur fournit une assistance pour
exploiter le bambou et le rotin. |
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