Construire un pont commercial sino-africain

La Chambre de commerce sino-africaine, un nouveau mode pour accélérer les échanges commerciaux.

Ni Yanshuo

Senge-Senge, directeur général de Good Will Trading Co., Ltd. de Yiwu, est originaire de la République démocratique du Congo. Chaque mois, il achète deux ou trois conteneurs de marchandises à revendre dans son pays. « Les produits chinois sont de bonne qualité et moins chers, et se vendent bien chez nous », dit Senge à CHINAFRIQUE.

Senge a ouvert un centre de vente en gros de produits chinois à Butembo, dans le nord de la République démocratique du Congo. Ce centre, passablement gros pour la région, emploie vingt personnes. À Yiwu, Senge a également un entrepôt et une boutique. De toute façon, il est un homme d’affaires qui réussit.

Chen Wei, directrice du département de la clientèle de l'Association de commerce sino-africaine du Ghana, présente la situation de son association. WANG XIANG

En octobre 2004, Senge, qui importait des produits de la Malaisie, savait que ces marchandises étaient réellement fabriquées en Chine. En juin 2006, il a finalement choisi Yiwu pour installer sa compagnie après avoir procédé à des investigations dans des villes chinoises comme Guangzhou et Shenzhen. « J’ai eu la chance de rencontrer Chen Wei, directrice du département de la clientèle de l’Association de commerce sino-africaine du Ghana », affirme Senge. Avec l’aide de Chen Wei, Senge s’est vite adapté au commerce avec la Chine.

L’Association de commerce sino-africaine du Ghana a aidé beaucoup d’Africains comme Senge à faire du commerce en Chine. Fondée en 2006, l’Association dont le siège est à Accra, capitale du Ghana, a maintenant 7 900 commerçants membres, principalement de quinze pays d’Afrique de l’Ouest. Elle a ses bureaux en Chine à Yiwu au Zhejiang et à Jinjiang au Fujian, régions rassemblant des producteurs de petits articles.

Le mode de service de l’Association est de fournir gratuitement des renseignements sur l’offre et la demande du marché aux commerçants membres. Alors, les acheteurs et les fournisseurs peuvent prendre contact directement, sans intermédiaire.

Selon Wu Guobin, directeur de l’Association, de plus en plus de commerçants préfèrent ce nouveau mode de service dans leurs affaires, car il diminue le coût des marchandises

Du commerce de marchandises au commerce de services

En 2000, Wu Guobin faisait entre la Chine et le Ghana du commerce de chaussures, de produits textiles et de machines. Dès que la Chine est entrée dans l’OMC en 2001, sa compagnie a connu un grand développement.

« Avant 2001, très peu d’hommes d’affaires chinois exportaient vers l’Afrique », dit Wu. Mais ce dernier n’a pas hésité à établir sa compagnie au Ghana sous le nom de Guobin (Ghana) International Trade Import and Export Co. « C’est vraiment un grand essor dans mes affaires », affirme Wu avec fierté.

Wu est l’un des premiers hommes d’affaires de Yiwu à faire du commerce extérieur, surtout à engager des affaires avec l’Afrique. Avec la promulgation de la Loi sur le commerce extérieur en 2004, les compagnies de commerce extérieur sont de plus en plus nombreuses. Et surtout après la 3e Conférence du Forum sur la coopération Chine-Afrique en novembre dernier, de plus en plus d’hommes d’affaires africains se sont rendus à Yiwu dans le but de trouver des produits qui leur conviennent. L’ancien mode de fonctionnement des compagnies de commerce extérieur ne convenait pas à ce changement. Wu Guobin a alors eu l’idée d’établir une plateforme d’information sur le marché.

« Simplement dit, diriger les commerçants africains directement vers les entreprises de Yiwu pour choisir des spécimens et commander des produits. La fonction d’intermédiaire se transforme en un type de service, et les frais de service remplacent les commissions », explique Wu.

En deux mois, des dizaines de commerçants africains ont trouvé leurs produits de bonne qualité et à bas prix à Yiwu.

Selon Wu, l’adhésion de la Chine à l’OMC et le Forum sur la coopération Chine-Afrique ont joué un rôle important dans les échanges commerciaux sino-africains, qui présentent une bonne tendance. Les hommes d’affaires chinois et africains peuvent tous trouver leurs partenaires coopératifs à Yiwu.

Service sincère

Plusieurs hommes d’affaires africains ont tiré un avantage réel des services de l’Association de commerce sino-africaine du Ghana. Ils ont établi des liens directs avec les producteurs et entreprennent diverses formes de coopération.

Senge achète le vêtement au choix sur le marché de Yiwu. WANG XIANG

En octobre 2006, avec l’organisation de l’Association, une dizaine de commerçants du Nigeria, de la Zambie, de la République démocratique du Congo et d’autres pays d’Afrique se sont rendus à Yiwu pour discuter directement avec des producteurs. Les deux parties ont négocié les produits et leur prix et abouti à des accords. Ils sont ensuite allés au bureau de Jinjiang au Fujian pour procéder à des investigations dans des entreprises du Fujian. Le Nigerian Ally Obeng s’intéresse beaucoup aux produits de Fujian Jinjiang Benma Mosquito Repellent Incense Co., Ltd. dont il est devenu l’agent général au Nigeria.

Chen Wei, directrice du département de la clientèle de l’Association, a chaque jour divers chats à fouetter.

En septembre 2006, un acheteur éthiopien a commandé des jeans à Guangzhou. Selon le contrat, il a payé un acompte de 30 %. Mais ensuite, il a rencontré des difficultés et les fonds manquaient. Le producteur ne lui envoyait pas les marchandises. Le commerçant africain n’avait pas d’autre solution et a demandé à l’Association de l’aider. Sous la coordination de l’Association, le manufacturier a accepté l’amortissement.

Avec le développement continu du commerce sino-africain, l’Association fournit un service sans cesse amélioré. Certains commerçants africains, qui ne sont pas satisfaits de revendre des produits chinois en Afrique, ont l’intention de pénétrer le marché chinois, « car ils ont découvert que la Chine est en effet un grand marché », explique Chen Wei.

Aider les entreprises chinoises

« Nous aidons également les entreprises chinoises à entrer en Afrique. Nous avons établi une cité de produits chinois à Accra au Ghana. La cité est une vitrine pour les produits chinois et une base pour élargir les affaires en Afrique », dit Wang Chuanbo, un responsable de l’Association.

Selon Wang, la cité de produits chinois a installé une salle « 365 » d’exposition des produits chinois de 400 m², rassemblant mille produits textiles, d’industrie légère, articles d’usage courant, appareils électriques, matériaux de construction, médicaments, etc. Les commerçants africains peuvent acheter chez eux les articles de Yiwu.

Les commerçants de Yiwu sont honnêtes en affaires. Ils montrent d’abord les spécimens aux commerçants étrangers, puis négocient le prix, reçoivent enfin les commandes. Cela peut éviter des disputes commerciales.

Ces dernières années, de plus en plus de commerçants africains sont venus en Chine acheter des marchandises, et les commerçants de Yiwu, qui s’occupent des affaires au pays, n’ont pas le temps d’aller à l’étranger. Alors, la salle « 365 » devient fort utile. En bref, les commerçants des deux côtés en tirent un avantage.

Dans les deux ans à venir, l’Association projette d’établir ce genre de salle d’exposition au Nigeria, au Togo, au Mali, au Sénégal et en Côte d’Ivoire pour élargir le canal des échanges commerciaux Chine-Afrique.


 
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