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Voyage de coopération
La tournée du président Hu Jintao
dans huit pays d’Afrique marque le bon début
de la réalisation des promesses faites lors du Sommet
de Beijing du Forum sur la coopération Chine-Afrique
(FCCA)
Ni Yanshuo
Le Sommet de Beijing du Forum sur la coopération
Chine-Afrique tenu en novembre 2006 a poussé les relations
sino-africaines à un haut niveau, et le voyage du président
Hu Jintao en Afrique au début de cette année marque
le bon départ d’une nouvelle coopération en
2007.
« L’année 2006 a été
de façon informelle l’année de l’Afrique
en Chine. C’est une année exceptionnelle depuis cinquante
ans de relations diplomatiques entre la Chine et l’Afrique
», a dit Liu Guijin, ambassadeur de Chine en Afrique du Sud.
En 2006, la Chine a publié pour la première
fois sa Politique à l’égard de l’Afrique.
Dans l’espace de trois mois, le président et le premier
ministre de la Chine ont visité l’Afrique. En novembre,
le Sommet du FCCA s’est tenu à Beijing et les délégués
des 48 pays d’Afrique qui ont des relations diplomatiques
avec la Chine y ont participé. De plus, en 2006, le volume
du commerce sino-africain a atteint 55,5 milliards de dollars, une
hausse de 39 % sur l’année précédente.
Il devrait atteindre 100 milliards en 2010.
Cette année en sera une autre importante pour
les relations sino-africaines. Le président Hu a choisi l’Afrique
comme première destination hors du pays.
Le 10 février, Hu a terminé sa visite
du Cameroun, du Liberia, du Soudan, de la Zambie, de la Namibie,
de l’Afrique du Sud, du Mozambique et des Seychelles. Durant
sa visite de douze jours, il a signé une série d’accords
de coopération et d’assistance économique et
technologique, et a annoncé une plus grande ouverture du
marché chinois aux pays d’Afrique.
La Chine a aussi annulé 168 dettes de 33 pays
des plus lourdement endettés d’Afrique. En accord avec
les huit étapes proposées par Hu au Sommet du FCCA,
dans les trois prochaines années, la Chine doublera son aide
de 2006 et ses prêts sans intérêts aux pays d’Afrique
et leur fournira des prêts préférentiels de
3 milliards de dollars et des crédits d’acheteurs pour
un montant de 2 milliards de dollars. Les prêts préférentiels
serviront à pousser la construction d’infrastructures
en Afrique, à fournir de l’équipement électromécanique
et à établir des entreprises de production de manière
à hausser la coopération entre les entreprises des
deux parties.
C’était la troisième visite de Hu
en Afrique en tant que président. Les huit pays, grands ou
petits, riches ou pauvres et forts ou faibles, sont dispersés
sur le continent. Ils comprennent de grands pays comme le Soudan
et l’Afrique du Sud autant que des petits comme les iles Seychelles.
La Zambie est une amie de longue date de la Chine tandis que le
Liberia vient de renouer ses liens diplomatiques avec la Chine en
2003. Par cette visite, la Chine a intensifié ses liens mutuels
avec les diverses parties. Les dirigeants africains ont aussi exprimé
leur espoir de voir l’amitié sino-africaine et la coopération
traditionnelle se développer et renforcer. L’égalité,
la coopération, le bénéfice mutuel et une approche
gagnant-gagnant étaient les tendances majeures du voyage
de Hu en Afrique.
Besoins communs
« Le rapide développement des liens sino-africains
attire l’attention des dirigeants des deux côtés
», a dit He Wenping, directrice de la section des études
africaines de l’Institut d’études de l’Asie
de l’Ouest et d’Afrique relevant de l’Académie
des sciences sociales (ASS).
Selon He, ces relations sont en hausse continuelle tout
comme le commerce bilatéral, l’investissement et les
échanges personnels. La Chine est devenue le troisième
partenaire de l’Afrique après les États-Unis
et la France. L’Afrique est un des principaux fournisseurs
de ressources et marchés de la Chine. Elle a fait remarquer
que la Chine et l’Afrique ont atteint une vision identique
sur les grands événements bilatéraux et mondiaux.
Une histoire similaire et un même désir de développement
ont fourni une base solide à la coopération mutuelle,
et elles ont comme but commun de renforcer la coopération
Sud-Sud et de promouvoir un ordre économique et politique
international juste et rationnel.
Selon Yang Guang, directeur de l’Institut d’études
de l’Asie de l’Ouest et d’Afrique de l’ASS,
le vaste continent africain avec sa population de plus de 800 millions
dans 53 pays possède d’abondantes ressources naturelles
et un énorme potentiel de développement. Ces dernières
années, grâce aux efforts de plusieurs pays d’Afrique
pour réformer leur économie, ouvrir leurs marchés
et attirer des investissements étrangers, l’Afrique
a repris son développement économique. Dans plusieurs
pays, la croissance annuelle dépasse 4,5 %, le plus haut
taux depuis vingt-cinq ans.
La situation politique est stable en général.
L’appui de la communauté internationale au continent
aide aussi le développement. Les grandes ONG augmentent leur
aide multiforme comme la réduction ou l’annulation
des dettes. Les échanges amicaux à long terme entre
la Chine et l’Afrique fournissent une base aux entreprises
chinoises qui entrent en Afrique. Tout cela indique que l’Afrique
a beaucoup amélioré son milieu d’investissement.
Selon des experts, les liens sino-africains forts attirent
l’attention mondiale et haussent le statut et l’influence
du continent dans le monde. Les Africains sont pleinement conscients
des énormes possibilités économiques et des
occasions de développement créées par la Chine.
Plateforme de coopération
Selon Yao Guimei, chercheur de l’Institut d’études
de l’Asie de l’Ouest et d’Afrique de l’ASS,
la Chine et l’Afrique ne sont pas seulement devenues amies
qui se prêtent mutuellement un secours politique, mais aussi
des partenaires économiques et technologiques.
Le 4 février, la Chine a lancé une zone
de coopération économique et commerciale à
Lusaka en Zambie, la première du genre établie par
la Chine en Afrique. Le président Hu, qui se trouvait alors
en Zambie, l’a inaugurée avec son homologue Levy Patrick
Mwanawasa.
Yao signale que l’investissement des entreprises
chinoises en Afrique est une des meilleures façons de renforcer
les liens. Vu les abondantes ressources minérales du continent,
plusieurs entreprises chinoises puissantes sont fort intéressées
à l’exploitation en commun avec les entreprises locales.
Les pays d’Afrique, qui manquent de capitaux et de technologie,
montrent aussi une attitude positive face à cette coopération.
La première zone de coopération économique
et commerciale de Chine en Afrique n’est qu’un exemple.
Le gouvernement zambien offre des mesures préférentielles
dans la zone, comme la facilitation de l’investissement et
l’annulation du tarif d’importation et de l’impôt
sur la valeur ajoutée. En Afrique, de telles mesures sont
tout à fait nouvelles, et certains médias africains
parlent tout simplement de « zone économique spéciale
».
L’établissement de la zone remonte au Sommet
de novembre dernier. Hu y avait annoncé huit mesures pour
resserrer la coopération comme l’établissement
de trois à cinq zones du genre en Afrique dans les trois
prochaines années. Quand la zone sera achevée en 2010,
elle pourra accueillir 60 entreprises chinoises et d’autres
pays, un investissement total de 800 millions de dollars. Elle fournira
ainsi de l’emploi à 6 000 Zambiens.
« On peut voir les résultats économiques
et politiques de l’établissement d’une zone économique
et commerciale de Chine en Afrique », a dit Huang Xiaoling,
professeur à l’université d’Économie
et Commerce international, à Beijing, ajoutant que la zone
peut favoriser la stratégie d’investissement étranger
de la Chine et le développement de l’énergie
avec l’Afrique. En transférant en Afrique ses industries
à haute intensité de labeur comme le textile et la
fabrication d’équipement, la Chine peut réduire
son important surplus commercial. Politiquement, l’établissement
de la zone marque l’application de résolutions prises
au Sommet de Beijing.
Située dans la province « ceinture de cuivre
» de Zambie, la zone formera une chaine de production avec
Chambisi Copper Smelter. Elle est construite et dirigée par
China Nonferrous Metal Mining (Group) Co., Ltd. Selon Wang Changming
du groupe, la zone a investi 160 millions de yuans pour attirer
des investissements. Jusqu’ici, sept entreprises chinoises
y sont entrées avec un investissement de 200 millions.
La zone a déjà complété
2,88 km2 d’infrastructures comme stations électriques,
routes, hôpitaux et bureaux. Selon le plan, la zone investira
862 millions de yuans et atteindra 8,56 km2.
En fait, l’établissement de telles zones
est un des douze grands projets du ministère du Commerce
de Chine. Le ministère encouragera les entreprises chinoises
à en établir entre dix et cinquante, avec un appui
financier du gouvernement chinois. Elles seront construites dans
des pays en développement économiquement complémentaires
de la Chine comme ceux d’Asie du Sud-est, de l’Afrique
et de l’Asie centrale.
Produits opportuns
Au Liberia, Hu a assisté avec son homologue Ellen
Johnson-Sirleaf à l’inauguration d’un Centre
de prévention et de traitement de la malaria. Construit avec
l’aide de la Chine, ce centre vise à améliorer
les soins médicaux. Il a été établi
par Beijing Holley-Cotec Pharmaceuticals Co., Ltd., qui a plus de
dix ans d’expérience en Afrique. Son produit Cotecxin
contre la malaria est très populaire en Afrique et a souvent
servi de cadeau official de la Chine à des pays d’Afrique.
« La localisation est notre stratégie en
Afrique », a dit Lu Chunming, directeur général
de Holley-Cotec dans une entrevue accordée à CHINAFRIQUE.
Il a ajouté que sa compagnie est la seule entreprise pharmaceutique
chinoise à posséder une succursale en Afrique et à
employer des travailleurs locaux.
Selon Yu Wei de Holley-Cotec, une usine en Afrique réduira
bientôt les couts de transport. Yu a indiqué qu’après
le Sommet de Beijing, le milieu d’investissement en Afrique
s’est beaucoup amélioré et que sa compagnie
avait aussi augmenté son investissement sur le continent.
Vu la grande demande de médicaments contre la malaria, Holley-Cotec
a amélioré son niveau de service en Afrique. En réduisant
les couts de production, la compagnie peut réduire le prix
des produits. Elle a aussi demandé aux intermédiaires
locaux de vendre au plus bas prix possible. « Le profit n’est
pas notre priorité sur le marché africain »,
a dit Yu, ajoutant que la promotion de la médecine est un
des plus grands problèmes de son entreprise en Afrique. Pour
le résoudre, sa compagnie donne une formation à ses
employés africains et développe ses relations avec
les gouvernements locaux. Suivant la formation, certains employés
ont accédé à des postes de direction. «
Cela aide à amoindrir nos différences culturelles
», a conclu Yu.
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