Développement selon les exigences de l’Afrique

Suivant le Sommet de Beijing du Forum sur la coopération sino-africaine, un grand nombre de projets coopératifs entre la Chine et l’Afrique se concrétiseront l’un après l’autre.

Wang Zhe

Wang Hecai, chef comptable de la Société générale d’ingénierie outre-mer de Chine ( COVEC ), s’indigne contre la dénonciation occidentale du « pillage des ressources africaines par la Chine ». Il prend une coupe en bois d’if dans sa bibliothèque et dit au journaliste de CHINAFRIQUE : « Quand je la vois, je ressens de la tristesse. Nous ne permettons pas renouveler la tragédie de l’if dans notre coopération avec l’Afrique. »

L'atelier textile de COMATEXS.A, au Mali.
ZHONG HAI

L’if est l’une des 56 plantes remontant à la période glacière quaternaire. Il est riche en pacilitaxel - matière contre le cancer, dont la teneur est des dizaines fois plus élevée que celle de n’importe quelle plante. Pourtant, sa valeur médicale était ignorée jusqu’aux années 1990.

Après 1994, sans tenir compte de la situation réelle de l’if, des commerçants des États-Unis, du Japon et de l’Italie sont arrivés en Chine pour l’acheter bon marché, de sorte que de nombreux arbres de 100 à 250 ans sont morts en raison de l’écorçage. Aux États-Unis croissent une quantité d’ifs sauvages, mais les lois ne permettent pas de l’utiliser. En Chine, vu le manque de connaissance de la valeur de l’if et le retard de la législation intéressée, le pillage a été effréné jusqu’à 1999, où cette plante rare a été inscrite sur la liste des espèces de première catégorie protégées par l’État et les lois concernées sont entrées en vigueur.

Le gouvernement chinois procède de façon totalement différente. Ces dernière années, il a financé la prospection géologique en Afrique et offert tous les documents, y compris la valeur de ressources minérales, aux pays d’Afrique. « Nous ne disons pas que c’est de la pierre en indiquant une mine d’or, afin d’acheter à bas prix. Nous ne cachons pas la vérité ; au contraire, nous leur disons comment obtenir le plus grand profit, puis nous l’achetons au prix mondial unifié, indique Wang. Notre but est d’aider les Africains à faire fortune, et de les aider à utiliser rationnellement leurs ressources et à améliorer la vie de la population locale. »

Une avenue construite par COVEC au Mali.
ZHONG HAI

COVEC a été l’une des premières entreprises chinoises à entrer sur le marché africain de travaux forfaitaires. Filiale de la Société nationale chinoise de construction ferroviaire, elle s’occupe spécialement d’exploitation du marché étranger et touche sur le continent africain la construction d’infrastructures, l’exploitation des ressources naturelles et de l’investissement, et les industries textile et pharmaceutique. Selon les critères statistiques courants dans le monde, cette compagnie s’est engagée à réaliser plus de 300 projets dans près de vingt pays d’Afrique, estimés au total à trois milliards de USD de montant contractuel et à deux milliards de dollars de chiffre d’affaires. Grâce à ses exploits remarquables, elle a figuré quelques années de suite parmi les 225 commerçants de travaux forfaitaires internationaux élus par le magazine étatsunien Engineering News Record.

Au fur et à mesure que l’assistance de la Chine envers l’Afrique s’étend dans les domaines de la construction routière, des travaux hydrauliques et de la construction domiciliaire, le marché de COVEC s’agrandit. COVEC espère que chacun de ses projets desserve la population locale et lui apporte des bénéfices, tout en prolongeant les relations coopératives amicales entre la Chine et l’Afrique. Avec cette sincérité, tous les projets que finance COVEC reposent sur les exigences de l’Afrique.

Le marché du coton au Mali

Le Mali regorge de coton de bonne qualité. En 1968, le gouvernement chinois a financé la construction d’une entreprise complexe de textile, d’impression et de teinture dans ce pays. Au début, l’entreprise profitait aux locaux, mais après son transfert à la partie malienne, elle a fait face à des difficultés et même subi la faillite en 1991 pour des motifs divers comme le maque d’entretien indispensable des équipements. En 1994, après avoir acheté ses biens, COVEC a créé une nouvelle entreprise à capitaux mixtes, COMATEXS.A, transformé la chaine de production et envoyé des experts chinois en textile pour remettre en état la production.

Un stade construit par COVEC en Guinée équatoriale.
ZHONG HAI

En tant que la plus grande usine textile au Mali, COMATEXS.A produit du fil de coton et du tissu imprimé à partir du coton local, et réalise un chiffre d’affaires de huit à quinze millions de dollars par an. Parmi ses 1 446 employés, 1 435 sont des locaux.

Cette compagnie projette de procéder à l’innovation technique afin d’augmenter sa capacité de production et d’enrichir la gamme des produits selon les besoins.

Pour assurer le fonctionnement efficace de la compagnie, le gouvernement malien lui accorde des conditions fiscales préférentielles pendant les treize premiers ans d’exploitation comme l’exemption d’impôt sur le revenu individuel et le revenu des entreprises, ainsi que de droits de douane sur l’équipement importé. En 2006, le gouvernement malien l’a exemptée d’impôt sur la valeur ajoutée. De 1994 jusqu’à présent, COMATEXS.A a versé plus de 18,6 millions de dollars d’impôt.

Depuis treize ans, lors de l’élection du président ou des fonctionnaires locaux, tous les dirigeants qui entrent en fonction effectuent une inspection dans cette usine. Le président malien Amadou Toumani Toure souligne: « Nous remercions le gouvernement chinois et COVEC d’avoir apporté un grand changement historique au Mali, et accordons notre pleine confiance et notre soutien à COVEC, espérant qu’elle puisse exécuter des projets de plus grande envergure encore. Au Mali, de telles compagnies se comptent sur les doigts de la main et nous croyons qu’elle remportera de meilleurs exploits. »

Les délégations qui visitent des entreprises étrangères au Mali choisissent premièrement COMATEXS.A pour voir sa gestion, son envergure de production et son résultat d’investissement.

La santé des habitants de Côte d’Ivoire

Lic-Pharma, en Côte d’Ivoire, un des projets d’investissements de COVEC outre-mer, se situe dans la zone industrielle d’Abidjan, capitale économique de ce pays, et couvre une superficie de deux hectares dont une superficie bâtie de 2 000 m². Il s’agit d’une compagnie à portefeuille à capitaux exclusivement chinois profitant du crédit préférentiel fourni par le gouvernement chinois. C’est la première entreprise pharmaceutique construite selon les critères GMP (Good Manufacturing Practice) dans l’ouest de l’Afrique. Après quatre ans d’exploitation, cette compagnie a établi sa propre marque et gagné l’appréciation du gouvernement local.

Lic-Pharma, en Côte d’Ivoire, un des projets d’investissement de COVEC outre-mer.
ZHONG HAI

Vu la pauvreté de la population, Lic-Pharma produit des médicaments bon marché et même en offre gratuitement. En 2006, il s’est produit un évènement d’ordures d’origine étrangère à Abidjan. À ce moment-là, une vingtaine de points de fuite en plein air ont produit un gaz toxique qui a couté onze vies et laissé un millier de blessés hospitalisés, causant une grande panique dans la société. La ville a subi un contrôle sévère de la circulation des médicaments, et Lip-Pharma a fait face à la difficulté. Pourtant, à ce moment critique, la compagnie non seulement n’a pas arrêté la vente, mais aussi offert une assez grande quantité de médicaments de désintoxication au gouvernement local.

Actuellement, on y compte 27 employés, dont 20 locaux. Lip-Pharma exploite 24 nouveaux médicaments répondant aux besoins de marché africain. Ses produits sont autorisés par le bureau de santé local comme médicaments d’ordonnance. Actuellement, son chiffre d’affaires annuel parvient à 500 000 euros.

Le Forum sur la coopération sino-africaine propose d’établir dix centres de lutte contre le paludisme en Afrique. Si la Côte d’Ivoire est choisie comme siège d’un de ces centres, COVEC apportera sa contribution.


 
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