Exploiter le marché africain selon le règlement local

Wang Zhe

La Banque nationale n° 1 de Botswana, construite par COVEC. ZHONG HAI

Shi Ping, directeur adjoint de la Société générale d’ingénierie outre-mer de Chine (COVEC), est chargé des affaires forfaitaires internationales. Selon lui, l’Afrique a une grande demande en matière de construction de base, tandis que le personnel technique et administratif et les ouvriers qualifiés manquent. Certaines entreprises chinoises ont une bonne expérience dans ce domaine, et la coopération entre la Chine et l’Afrique serait mutuellement avantageuse.

Actuellement, COVEC, qui a 17 projets de construction au Botswana, est l’un des principaux entrepreneurs dans ce pays. Le groupe y a acquis la qualification de niveau E (le plus haut) dans l’ingénierie de construction, le traitement des eaux usées et l’alimentation en eau. En 2006, les deux parties ont signé de nouveaux contrats pour une valeur de 300 millions de USD.

COVEC a investi beaucoup pour obtenir ces succès remarquables.

Entrer dans la société locale

COVEC a percé le marché africain il y a vingt ans. C’est très important de respecter le règlement du marché local. Pour bien accomplir les travaux forfaitaires, il faut avoir une conscience claire de la situation du marché et bien connaitre les règlements de l’administration locale.

Selon Shi Ping, certaines entreprises chinoises, qui n’ont pas d’expérience africaine, pensent à tort que l’Afrique est arriérée et exploitent le marché africain à leur manière habituelle. Ils en résultent qu’elles ne peuvent finir les travaux à temps ou sont souvent pénalisées. Ces entreprises ne comprennent pas pourquoi elles peuvent construire de grands édifices en Chine, mais échouent à construire un bâtiment ordinaire en Afrique. La réponse est très simple : elles ont sous-estimé le niveau d’administration en Afrique et n’ont pas respecté les règlements locaux.

Un chantier de COVEC en Afrique. ZHONG HAI

Les lois et règlements africains, y compris les normes de construction, sont perfectionnés. Plusieurs pays d’Afrique ont des règlements détaillés au sujet de la surveillance de la qualité de construction. Par exemple, le contrôle de la qualité d’enduit couvre chaque mètre carré. Le surveillant ne craint jamais les ennuis, et les constructeurs sont également consciencieux. Ce n’est qu’avec l’approbation du surveillant que la construction peut continuer. Au début, les constructeurs chinois n’étaient pas habitués à ces règlements un peu compliqués. Ils voulaient plutôt accélérer le rythme des travaux. Mais ils ont bientôt compris que les normes détaillées et strictes sont la garantie de la qualité.

Le système de gestion d’ingénierie de construction en Afrique du Sud est plus avancé que celui de la Chine. COVEC a acquis de l’expérience en Afrique du Sud. Dans ce pays, pour tous les projets et opérations, on doit remettre un rapport sur l’environnement, un autre sur la sécurité une semaine avant le début des travaux. Pour creuser une rigole, on doit noter clairement dans le rapport sur l’environnement quels arbres et herbes seront touchés, et dans le cas où ces plantes sont protégées par l’État, où on les déplacera. Le rapport sur la sécurité est plus strict. Les mesures de protection varient selon la profondeur de rigole. On doit également concrétiser les mesures contre la poussière et tous les accidents possibles. Les ouvriers doivent être équipés d’un casque, d’un masque respiratoire, de verres protecteurs, d’une combinaison, de gants et chaussures protecteurs. Les gestionnaires doivent avoir un talkie-walkie, et les véhicules être munis d’un signal lumineux. Le surveillant donne son accord de mise en chantier une fois toutes ces conditions remplies. Sur le chantier de COVEC en Afrique du Sud, tout est en ordre.

Pour entrer dans la société locale, COVEC a adhéré à des associations et chambres de commerce afin de communiquer avec les entreprises du secteur, les syndicats, etc., et de renforcer la compréhension et la connaissance de la culture locale.

Construire ensemble une société harmonieuse

Les gestionnaires de haut niveau de COVEC en Afrique ont été recrutés dans l’ensemble du monde, et les ouvriers sont généralement les gens locaux. COVEC s’en tient au concept d’harmonie sociale. La population locale peut tirer profit des travaux de COVEC.

Un pont au Mali construit par COVEC. ZHONG HAI

Au Botswana, l’évaluateur général de COVEC est une personne locale dont le salaire mensuel est de 5 000 dollars, plus que le salaire du représentant général chinois. COVEC croit que les gens locaux, qui ont l’avantage de la langue et connaissent bien la situation, peuvent communiquer facilement avec les départements concernés et régler des affaires compliquées avec une grande facilité. En outre, certains hauts gestionnaires et ingénieurs africains de COVEC, qui ont étudié en Chine, possèdent des connaissances en génie civil et parlent chinois, jouent un rôle irremplaçable dans le groupe de COVEC.

COVEC forme ses ouvriers dans le travail. Après un ouvrage, 50 % d’entre eux maitrisent une technique particulière, devenant menuisiers ou maçons qualifiés. Ils peuvent alors avoir un revenu stable grâce à leur capacité, et certains sont même devenus patrons.

COVEC attache également de l’importance à la santé des travailleurs, diffusant sur les chantiers des connaissances de protection contre toute infection, le sida par exemple.

Actuellement, COVEC est un grand contribuable et un grand employeur en Afrique. Au Botswana, la Société a un projet de rénovation et d’agrandissement des logements ordinaires et des écoles primaires et secondaires. COVEC s’y est mêlé dès le début avec 300 millions de yuans de prêts préférentiels et bonifiés du gouvernement chinois. L’accomplissement des ouvrages apporte le bonheur à la population locale.


 
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