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Qui pratique le « néocolonialisme » en
Afrique ?
Min Guowei
Ces derniers temps, l’opinion publique occidentale blâme
la Chine de pratiquer le « néocolonialisme » en Afrique.
De toute évidence, cette critique est irrationnelle.
Il existe une différence notable entre la coopération
sino-africaine et le colonialisme des impérialistes occidentaux
en Afrique. La nature du colonialisme consiste à contrôler
et intervenir dans les affaires politiques d’autres pays, et à
monopoliser et piller les ressources économiques. La Chine, sur
le plan politique, s’en tient toujours à la politique de
non-ingérence dans les affaires intérieures et souligne,
dans le domaine économique, à la coopération d’entraide
mutuelle et au « gagnant-gagnant ». De plus, le commerce et
l’investissement entre la Chine et l’Afrique se basent sur
les négociations bilatérales égales ; parfois c’est
la partie africaine qui manifeste d’abord l’intention de coopérer
avec la Chine. Donc, il n’existe évidemment pas de «
néocolonialisme » dans les échanges sino-africains.
Le « néocolonialisme » se caractérise
par les facteurs suivants.
Facteur de contrôle : la puissance la plus forte qui
contrôle le marché des matières premières est
celle de certains grands pays occidentaux. Robert Murifi, analyste des
affaires africaines du Département d’État des États-Unis,
dit qu’outre le Moyen-Orient, l’Afrique est une autre source
importante qui assure l’importation de pétrole des États-Unis.
Actuellement, 15 % du pétrole importé par les États-Unis
provient de l’Afrique, et ce chiffre arrivera à 25 % en 2015.
Comment la Chine pourrait-elle posséder une telle puissance ?
Facteur d’intervention : selon l’analyse des médias
occidentaux, le Fonds monétaire international, la Banque mondiale
et le G8 fournissent une assistance économique conditionnelle à
l’Afrique, c’est-à-dire que tout en réduisant
le remboursement des dettes occidentales, les pays d’Afrique doivent
augmenter l’exportation des matières premières, encourager
l’investissement occidental en Afrique et privatiser leurs entreprises
étatiques. Depuis l’application de la réforme imposée
par l’Occident en 1980, les dettes extérieures africaines
non seulement n’ont pas diminué mais ont même augmenté
de 500 %. Ces dernières années, des centaines de milliards
de dollars de capitaux ont coulé vers l’Occident, non pas
vers la Chine.
Facteur de polarisation : l’Afrique a été
divisée en pôles riche et pauvre, afin de faciliter l’intervention
complète du néocolonialisme. Aujourd’hui, des guerres
éclatent fréquemment en Afrique. Pendant les quinze dernières
années, le feu de la guerre a touché 32 des 53 pays d’Afrique.
Entre 1950 et 1989, certains grands pays occidentaux ont fourni 15 milliards
de dollars d’« assistance » dans les domaines militaire
et éducatif africains, préludant aux conflits d’aujourd’hui.
De 1991 à 1995, ils ont augmenté encore une fois l’assistance
militaire envers 50 pays d’Afrique, se mêlant à quelques
guerres régionales, causant des millions de morts et des millions
de réfugiés. Parmi ces guerres et fléaux, où
apparaît la Chine ?
La Chine fait le commerce normal et rationnel en Afrique aux
prix du marché. Par exemple, de la totalité du pétrole
exporté de l’Afrique, l’Europe en prend 36 %, les États-Unis
33 % et la Chine seulement 8,7 %. Si ces 8,7 % s’appellent pillage
de ressources, que dire des proportions de 36 % et de 33 % ? Depuis la
mise en exploitation il y a quatre ans, la mine de cuivre de Chambishi,
construite en coopération sino-zambienne, vend tous ses produits
à la société britannique Transamine, sans que la
moindre quantité soit transportée en Chine. Comment peut-on
dire que la Chine « pille » les ressources africaines ?
Durant les quelque quarante années passées,
la Chine a construit pour l’Afrique 19 écoles, 38 hôpitaux,
envoyé plus de 16 000 médecins à 47 pays d’Afrique
pour soigner 170 millions de personnes. On y compte aussi 760 000 sièges
dans l’ensemble des stades construits par la Chine.
La Chine ne pratique jamais la domination coloniale dans d’autres
pays. Au contraire, depuis la guerre de l’Opium en 1840, elle a
subi l’invasion des puissances impérialistes des pays occidentaux
pendant près de cent dix ans. La nation chinoise connait donc cette
souffrance ; voilà qui explique pourquoi le gouvernement chinois
soutient depuis longtemps la libération nationale africaine et
le redressement.
Le continent africain a été victime de domination
coloniale pendant cinq cents ans. Les Africains bien savent que ce qu’a
rapporté cette domination et ce qu’elle leur a pris. Si la
Chine y pratiquait véritablement le « néocolonialisme
», il n’y aurait pas de si nombreux pays d’Afrique à
désirer l’assistance et la coopération de la Chine.
L’auteur est le vice-président de la Société
générale d'ingénierie outre-mer de Chine.
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