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Les bonnes relations ne cessent de s’améliorer
Ni Yanshuo
« J’adore ma vie en Chine », dit madame
Ruth Sereti Solitei, ambassadrice du Kenya en Chine. Depuis deux ans et
demi qu’elle est en Chine, elle a visité onze provinces,
« pour raisons de travail et de tourisme », ajoute-t-elle.
Dans une entrevue exclusive accordée à CHINAFRIQUE,
elle a exprimé son point de vue sur les relations actuelles entre
le Kenya et la Chine, et leur développement.
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Madame Ruth Sereti Solitei, ambassadrice du Kenya
en Chine.
WEI YAO
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CHINAFRIQUE: Depuis le Sommet de Beijing
du Forum sur la coopération Chine-Afrique, nous voyons, à
Beijing, de nombreuses affiches prônant le tourisme au Kenya. Est-ce
une proposition de coopération plus étroite entre nos deux
pays dans le domaine du tourisme ?
Ruth Sereti Solitei: Exactement. La Chine
a accordé au Kenya le statut de « destination touristique
». Depuis, nous avons beaucoup coopéré à la
promotion du tourisme. Comme vous le savez, le tourisme est une de nos
plus importantes sources de devises étrangères. Ce revenu
aide une grande partie de la population et plusieurs autres secteurs de
notre économie. Nous sentons, nous pensons et croyons que la Chine
est une importante source de tourisme pour le Kenya.
En fait, quand notre président est venu en Chine en
2005, il a lancé le site web du tourisme au Kenya afin que les
Chinois puissent en apprendre davantage sur notre pays, dans leur langue.
Quand il est venu participer au Sommet de Beijing l’an
dernier, il a lancé une autre campagne de mercatique en faveur
du marché touristique du Kenya. C’est pourquoi vous voyez
toutes ces affiches à Beijing. Nous coopérons étroitement
avec les départements concernés du gouvernement chinois
à divers niveaux.
Récemment, un photographe chinois, Luo Hong, a tenu
une exposition à Nairobi. Il avait pris de remarquables photos.
Même pour moi qui suis kényane, ces photos étaient
étonnantes.
Nous avons adopté des mesures strictes pour protéger
les réserves naturelles du Kenya. Sinon, il n’y aurait pas
autant de merveilleux sites. Nous avons des mesures très fortes
pour protéger les animaux sauvages, et par conséquent les
gens peuvent vivre en harmonie avec eux.
Nous gardons des liens étroits avec le mouvement de
protection de l’environnement. Le Programme des Nations unies pour
l’environnement (PNUE) a ses quartiers généraux au
Kenya.
Au début de l’année, le président
de Chine, Hu Jintao, a visité huit pays d’Afrique. Nous constatons
que les relations entre la Chine et l’Afrique se resserrent. Comment
voyez-vous les relations de plus en plus étroites ?
Les relations entre la Chine et l’Afrique remontent
à quelques décennies. Dans le cas du Kenya, nous avons des
contacts depuis quelques centaines d’années. Nos relations
diplomatiques ont été normalisées il y a 43 ans.
En fait, la Chine a été le quatrième pays à
reconnaître le Kenya comme État souverain. Actuellement,
nos relations couvrent tous les domaines, surtout le développement
économique.
Nous considérons les visites du président Hu
Jintao comme une voie diplomatique de la Chine pour manifester sa profonde
amitié.
La Chine et l’Afrique sont des partenaires de développement.
Nous avons besoin de la Chine et la Chine a besoin de nous. Nous pouvons
faire des choses ensemble. Nous pouvons partager beaucoup et avons partagé
beaucoup au cours de notre histoire.
Nous pouvons avancer ensemble dans notre développement
de manière que l’Afrique ne reste pas derrière. Nous
sommes très heureux de voir le président Hu Jintao apporter
le développement économique en Afrique et faire savoir aux
Africains que la Chine est là pour aider. C’est une forme
d’amitié.
La Chine a fait beaucoup pour sortir sa population de la pauvreté.
Plusieurs peuples africains sont encore pauvres. Je pense que nous pouvons
apprendre de la Chine comment réussir notre développement
économique.
La déclaration du président Hu Jintao au Sommet
de Beijing concernant le développement de l’agriculture,
des ressources d’eau et des ressources humaines a vraiment touché
la vie des gens.
Nous voulons coopérer avec la Chine dans tous ces domaines
car si nous pouvons améliorer l’éducation chez nous
et combattre la malaria et d’autres maladies et donner une meilleure
santé à notre peuple, nous serons définitivement
engagés sur la voie du développement.
Nous savons que le Kenya est très fort dans
les épreuves d’athlétisme. Qu’attendez-vous
de la délégation du Kenya aux Jeux olympiques de Beijing
en 2008 ?
Le Kenya participe aux Olympiques depuis les années
1950. C’est vrai que nous sommes bons en athlétisme. L’an
dernier, nous avions une importante délégation au Championnat
mondial des jeunes tenu à Beijing. Nous sommes capables de performances
remarquables et nous allons continuer, particulièrement lors des
Olympiques à Beijing.
Autant les athlètes que le gouvernement investissent
beaucoup d’efforts afin d’accomplir de bonnes performances.
Une équipe importante sera envoyée en Chine. Nous sommes
très optimistes.
Quels sont vos commentaires sur les échanges
culturels et éducationnels entre nos deux pays?
Nous
avons des accords à longs terme qui ont été renouvelés
durant la visite du président Hu Jintao au Kenya l’an dernier.
Dans le domaine de l’éducation, le nombre de
bourses accordées par le gouvernement chinois aux étudiants
du Kenya a plus que doublé. C’est un geste très positif.
De nombreux étudiants kenyans ne peuvent assumer les frais d’études
; nous sommes donc très heureux que le gouvernement chinois permette
à autant de jeunes de chez nous d’étudier en Chine.
Une autre chose significative est l’établissement
d’un Institut Confucius à Nairobi. L’an dernier, le
président Hu Jintao a visité cet institut où non
seulement les étudiants kenyans peuvent apprendre la langue et
la culture chinoises, mais aussi établir des liens d’amitié
avec des Chinois. C’est très avantageux pour le Kenya, et
nous espérons voir de plus en plus de Kenyans étudier dans
cet institut.
Le chinois est largement parlé dans le monde et les
Kenyans ne veulent pas rester derrière. Je continue d’encourager
les étudiants qui ont un haut niveau d’instruction à
poursuivre leurs études en Chine. L’éducation en Chine
est beaucoup plus abordable. Ils ont beaucoup à apprendre en Chine.
Que voudriez-vous dire aux étudiants Kenyans
en Chine?
Je voudrais les encourager à étudier sérieusement
afin de compléter leurs cours. C’est une chance qu’ils
ont de pouvoir étudier ici.
Venir en Chine n’est pas seulement pour apprendre dans
les livres. Ils doivent sortir du campus. L’histoire de la Chine
est riche ; c’est une société ancienne totalement
développée. Avec son énorme population, le pays progresse
dans une direction définie vers le développement avancé.
Il y a beaucoup de choses que les étudiants peuvent apprendre,
comme l’agriculture, la langue et le tourisme, et j’encourage
les étudiants à absorber autant que possible pendant qu’ils
sont en Chine.
Bien sûr, ils peuvent se faire des amis parmi les Chinois
et c’est ce que je souhaite.
Actuellement, plusieurs pays d’Afrique suivent
le principe de « regarder vers l’Orient ». Comment définissez-vous
ce principe?
Nous parlons de « regarder vers l’Orient »
quand nous parlons de redéfinir notre diplomatie. Les pays de l’Est
qui ont une histoire similaire sont de bons exemples de ce que nous devrions
chercher à devenir. Après la Conférence de Bandung
en 1955 s’est tenue une série d’activités comme
le Forum sur la coopération Chine-Afrique, qui a fourni beaucoup
d’occasions de coopération mutuelle comme la coopération
économique et commerciale entre le Kenya et la Chine.
Donc, « regarder vers l’Orient », c’est
regarder la Chine et voir en quoi nous pouvons être partenaires.
Dans la situation actuelle, nous avons besoin l’un de l’autre.
Nous avons besoin de coopérer ; c’est très important.
Nous croyons fermement au principe de « regarder vers l’Orient
» parce que c’est exactement ce que nous appliquons maintenant.
Je pense que nous avons dépassé la phase d’être
seulement pauvres. Nous pouvons discuter ouvertement de la façon
de tirer profit de l’Est, dont l’expérience est très
importante.
Nous sommes heureux de voir que les femmes deviennent
actives dans le domaine politique de plusieurs pays d’Afrique. Vous-même,
en tant qu’ambassadrice, comment voyez-vous ce phénomène
?
Je ne suis pas une politicienne. Mais je pense que cela démontre
l’esprit des pays d’Afrique.
Je crois que les pays d’Afrique font preuve d’égalité
et d’équité en donnant aux femmes l’occasion
de faire valoir leur meilleur. Les femmes deviennent plus fortes en politique,
diplomatie et d’autres domaines, et peuvent participer à
plusieurs activités sur un pied d’égalité.
Je pense que c’est une bonne chose que le gouvernement kenyan ait
établi la règle qu’au moins 30 % des postes publics
doivent être occupés par des femmes. Les femmes apportent
une contribution appréciable à notre société,
dans plusieurs domaines comme la médecine, l’éducation
et la politique. Au Kenya, on peut voir du plus bas au plus haut niveau
social des organisations de femmes et, les femmes regroupées ont
accompli plusieurs programmes grâce à l’appui du gouvernement
à tous les niveaux.
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