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Le siheyuan crée une atmosphère de repos et
d’harmonie
Un siheyuan (maison à cour carrée) est un espace
emmuré, un jardin entouré de bâtiments, un enclos
rectangulaire. Le mot siheyuan signifie jardin entouré de quatre
bâtiments. Au fil de l’histoire chinoise, le siheyuan a été
le modèle des résidences, des palais, des temples et des
monastères. Il y avait des siheyuan toutes simples et d’autres
plus élaborées.
Le siheyuan était un espace extérieur protégé
du bruit et de la poussière de la rue, protégé également
des intrus et malotrus ; il fournit une intimité complète.
Par nature, les Chinois ont toujours gardé les questions familiales
au sein de la famille, fait des affaires avec des amis fiables et adopté
un mode de vie intimiste. Le gris et les extérieurs peu décorés
disaient peu de la beauté intérieure et de la vie qui se
déroulait au sein du siheyuan
En 1300 av. notre ère, Beijing fut conçue comme
une ville emmurée, avec un arrangement en forme de damier, respectant
la tradition chinoise de vénération du ciel et de la terre.
Le pôle Nord était le centre du monde et de là, l’empereur
faisait face au sud en tout temps. La Cité interdite a été
construite de manière à ce que toutes les résidences
et les salles de l’empereur soient face au sud. Dans les siheyuan
des gens du commun, les bâtiments étaient donc disposés
de la même manière.
Avant d’entrer dans un siheyuan, on aperçoit
le mur écran. Ce mur était autrefois le garant de l’intimité
lorsque la grande porte de l’entrée principale était
ouverte pour accueillir les visiteurs. Pour pénétrer dans
le siheyuan, on devait contourner le mur par la gauche. Le siheyuan était
le petit monde de la famille. La plupart du temps, il y avait au moins
trois arbres, dont un à feuilles persistantes, et un arbre à
fleurs, et si l’on avait de la chance, un qui produirait des fruits
comestibles. Le siheyuan contenait également de belles pierres
et de l’eau. Il y avait des fleurs, et très souvent une grande
vasque dans laquelle des poissons rouges aux yeux globuleux nageaient
paresseusement. Des oiseaux dans une cage en bambou suspendue dans un
endroit ombragé complétaient la scène.
Règle générale, le bâtiment faisant
face au sud était la résidence des maitres parce qu’il
avait la meilleure localisation et était le plus chaud en hiver
au moment où le soleil se trouvait à son plus bas; il offrait
aussi le plus de fraîcheur en été, alors que les salles
étaient ombragées par les avant-toits qui les surplombaient.
Cette pièce de choix était donc utilisée par le maitre
de la maison ou par les plus vieux. Les bâtiments à l’est
ou à l’ouest du siheyuan, appelés bâtiments
latéraux, étaient réservés aux fils ou filles
selon l’ordre familial confucéen. Le bâtiment sud,
qui faisait face au nord, était réservé aux serviteurs
et aux enfants. On y trouvait aussi la cuisine et les cabinets. On se
servait également de cet endroit pour mener des affaires avec l’extérieur,
conservant ainsi l’intimité des autres bâtiments.
Les familles riches ne se contentaient pas d’un siheyuan
simple ; elles en ajoutaient un deuxième et un troisième
le long de l’axe sud-nord, formant des complexes de siheyuan. Au
fur et à mesure de l’élargissement de la famille,
on construisait de chaque côté de l’axe principal.
Encore une fois, les plus vieux occuperaient le siheyuan le plus au nord.
En entrant par la porte principale, le visiteur tournait ensuite vers
l’ouest, dans le premier siheyuan, où un serviteur demandait
au visiteur de s’asseoir, alors qu’un autre annonçait
son arrivée. Les membres de la famille se préparaient alors
à recevoir le visiteur dans l’endroit convenable et selon
les règles de l’art. Chaque siheyuan était séparé
du suivant par une porte, flanquée d’une paire de lions en
pierre. Dans certains complexes de siheyuan, on devait accéder
aux siheyuan intérieurs en franchissant deux ou trois marches,
et tous étaient organisés en fonction d’une exposition
maximale au soleil et de l’éthique confucéenne. La
grandeur et la décoration du siheyuan dépendaient de la
richesse, du statut et du nombre de membres de la famille.
Si la famille possédait des animaux, elle ajoutait
alors un espace pour une étable. En Chine du Nord, cet espace était
habituellement situé dans la partie est du siheyuan principal,
ce qui en formait un autre au sein du complexe. Les très grandes
résidences qui comprenaient de nombreux siheyuan étaient
finalement entièrement emmurées. À l’intérieur
des murs, on pouvait trouver le jardin de la famille, des pâturages,
parfois même un lac, et des siheyuan à l’intérieur
d’autres siheyuan.
Grands ou petits, les siheyuan assuraient un environnement
sûr et tranquille pour toute la famille.
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