Sourire des mères pauvres

Le « Programme Bonheur » est un pont construit par l’amour et la diligence. À un bout du pont se trouve le don désintéressé, à l’autre le sourire des mères sorties de la pauvreté.

Wang Zhe

Sans aucune assistance, Huang vivait dans la tristesse. ZHENG YUE

Huang Jimei est une fermière du village de Luopo au Sichuan, dans le sud-ouest de la Chine. En 1996, Huang, alors âgée de 24 ans, vivait péniblement dans son village éloigné. Son mari lui avait laissé un enfant, une maison démunie de tout et un lopin de terre ; il était allé travailler comme mineur dans la province du Shanxi, à mille kilomètres. La famille n’avait pas de quoi acheter un paquet d’allumettes. Un tas de pommes de terre durerait moins de quatre mois. Sans aucune assistance, Huang vivait dans la tristesse. Par hasard, un journaliste a photographié Huang qui pleurait. La photo a été publiée par plusieurs médias chinois et est ensuite devenue un symbole du Programme Bonheur.

En 1995, la Fondation chinoise pour le bien-être de la population a mis en œuvre le Programme Bonheur destiné à aider les mères pauvres, collectant des fonds pour soutenir leur participation au développement économique et social et élever leur niveau de santé et d'instruction.

La pauvreté est toujours une réalité en Chine malgré le développement économique en cours. Certains médias étrangers ont exagéré le développement rapide de la Chine. Comme dans d’autres pays en développement, y compris des pays d’Afrique, il y a un grand nombre de femmes pauvres en Chine. Elles supportent une lourde pression, sans revenus, en mauvaise santé et peu instruites.

Parce que la mère a une responsabilité spéciale envers la famille et les enfants, dans les régions pauvres, les conditions de vie des mères pauvres constituent un facteur qui conditionne le développement harmonieux entre la population, l’économie et la société.

Lier au bonheur

Huang Jimei mène une vie aisée actuellement. ZHENG YUE

Lorsque Huang Jimei était en situation très difficile, le Programme Bonheur lui a apporté de l’aide. À la fin de 1997, Huang a reçu 2 000 yuans (environ 250 dollars US) d’assistance et commencé l’élevage de chèvres et de cochons. Deux ans plus tard, l’élevage a rapporté 5 600 yuans de profit, et le revenu annuel par personne de la famille s’est élevé à 1 460 yuans, contre 240 yuans auparavant. À la fin de 1999, Huang a remboursé l’emprunt ponctuellement. Elle a ensuite fait construire une maison, a appris à lire et à écrire, et mène une vie aisée actuellement.

De 1995 à 2006, le Programme Bonheur a établi 316 centres d’assistance dans 29 provinces, régions autonomes et ville du pays, donnant l’assistance à 170 000 femmes qui se sont ensuite débarrassées de la pauvreté comme Huang Jimei, et plus de 700 000 personnes en tirent profit.

Gu Cailian avant avoir obtenir l'assistance.
ZHENG YUE

Gu Cailian, une fermière du Yunnan, dans le sud de la Chine, est un autre exemple. En 2001, Gu, âgée de 26 ans, avait deux enfants. Dans sa chaumière miteuse, il n’y avait pas d’électricité, ni aucun meuble. Pas d’argent non plus pour les frais scolaires de la fille ainée qui, à six ans, était obligée de travailler avec les adultes. La vie de la famille était pénible.

Heureusement, le Programme Bonheur a découvert Gu Cailian et certaines autres femmes pauvres de la région. Lors d’une cérémonie solennelle, des prêts ont été alloués. Gu a signé une promesse de remboursement selon un délai précis. Elle est retournée émue à la maison. Toute la famille l’attendait et la considérait comme une héroïne.

Avec l’assistance du Programme Bonheur, Gu s’est mise à l’élevage. En deux ans, elle a réussi à sortir de la pauvreté et à rembourser l’emprunt. En 2005, une nouvelle maison en briques a été construite, Gu a également acheté des meubles, une machine à coudre et un vélo. Aujourd’hui, Gu, en bonne santé, a toujours un sourire éclatant. Son espoir est d’envoyer ses enfants étudier en ville.

Sollicitude

L’application du Programme Bonheur nécessite de l’effort. Au début, on avait besoin d’un chef du comité d’organisation qui jouît d’une grande vertu et d’un grand prestige et pû se dévouer à l’intérêt public.

Aujourd’hui, Gu Cailian, en bonne santé, a toujours un sourire éclatant.

Wang Guangmei, âgée de 74 ans, veuve de l’ancien président de Chine Liu Shaoqi, et première Chinoise à détenir une maîtrise en physique atomique, occupa ce poste. Elle a renoncé aux autres activités sociales pour se consacrer corps et âme à l’assistance aux mères pauvres. Au nom des mères, elle a fait appel à toute la société : « Agissons ensemble, faisons des efforts, offrons notre sollicitude! »

En 1996, le Programme Bonheur a rencontré une grande difficulté à cause de la pénurie de fonds. Wang Guangmei a offert des objets précieux de sa famille à vendre aux enchères. Les acheteurs se sont empressés de les acquérir. Le prix de départ était 216 000 yuans, mais on a vendu pour 560 000 yuans. Wang Guangmei a donné la somme entière au Programme Bonheur.

Après la vente, un journaliste a demandé à Wang si elle abandonnait de bon gré ces objets que sa mère lui avait laissés. Wang a répondu : « J’aime beaucoup ces objets précieux, mais quand je sais qu’il y a un grand nombre de mères pauvres en difficulté et nécessitant assistance, je veux bien les donner. »

Wang Guangmei. ZHENG YUE

Wang était véritablement une volontaire du Programme Bonheur. Elle n’a jamais touché aucune récompense ; au contraire, elle a donné beaucoup.

Wang Guangmei est décédée en 2006 à l’âge de 85 ans.

Aujourd’hui, de plus en plus de gens connaissent le Programme Bonheur et y participent.

En janvier 2007, une grande activité de charité s’est tenue à l’hôtel Kerry, à Beijing. Une mère de la province du Heilongjiang, dans le nord de la Chine, libérée de la pauvreté, a raconté son histoire d’enrichissement, montrant le résultat du Programme Bonheur. Deux femmes du Guizhou, au sud-ouest, ont raconté leur vie difficile.

Des personnalités de divers milieux sociaux ont témoigné leur sollicitude. Shan Dawei, rédacteur en chef du journal Zhongguo Fangdichan (Propriété immobilière de Chine), a payé 200 000 yuans pour une inscription de Wang Guangmei. Zheng Yuanjie, célèbre auteur de contes pour enfants, a offert le premier numéro de la revue Tonghua Dawang (Contes pour enfants) qu’il gardait depuis 22 ans. Ma Yanli, célèbre mannequine chinoise, a offert une pièce de jade précieuse. Dong Lu, animateur de programmes sportifs de CCTV, a donné un t-shirt portant la signature de David Beckham, joueur de football britannique.

On a collecté 2 millions de yuans pour aider les mères pauvres du district de Jinsha, au Guizhou.

Mode d’assistance

Wang Guangmei chez une mère pauvre, au Shaanxi, dans l'ouest de la Chine.
ZHENG YUE

Selon Ge Zhenjiang, un responsable du Programme Bonheur, les mères pauvres doivent posséder trois conditions pour bénéficier d’assistance : avoir un vif espoir de sortir de la pauvreté, une certaine compétence et de la crédibilité.

Avec les fonds collectés, on a établi des projets de plantation, d’élevage et de traitement dans des districts, fournissant aux mères pauvres des prêts de 1 000 à 3 000 yuans. Le délai de remboursement varie de un à deux ans. L’argent remboursé est réutilisé pour aider d’autres femmes pauvres.

Depuis douze ans, presque toutes les bénéficiaires du Programme Bonheur ont remboursé leur emprunt à temps. On a quand même préparé des fonds contre les risques comme calamités naturelles et accidents. Dans ces cas, on pourrait allonger le délai, réduire le remboursement ou même l’annuler.

Liu Ting (au centre), fille de Wang Guangmei, et Ma Yanli, lors d'une grande activité de charité.
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Comme projet d’intérêt public, le Programme Bonheur s’améliore sans cesse. En 2005, on a avancé un nouveau mode d’assistance, soit réunir des femmes pauvres de sorte qu’elles puissent réaliser ensemble des projets. En Mongolie intérieure, au nord de la Chine, le Programme Bonheur a avancé un projet d’élevage de canards. Une dizaine de femmes pauvres y ont participé. En collaboration avec le gouvernement local, on a assigné une terre pour la construction des poulaillers. En même temps, le Programme Bonheur les a aidées à exploiter le marché de vente.

En 2006, le Programme Bonheur a ouvert un site. On peut facilement se renseigner sur la situation des mères pauvres et le progrès de l’assistance. Actuellement, presque toutes les mères pauvres connues sur le site ont reçu de l’aide.


 
24 Baiwanzhuang, 100037 Beijing République populaire de Chine.