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De l’air frais pour l’Afrique
Les climatiseurs chinois Shinco apportent un vrai bol d’air
frais au Nigeria, grâce à un service après-vente efficace.
Par Ni Yanshuo
La volonté affichée, lors du dernier Sommet
de Beijing du Forum sur la coopération Chine-Afrique (FOCAC), d’établir
un nouveau type de partenariat stratégique entre les deux parties
a décidément suscité des vocations. Les constructeurs
d’appareils électroménagers Shinco, Haier ou Hisense
ont ainsi conçu de nouveaux plans de développement en Afrique,
passant de la simple exportation de produits finis à l’établissement
d’usines de production directement sur le continent.
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Shinco lors d'une foire à Lagos. XINHUA
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Et c’est un véritable filon que le Jiangsu
Shinco Electronics Group a découvert en s’installant
le premier en Afrique. Dès cette année, les climatiseurs
Shinco fabriqués au Nigeria intègreront ainsi les bureaux
du gouvernement et des entreprises publiques, conformément à
un accord d’approvisionnement signé avec la marque. Dans
un rapport publié après l’ouverture d’une usine
de climatiseurs à Calabar, en janvier 2006, Shinco Nigeria affirme
ainsi avoir vendu, dans ce seul pays, plus de 55 000 unités sur
les huit premiers mois, se taillant une part de marché parmi les
trois plus importantes. À ce jour, Shinco a étendu son réseau
de vente à cinq villes, dont Abuja et Lagos, pour écouler
climatiseurs, lecteurs de DVD et téléviseurs.
« Le marché africain de l’électroménager
présente un potentiel intéressant à notre portée,
du fait d’une concurrence moins rude », s’enthousiasme
Xu Yiqiang, responsable de la marque Jiangsu Shinco Air Conditionner.
La demande de climatiseurs est actuellement, au Nigeria, de 1,2 million,
et elle soutient une croissance de plus de 15 % par an. De plus, le 1er
août 2006, le gouvernement nigérian a officiellement interdit
l’importation de climatiseurs intégralement montés,
afin de stimuler la production sur le sol national. « Cela signifie
qu’il y a désormais de sérieuses barrières
à l’entrée, poursuit Xu. C’est une opportunité
sans précédent pour nous ! »
Un décollage rapide
« Si c’est la loi de la concurrence qui nous a
amenés en Europe et aux États-Unis, en revanche c’est
bien sur invitation que nous avons pénétré en Afrique
», raconte encore Xu.
Lorsqu’en avril 2005, le président nigérian
Olusegun Obasanjo se rend à Beijing en visite d’État,
il montre un intérêt prononcé pour l’établissement,
au Nigeria, d’une usine chinoise de climatiseurs. Peu de temps après,
le ministre du Commerce Alhaji Adamu Idris Waziri est lui aussi venu en
Chine, pour négocier cette fois dans le détail les modalités
de coopération. Celles-ci stipulent notamment que Shinco prendrait
en charge l’exportation de la marque, le support technologique et
la fourniture des principaux composants ; tandis que la Jiangsu Skyrun
Corporation serait responsable des opérations sur le terrain
et de la gestion de l’usine. Dès le mois d’août,
un accord d’investissement est signé pour plus de 40 millions
de dollars, dont les marchés cibles sont le Nigeria mais également
d’autres pays d’Afrique de l’Ouest. L’achat des
équipements et la formation du futur personnel débutent
rapidement. En décembre 2005, Shinco envoie une équipe de
14 cadres, sous l’autorité d’un directeur technique
et d’un directeur de production ; dans le même temps, un premier
lot de 15 000 pièces détachées arrive au Nigeria.
« En tout, résume Xu, il nous a fallu moins d’un
an pour achever l’ensemble du processus, de la prise de décision
aux premières ventes. Ça a fait une très grosse impression
sur le gouvernement nigérian. » Les climatiseurs vendus au
Nigeria seraient par ailleurs de conception supérieure, capable
de résister à une fourniture d’électricité
défectueuse. « C’est le ministre Waziri lui-même
qui nous l’a suggéré, se souvient Xu. Il s’est
d’ailleurs procuré une dizaine de modèles pour ses
amis et pour ses proches. »
Créer son marché
Mais les premiers mois ne furent pas pour autant de tout repos.
En raison d’un pénurie chronique des industries de l’offre,
Shinco a dû importer de Chine la totalité de ses équipements
- et jusqu’aux vis ! Le Nigeria souffrait aussi de l’absence
d’un vrai réseau de distribution de l’électroménager,
qui se reposait essentiellement sur les centres commerciaux.
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L'usine de Shinco au Nigeria. XINHUA
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Shinco a donc dû jouer le rôle du pionnier. Récemment,
la marque a participé à plusieurs foires commerciales majeures,
à Lagos et dans d’autres villes importantes du pays, contribuant
à réduire l’écart entre vendeurs et acheteurs.
Car en effet, lors des salons, Shinco a choisi de montrer ses produits
sur des tons bien particuliers, mettant à disposition des visiteurs
des petites pièces d’essayage… des climatiseurs. À
l’issue de la foire de Lagos, elle a reçu des commandes de
dix négociants, et noué des contacts avec des détaillants
dans d’autres villes. « En participant aux salons, nous mettons
en avant notre marque, mais nous vendons aussi nos produits », explique
Xu. D’ailleurs, d’après le représentant de Shinco
au Nigeria, Tan Xueping, les ventes à Calabar se sont rapidement
accrues après la foire de Lagos, pour atteindre les 320 unités
par semaine ; la croissance dépasse également 20 % dans
d’autres villes. Le directeur général de Shinco, quant
à lui, avance prudemment une estimation de 150 000 unités
pour l’année 2007.
Xu continue : « La principale explication du succès
de Shinco est notre service après-vente ; la plupart des grands
fabricants de climatiseurs implantés au Nigeria ne fournissent
pas de service de ce nom. » Avant même l’ouverture de
l’usine de Calabar, Shinco avait commencé sa publicité
; aujourd’hui encore, radio, journaux et télévision
promeuvent amplement la marque. Puis Shinco a lancé ses programmes
d’après-vente, élaborés par des ingénieurs
chinois mais majoritairement implémentés par des locaux,
« de façon à garantir la qualité du service
», note Xu.
La stratégie marketing du fabricant chinois est par
ailleurs aux antipodes de ses concurrents sur le marché électroménager
nigérian. La plupart d’entre eux se contentant de vendre
leurs produits, sans chercher à produire sur place, le Nigeria
manque gravement d’expertise technique. Shinco a donc décidé
de former intensément ses employés locaux. « La qualité
de notre service est ainsi notre meilleure arme en Afrique, reconnaît
Tan. Nous devrons poursuivre nos efforts dans cette voie. » Il compte
aussi multiplier les études et visites sur les autres villes et
centres commerciaux du pays, afin de renforcer encore son réseau
de distribution.
« Le Nigeria est notre base de décollage pour
le marché africain, martèle Xu. C’est aussi le cœur
économique de l’Afrique de l’Ouest. Il constitue à
ce titre une plateforme pour le développement de Shinco vers les
autres pays du continent. » Il est d’ailleurs relativement
plus développé que ses voisins et abrite de nombreuses zones
de développement industriel. La politique fiscale appliquée
aux investisseurs étrangers y est en outre assez favorable. «
Le marché africain, représenté par le Nigeria, n’est
peut-être pas aussi large que l’européen ou l’américain,
conclut Xu, mais il représente, indéniablement, une occasion
à saisir. »
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