Le commerce s’ouvre

Song Zhiyong

Ces dernières années, les relations économiques et commerciales entre la Chine et l’Afrique ont connu un rapide développement. Les relations entre la Chine, plus grand partenaire commercial de l’Afrique, et l’Afrique du Sud, plus puissante économie du continent africain, sont un élément de ce développement qui attire tous les regards.

Depuis 1993, l’Afrique du Sud est le plus important partenaire commercial africain de la Chine. Après l’établissement des relations diplomatiques le 1er janvier 1998, la coopération économique et commerciale a atteint 2,05 milliards de dollars en 2000 et 7,27 milliards en 2005. L’an dernier, la valeur commerciale totale entre la Chine de l’Afrique du Sud a grimpé à 9,84 milliards de dollars, plus de quatre fois le montant de 2000.

À la fin de 2005, la Chine avait fait des investissements directs en Afrique du Sud de 250 millions de dollars, surtout dans la production minière, l’énergie, la fabrication et la transformation. Par exemple, le groupe China First Automotive Works a établi une usine en Afrique du Sud de même que le géant chinois des électroménagers, le groupe Hisense, dont les téléviseurs bon marché sont très populaires en Afrique. L’investissement chinois a favorisé l’emploi local. À la fin de 2005, l’Afrique du Sud bénéficiait d’un volume d’investissement de 810 millions de dollars dont 350 millions effectivement versés, principalement dans les secteurs de la brasserie, des ports, de la métallurgie, des produits chimiques et de la protection de l’environnement. Les deux parties ont signé un accord pour éviter la double imposition. En juin 2004, le gouvernement d’Afrique du Sud a reconnu à la Chine le statut d’économie de marché et lancé les négociations avec elle sur une zone de libre-échange au nom de l’Union douanière d’Afrique du Sud.

L’exportation textile chinoise vers l’Afrique du Sud continue d’augmenter, mais avec plus d’équilibre. En juin 2006, les deux gouvernements ont signé un accord de quota sur l’exportation chinoise des textiles et vêtements vers l’Afrique du Sud. C’est une bonne nouvelle pour l’industrie sud-africaine du textile qui est en phase d’ajustement structurel. Le gouvernement chinois espère que cet accord aidera à protéger l’emploi local et à maintenir l’équilibre de la structure d’exportation avec l’Afrique du Sud.

Toutefois, les défis existent dans les liens commerciaux bilatéraux; si l’on ne s’en occupe pas, ils pourraient nuire à la prochaine étape.

Premièrement, la qualité de certains produits chinois devrait être améliorée.

Deuxièmement, le modèle de paiement inflexible crée la confusion et nuit au développement du commerce bilatéral. Par exemple, plusieurs commerçants sud-africains hésitent à utiliser la lettre de crédit, préférant payer sur livraison, ce qui entraine de hauts risques pour les compagnies chinoises. Les disputes au sujet de comptes très élevés sont fréquentes.

Troisièmement, l’Afrique du Sud entre autres pays d’Afrique a lancé le plus de procès antidumping contre la Chine, soit, à la fin de 2005, 36 cas comme le verre plat et les produits d’acier inoxydable, imposant de haut tarifs antidumping sur ces produits chinois et beaucoup d’autres et causant le retrait de ces produits du marché africain.

Quatrièmement, le surplus commercial de la Chine en Afrique du Sud a attiré l’attention du gouvernement du pays déficitaire. Selon les statistiques de l’Administration générale de la douane de Chine, la Chine a connu un surplus de 2001 à 2006, totalisant 1,68 milliard de dollars en 2006. Mais les statistiques sud-africaines montrent un déficit avec la Chine de 4,78 milliards de dollars, faisant de la Chine sa plus grande source de déficit. Malgré une énorme différence de chiffres, le surplus commercial de la Chine en Afrique du Sud a augmenté chaque année, menant à une structure commerciale inéquitable. La Chine exporte surtout des produits manufacturés et l’Afrique du Sud, des produits métalliques. Par conséquent, il est urgent pour l’Afrique du Sud de restructurer son modèle commercial avec la Chine et les deux pays devraient explorer de nouvelles avenues de coopération.

L’Afrique du Sud est le pays d’Afrique le plus développé; la banque, l’assurance, la fabrication automobile et l’industrie minière sont relativement fortes. La coopération est possible dans ces domaines. Les occasions sans cesse accrues que la Chine offre aux entreprises d’Afrique du Sud invitent à explorer de ce marché. De plus, appuyée sur un développement économique stable et la concurrence du libre-échange, l’Afrique du Sud a un marché potentiel énorme. L’espace de développement est là, pour les deux parties.

L’auteur est un chercheur associé du Département d’études de commerce international et de coopération économique relevant du ministère du Commerce de Chine.


 
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