Se lancer en affaires

Les entreprises sud-africaines font pencher la balance commerciale avec la Chine.

Michael Jones

La Chine et l’Afrique du Sud ont connu des relations bilatérales harmonieuses depuis l’établissement de liens diplomatiques en 1998. Les relations formalisées sont un facteur de la croissance considérable du commerce entre ces deux leaders régionaux. En 2005, la Chine a exporté des marchandises d’une valeur de 4,4 milliards de dollars (surtout de l’équipement électronique et des textiles) vers l’Afrique du Sud et importé pour 1,3 milliard de dollars (principalement des matières premières) selon les données du Service du revenu d’Afrique du Sud. Les statistiques officielles du Bureau des statistiques de Chine offrent une image plus rose toutefois, avec 3,8 milliards de dollars d’exportation de la Chine vers l’Afrique du Sud - la plus grande économie du continent africain - et une importation de 3,4 milliards de dollars.

L’investissement entre les deux pays a aussi été robuste quoique les Sud-Africains aient investi plus activement en Chine que la Chine chez eux. L’investissement chinois sur le continent africain en général est surtout dirigé vers les matières premières, mais il en va autrement en Afrique du Sud. Hisense, par exemple, le géant de l’électronique, est entré en 1996 dans une coentreprise d’assemblage de téléviseurs. Shanghai Guangdian (SVA) a suivi avec un arrangement similaire pour des téléviseurs en noir et blanc, tandis que de petits joueurs ont pénétré le marché de la fabrication électronique. En 1997, Sinosteel (China Iron&Steel Corporation) a déboursé 74 millions de dollars pour acheter 60 % des actions de ferrochrome dans la province de Limpopo, au nord, tandis qu’en 2002, JISCO (Jinchuan Iron&Steel Corporation) a versé 34 millions pour acquérir une part d’un autre développement de ferrochrome au nord du pays. Plus près de nous, en 2004, le géant industriel chinois CITIC était à la tête du consortium qui a bâti l’usine de cokéfaction de l’aciérie Mittal dans la province de KwaZulu Natal. Actuellement, le plus grand vote de confiance chinois dans l’économie sud-africaine accordé hors du pays fut quand le président de CITIC, Larry Yung Chi-kin, a payé 800 millions de dollars 1,5 % des actions de Anglo American coté à Londres, un joueur international qui tire environ le tiers de ses revenus des mines d’Afrique du Sud.

Du côté sud-africain, la fin des années 1990 a connu une rafale d’activité chinoise en Afrique du Sud ou le nouveau gouvernement démocratique a rendu possible pour les entreprises sud-africaines de se lancer outre-mer. Les premières années de contact entre les deux pays étaient dominées par des entreprises de premier ordre, et les Brasseries sud-africaines (maintenant SABMiller) sur les traces, en 1994, de Iscor (aujourd’hui Exxaro) qui avait vendu du minerai de fer à la Chine en 1989. Jusqu’à aujourd’hui, les entreprises sud-africaines nommées ci-après auraient investi au moins 500 millions de dollars en Chine.

Chimie et pétrole

Sasol

Sasol a commence à planifier avec Shenhua Group Co., Ltd. et Shenhua Ningxia Coal Ltd., deux projets de liquéfaction en 2004. Les études préliminaires se sont achevées à la fin de 2005 et on a établi un bureau de représentation à Beijing en 2006. Les deux projets de Sasol, un à Yulin dans la province du Shaanxi, au nord-ouest, et l’autre dans la région autonome hui du Ningxia, sont destinés à produire 80 000 barils de gaz liquide par jour et représentent le plus gros investissement de la compagnie hors de l’Afrique du Sud. Chacun coute 5 à 6 milliards de dollars et ils devraient entrer en service vers 2013.

Construction

Landpac, compagnie de développement de la technologie de construction routière

Landpac, à la technologie d’avant-garde brevetée, est implantée en Chine depuis plusieurs années. Ses travaux comprennent la compression de routes, la restauration de routes, la construction d’aéroports et de digues. Son bureau de représentation est installé à Beijing mais ses projets s’étendent à la majorité des provinces et régions autonomes de la Chine.

LRPS China Ltd.

LRPS est un groupe sud-africain de tête qui a investi dans la construction d’un projet immobilier à Yinchuan, capitale de la région autonome hui du Ningxia. Le projet de plusieurs milliards de yuans est le plus grand et le plus couteux du genre au Ningxia et comprend des appartements et villas de luxe.

FMCG

SABMiller

SABMiller par sa coentreprise avec China Resource Enterprise possède China Resource Snow Breweries Ltd., qui s’est substitué à Qingdao Beer en ce qui concerne le volume et les revenus et est le plus grand vendeur de bière nationale en Chine avec 15 % du marché. China Resources Snow Breweries Ltd. a été fondé en 1993. Les brasseries de SABMiller couvrent douze provinces chinoises. SABMiller est un des plus grands brasseurs du monde avec des intérêts ou accords de distribution dans plus de 60 pays de cinq continents. Après les États-Unis, SABMiller est aussi un des plus grands embouteilleurs de produits de Coca-Cola au monde, et est coté aux Bourses de Londres et de Johannesburg.

Médias

MIH

MIH est la plus grande compagnie de médias d’Afrique avec des intérêts dans les médias électroniques (télévision payante et internet) et les médias imprimés (journaux, magazines, impression, livres et enseignement). MIH a commencé à collaborer avec la Chine en 1997 quand un accord fut signé pour retransmettre CCTV-4 en Afrique et en Europe. En 1998, MIH a établi un bureau de représentation à Beijing. La même année, MIH a remporté le contrat du projet « de village à village », portant la télévision et la radio aux régions éloignées de la Chine par satellite. Par son bureau de Beijing, MIH utilise la technologie Irdeto dont la propriété intellectuelle lui appartient. Irdeto est essentiel à la télévision par câble et pour les industries IPTV et de télévision mobile afin de protéger leur précieux contenu du vol et d’assurer que les clients paient les chaines qu’ils reçoivent. Sur la base de sa longue expérience de diffusion d’émissions de sport, MIH est aussi un conseilleur technique de la CCTV dans la préparation des Jeux olympiques de 2008.

Mines

Anglo American plc

Les premiers contacts d’affaires entre Anglo American et la Chine ont eu lieu dans les années 1950 quand la compagnie De Beers à Hongkong et la Grande-Bretagne ont soumis des diamants industriels à la clientèle chinoise. Anglo American plc a ouvert un bureau de représentation à Beijing en 2002, et a connu une extraordinaire croissance de ses ventes en Chine qui ont dépassé 2 milliards de dollars en 2005. La compagnie a aussi créé un milieu favorable dans lequel ses nombreux secteurs peuvent aisément pénétrer le marché chinois. Ces entrées ont mené à l’exploration de possibilités de coentreprises avec des partenaires chinois et à l’injection de hautes compétences minières dans la réforme de l’industrie.

Anglo Diamond - De Beers

Appartenant partiellement à Anglo American, le groupe De Beers a été l’un des premiers à s’établir en Chine où il est présent depuis les années 1980. Aussi, c’est grâce à l’excellente mercatique de De Beers que les mots « diamant » et « Afrique du Sud » sont devenus synonymes pour les Chinois, depuis que la compagnie a lancé une pub à l’essai en 1987 en Chine pour promouvoir les bijoux en diamant. En plus de vendre des diamants en Chine par Beijing et Shanghai, De Beers a procédé à la prospection en Chine de 1986 à 1992 dans les provinces du Liaoning et du Shandong en coopération avec le Bureau de géologie et des ressources minérales. De Beers a établi un bureau de représentation à Beijing en 1997.

AngloGold Ashanti

AngloGold Ashanti est impliqué en Chine depuis le lancement d’une initiative conjointe avec le Conseil mondial de l’or dans le but de pousser le marché de l’or chinois en 1999. AngloGold a établi un bureau de représentation à Beijing en 2004 puis en février 2006, et signé un accord pour acquérir 8,7 % des actions de Dynasty Gold Corporation, une compagnie d’exploration qui a des projets en Chine.

Anglo Platinum

En 2004, Anglo Platinum a signé un accord exploratoire de coentreprise pour le projet Danba au Sichuan. En 2005, Anglo Platinum a établi un bureau de représentation à Beijing, et la même année, a reçu l’approbation du ministère du Commerce de Chine pour le projet Danba platinum au Sichuan.

Anglo Coal

En 2003, Anglo Coal a établi un bureau de représentation à Beijing et deux ans plus tard, il a signé le contrat de coentreprise Xiwan avec Shaanxi Coal Geological Bureau.

Bateman Engineered Technologies

Bateman Engineered Technologies s’occupe d’équipement spécialisé pour minéraux, ciment, charbon, fer et acier, production d’électricité et marchés industriels. Son bureau de représentation a été établi à Beijing en 2006. L’entreprise cotée à Londres a signé des accords stratégiques de vente avec l’entreprise de machinerie lourde CITIC en 2006, d’où Bateman a obtenu l’exclusivité du marché des machines et tuyaux de CITIC en Afrique du Sud.

Exxaro

Exxaro (auparavant Kumba Resources) fut une des premières entreprises d’Afrique du Sud à travailler en Chine. En 1989, le premier convoi de minerai de fer fut expédié vers la Chine, tandis qu’en 1993, Kumba établit son bureau de représentation à Beijing. En 1994, la compagnie a investi 10 millions de dollars dans le port de Qingdao. En 2000, la division des métaux de Kumba est entrée en affaires en Chine et en 2003, la coentreprise de zinc Kumba-Hongye s’est formée à Chifeng (dans la région autonome de Mongolie intérieure). Exxaro est un important fournisseur de minerai de fer pour les entreprises chinoises, avec 4 % environ de l’importation totale de minerai de fer de la Chine.

Les entreprises de cette liste sont les plus grandes et les plus connues d’Afrique du Sud qui ont une présence permanente en Chine, mais la liste ne comprend aucune des grandes ou moyennes entreprises de fabrication ou de détail qui génèrent pourtant des millions de dollars de produits de Chine quotidiennement. Le potentiel de coopération entre la Chine et l’Afrique du Sud demeure sous-utilisé. La Chine peut s’attendre à connaitre l’expansion de ces compagnies dans son marché national, mais peut aussi s’attendre à voir surgir une nouvelle vague d’investissement de la part d’entreprises d’Afrique du Sud dans les domaines de la fabrication ou des services.

Il sera bon pour les compagnies chinoises de non seulement profiter de l’expansion des entreprises sud-africaines dans le marché national à travers la coopération et le partenariat, mais aussi, avec les entreprises sud-africaines, de pénétrer le marché d’Afrique du Sud ou d'autres pays d'Afrique.

Les économies de la Chine et de l’Afrique du Sud sont très complémentaires et le temps ne pourrait être mieux pour récolter les bénéfices de la situation présente.

Michael Jones est conseiller à THE BEIJING AXIS, une compagnie qui sert de pont commercial entre l’Afrique et la Chine.

 
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