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Accéder au marché nigérian
Une zone de libre-échange relie étroitement
la province du Jiangsu de Chine à Lagos au Nigeria, et même
à toute l’Afrique.
Ni Yanshuo
Il est difficile d’imaginer qu’une entreprise
suscite tellement d’attention même avant sa construction.
C’est cependant ce qui est arrivé à Dajian Logistics
Co. de Nanjing.
Au cours de sa première inspection dans la zone de
libre-échange (FTZ) de Lekki à Lagos au Nigeria, le président
du conseil d’administration de Dajian Logistics, Tao Zhiqiang, a
obtenu des commandes pour la somme de 600 000 dollars. Actuellement cette
compagnie possède dans cette zone un terrain de 300 mu
(200 000 m²). « Je suis optimiste quant au marché de
logistique au Nigeria. Nous projetons d’y établir une base
de logistique rayonnant vers toute l’Afrique », annonce Tao.
En fait, la FTZ de Lekki devient une base d’investissement
des entreprises chinoises, particulièrement des entreprises de
Nanjing, capitale provinciale du Jiangsu.
« Des entreprises de Nanjing manifestent un enthousiasme
sans précédent face à l’investissement au Nigeria
», dit Wu Jufeng, directeur adjoint du comité d’administration
de la Zone de développement économique et technique (ZDET)
de Jiangning de Nanjing, un des commanditaires de la FTZ de Lekki.
Actuellement, plus de 120 entreprises chinoises manifestent
clairement leurs intentions d’investir dans la FTZ, dont plus de
30 sont des entreprises de Nanjing, telles que Nanjing Automobile (Group)
Co., Jincheng Corp., Nari-Relays Electric Corp., Ltd. et CEEG (Nanjing)
PV-Tech Co., Ltd.
Zone chaude
Dajian Logistics n’est pas l’unique entreprise
si chanceuse dans la zone. Nanjing Huayi Investment and Development Co.,
Ltd. (Huayi), entreprise de Nanjing qui a été la première
à vouloir investir dans la FTZ, a également obtenu des commandes
de meubles au Nigeria d’une valeur de 10 millions de dollars. Ceci
a grandement encouragé les chefs de l’entreprise. Le président
du conseil d’administration de Huayi, Zheng Nianqiang, a particulièrement
invité ses associés et amis en milieu commercial à
inspecter la zone. D’après Zheng, le Nigeria a un grand marché
de meubles, mais sa compagnie a rencontré beaucoup de difficulté
au début. « Comme fabricant de meubles, nous avons besoin
de bois. Mais le bois est très recherché au Nigeria et nous
devons faire venir les matériaux de la Chine. Les difficultés
sont provisoires, nous pouvons les surmonter », ajoute Zheng.
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Liu Handong, membre permanent du comité du
PCC du Jiangsu, offre un souvenir à Asiwaju Bola Ahmed
Tinubu, gouverneur de l’État de Lagos. WANG LUO
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Actuellement, les infrastructures telles que l’approvisionnement
en eau, en électricité et le raccordement d’Internet
dans la FTZ sont en construction. On s’attend à ce qu’en
octobre, le premier essor de la construction soit achevé.
Jincheng Corp., un des principaux fabricants de motos en Chine,
est la première entreprise de Nanjing à construire une usine
dans la zone. La société a déjà bonne réputation
dans ce pays à travers le commerce des motos - exportation de 470
000 unités de marque Jincheng vers le Nigeria chaque année.
Elle projette d’établir une base de fabrication dans la zone
afin d’augmenter ses affaires dans d’autres pays d’Afrique.
D’autres entreprises de Nanjing montrent aussi un grand
intérêt pour l’investissement au Nigeria. Nanjing Automobile
(Group) Co. a inspecté la FTZ plusieurs fois. Basé sur le
commerce de camions légers, le groupe se propose d’établir
une usine d’assemblage dans la zone et de logistique orientée
vers le marché africain.
Le mode de Lekki - construire une zone de coopération
économique à l’extérieur - est encouragé
par le gouvernement chinois et est devenu pour les entreprises chinoises
une nouvelle façon de réaliser la stratégie de «
sortie » pendant le XIe quinquennat (2006-10). Le président
du Nigeria, Olusegun Obasanjo, montre son appui à ce projet et
a approuvé le rôle de la FTZ de Lekki dans le développement
économique du Nigeria lors de son entretien avec Li Yuanchao, secrétaire
du comité du PCC de la province du Jiangsu, qui a visité
le Nigeria en mars 2006.
Le Jiangsu est l’un des exportateurs principaux de la
Chine avec un volume total de commerce extérieur de 284 milliards
de dollars en 2006, juste derrière le Guangdong. Cependant, de
cette importante somme, le commerce extérieur avec le Nigeria est
inférieur à 1 %. « Nous prenons des mesures pour changer
cette situation et je peux voir que les investisseurs de Jiangsu manifestent
un intérêt croissant pour le marché nigérian
», affirme Li, ajoutant que la coopération entre le Nigeria
et sa province, qui compte plus de 74 millions d’habitants, sera
certainement prometteuse.
Coopération en or
Située sur la côte de l’Atlantique et à
environ 60 km de Lagos, capitale commerciale du Nigeria, la FTZ sino-nigériane
de Lekki est considérée comme un exemple de la coopération
sino-africaine. Ses investisseurs chinois incluent ZDET, Nanjing Beyond
International Investment and Development Co., Ltd., China Civil Engineering
Construction Corp. (CCECC) et China Railway Construction Corp. (CRCC).
Ces quatre entreprises ont conjointement établi en
2004 CCECC-Beyond International Investment and Development Co., Ltd comme
entité d’investissement détenant 60 % des actions
de cette zone.
« Je peux dire que ces quatre entreprises chinoises,
avec leur rôle respectif, sont des associés en or dans l’opération
de la FTZ, car elles sont fortes dans différents secteurs et complètent
mutuellement leurs avantages », dit Wu.
Le rôle de la ZDET est d’assurer le service de
gestion. Pendant quinze ans de développement en Chine, elle a accumulé
une vaste expérience et formé son propre mode mûr
de gestion avec les riches ressources de l’information. «
Nous sommes bons en construction, savons attirer l’investissement
et expérimentés en gestion de la FTZ », souligne Wu.
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Cérémonie de fondation de la filiale
de Dajian Logistics au Nigeria. WANG LUO
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Nanjing Beyond fait valoir son expérience de planification
et de gestion de la zone. Comme entreprise privée, elle révèle
un mécanisme plus flexible dans le fonctionnement. CCECC a une
expérience étendue dans le fonctionnement des projets au
Nigeria. Elle a de bonnes relations avec divers secteurs dans le pays
et est familière avec les conditions et mœurs locales. China
Railwail Construction connaît bien le fonctionnement des travaux
forfaitaires et jouit de crédibilité dans tout le pays.
Première du genre construite par le gouvernement chinois
à l’étranger, la FTZ de Lekki a commencé sa
construction en mai 2006. Ce projet sera développé en trois
phases. La première couvrira 15 km², avec des investissements
chinois de 200 millions et nigérians de 67 millions de dollars.
Lorsqu’elle s’achèvera en 2009, on y trouvera des entreprises
d’industrie légère, de textile, de matériaux
de construction, d’électroménagers, de télécommunication,
de fabrication de machine et d’immobilier.
Les projets de la phase-II et de la phase-III, couvriront
150 km² avec un investissement total de 5 milliards de dollars, se
concentrant sur l’industrie lourde, l’industrie chimique,
le traitement pétrolier, la production pharmaceutique, la fabrication
automobile, la logistique, l’import-export, le port en eau profonde,
le tourisme, l’immobilier, l’éducation, les opérations
bancaires et financières, etc.
« Notre but est de transformer la FTZ de Lekki en nouvelle
ville satellite vigoureuse et multifonctionnelle de Lagos », a dit
Chen Xiaoxing, vice-président du Conseil d’administration
de la CCECC.
D’après Chen, la Chine, le plus grand pays d’Asie,
et le Nigeria, le plus grand pays d’Afrique, peuvent apprendre mutuellement
l’une de l’autre. La Chine possède la technologie de
pointe et les qualifications professionnelles qui sont les plus appropriées
au Nigeria tandis que le Nigeria est riche en ressources naturelles et
espère que la Chine l’aide à les transformer en produits
semi-finis et finis pour l’exportation.
« Lorsque la FTZ de Lekki entrera en service, elle offrira
plus de 300 000 emplois, contribuant davantage au développement
économique de Lagos », ajoute Chen.
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