En apprendre davantage sur la Chine

Yahia Mustafa (L’auteur est un journaliste soudanais en poste à Beijing)

Dix ans ne sont ni une très longue ni une très courte période pour me permettre de voir de mes yeux à quoi ressemble ce grand pays. Je suis arrivé en Chine après douze ans de journalisme pour une agence de nouvelles du Soudan, avec la curiosité dans l’esprit et le désir dans l’âme d’apprendre tout ce que je pourrais sur ce pays. Chaque seconde de mon séjour en Chine m’apparait comme le sable du temps qui coule en révélant un à un les secrets de la Chine, sa culture, sa langue et ses traditions.

Je dois dire qu’en tant que musulman vivant à Beijing, je n’ai aucun problème à observer mes devoirs religieux comme aller régulièrement à la mosquée. J’ai été étonné d’apprendre qu’il existe 34 000 mosquées en Chine, ce qui fait du pays un des plus grands sous cet aspect, alors que même dans certains pays de notre région on n’en trouve pas autant.

Au sujet du peuple chinois, je ne crois plus nécessaire de vous expliquer en détail de quoi les Chinois ont l’air. Je connais beaucoup de Chinois et plusieurs comptent au nombre de mes meilleurs amis. Leur amitié est fascinante. Malgré leur simplicité, ils prennent soin de leurs hôtes dans les moindres détails, soulevant mon admiration pour l’hospitalité chinoise.

Les Chinois sont très tolérants envers les étrangers. Même les comportements les plus étranges sont souvent acceptés, car ils croient que de telles choses sont normales dans d’autres pays. La première règle dans presque toutes les situations qu’on peut rencontrer en Chine consiste à ne pas s’emporter. Patience et politesse vont toujours plus loin que mauvaise humeur et cris.

J’ai remarqué que les femmes chinoises travaillent dans presque tous les domaines, surtout dans le secteur des services, où elles sont en majorité. Plusieurs autobus et métros sont conduits par des femmes d’âge moyen. Il est vrai que « les femmes soutiennent la moitié du ciel » en Chine comme le disait Mao Zedong. Je crois que c’est là une des causes du décollage économique de la Chine. Dans le monde arabe, toutefois, la plupart des femmes restent à la maison et peu s’engagent dans le travail social. De plus, il est bien connu que les Chinois sont de durs travailleurs. Presque tous travaillent contre la montre.

Je ne connais aucune ville au monde qui ait connu un si rapide développement au cours des dix dernières années. J’aime les gens de Beijing; ils sont si amicaux, surtout les plus âgés. Si l’on se perd quelque part et que l’on demande son chemin à une personne âgée, il ou elle répondra très gentiment. Et si vous demandez si l’endroit est près ou loin, on vous accompagnera immédiatement, sans attendre de récompense.

J’aime l’environnement de Beijing. Bien que plusieurs disent que l’environnement est très mauvais et que plusieurs endroits sont malpropres, je ne crois pas qu’il soit si dégradé qu’on le dit. Il existe de nombreux endroits très beaux comme des parcs et de grandes rues. Chaque lieu a ses caractéristiques. J’aime aussi les ruelles de la capitale car elles représentent le véritable style de Beijing.

L’architecture de Beijing est particulière. La place Tian’anmen, le Palais d’été et la Cité interdite sont des constructions célèbres dans le monde et des millions de personnes viennent les visiter chaque année. Elles sont toutes de style chinois et sont le symbole de Beijing.

De plus, bien sûr, ce que je préfère est la cuisine de Beijing. Il y a divers types de mets tous aussi délicieux les uns que les autres. Le canard laqué de Beijing est le plus célèbre de tous. Si vous ne l’avez pas encore gouté, je vous suggère de le faire au plus tôt. Vous l’aimerez. Les nouilles de Beijing sont aussi délicieuses.

C’est pour moi une bénédiction d’être venu à Beijing et je ne regrette en rien ma décision. Pour moi, la Chine est un très grand pays en développement; des bâtiments techniquement conçus et des passages piétons suspendus sont construits à chaque coin de rue; dans le centre commercial de la ville, des gratte-ciel semblent couper le ciel; des véhicules et bicyclettes de toutes sortes forment un flot de circulation continu; les gens en vêtements sophistiqués se rendent au bureau en utilisant leur téléphone portable. Tout cela nous prouve une chose : ces créatures en mouvement se déplacent vers une seule cible, c’est-à-dire la modernisation et le développement, qui colore actuellement ce grand pays.

Avoir choisi la Chine pour y travailler est la meilleure décision de ma vie. Les heures que je passe en Chine volent comme des flèches. Je retournerai peut-être où je suis né, un jour, avec des milliers de questions sur ce pays dans l’esprit. Donc, la seule chose que j’ai à faire maintenant est d’apprendre toujours davantage sur ce grand pays. Quand le temps viendra, je suis sûr que je saurai tracer fièrement pour mes amis et ma famille l’image de ce pays.


 
24 Baiwanzhuang, 100037 Beijing République populaire de Chine.