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Partenaires dans le temps
La Chine et la Tanzanie, à l’est
de l’Afrique, sont peut-être géographiquement éloignées
mais depuis qu’elles ont établi des relations diplomatiques
en 1964, elles ont maintenu un partenariat politique et économique
stable et significatif. Des sources du ministère du Commerce de
Chine disent que les liens commerciaux bilatéraux des deux pays
durant les neuf premiers mois de 2006 ont atteint 390 millions de dollars,
une hausse de 12 % sur la même période de l’année
précédente. Selon le African Economic Outlook 2006/2007
publié par la Banque africaine de développement (BAD) à
Shanghai en mai, la Tanzanie est parmi les pays d’Afrique de l’Est
qui progressent le plus rapidement.
Le 16 mai, Abdisalaam Issa Khatibu, sous-ministre
des Finances de Tanzanie, a fait part, lors de la réunion annuelle
à Shanghai, de son point de vue sur les relations sino-tanzaniennes
et le rôle de la BAD au journaliste de CHINAFRIQUE, Ni
Yanshuo.
CHINAFRIQUE: Que pensez-vous du rôle de la BAD
dans le développement social et économique de l’Afrique?Abdisalaam
Issa Khatibu: Je pense que le rôle de la BAD est très
important, surtout pour aider les pays d’Afrique à lancer
des projets de développement de façon à leur permettre
de vaincre les obstacles liés au développement. La BAD peut
aussi favoriser leur développement social selon divers projets
dans divers pays. Plusieurs pays d’Afrique ont des projets liés
au développement social, et le développement social, comme
vous le savez, comporte plusieurs aspects comme l’éducation
et la santé. Jusqu’à présent, la BAD a accompli
un énorme travail à cet égard. Et nous espérons
qu’elle fasse encore mieux si possible.
Qu’a fait la BAD pour aider au développement
de votre pays?
La BAD a fait beaucoup pour la Tanzanie en matière
de construction d’infrastructures et de développement social.
Elle a fait du travail magnifique en érigeant des hôpitaux
et centres médicaux, et réalisant d’autres petits
projets. La BAD a également fait beaucoup dans l’alimentation
en eau. Actuellement on travaille au développement des infrastructures.
La BAD aide au développement rural, dans des projets régionaux.
Je les appelle régionaux car ils impliquent des voisins de la Tanzanie
comme le Kenya. Ces pays collaborent à la réalisation de
quelques projets particuliers.
Le thème de la rencontre annuelle de cette
année est « Afrique et Asie, partenaires de développement
». Comment définissez-vous ce thème?
Je dirais que c’est un bon thème car nous voulons
apprendre de nos bons amis et nos frères et sœurs d’Asie.
Certains pays d’Afrique se sont développés par l’agriculture.
D’autres suivent maintenant leur exemple. Nous sommes maintenant
à Pudong (à Shanghai, où la réunion s’est
tenue). Il y a vingt ans, Pudong était une zone agricole, aujourd’hui
on y voit des gratte-ciel parce que les infrastructures ont été
développées. Pudong est maintenant le centre commercial
de Shanghai. C’est un très bon exemple à suivre pour
nous.
La Chine abrite 20 % de la population mondiale; elle a une
infrastructure développée et son développement social
est avancé. Pourquoi ne pourrions-nous pas la prendre comme modèle
dans mon pays?
Les dernières années ont marqué
un boom dans les relations entre la Chine et les pays d’Afrique.
Comment percevez-vous les relations entre la Chine et la Tanzanie?
La Chine et la Tanzanie ont toujours eu de bonnes relations.
La Tanzanie est parmi les pays d’Afrique qui ont eu de très
longues relations avec la Chine. Vous savez que le chemin de fer Tan-Zam
qui relie la Tanzanie à la Zambie a été construit
par la Chine. Le chemin de fer a beaucoup contribué au développement
social et économique dans cette région. Il favorise l’importation
et l’exportation entre la Tanzanie et la Zambie. La Chine a aussi
fait beaucoup pour nous en matière d’installations médicales
et de services de santé. Notre amitié avec la Chine se poursuit.
L’opinion de certains pays occidentaux parle
de plus en plus de colonisation de l’Afrique par la Chine. Quel
est votre point de vue sur ces critiques?
Je ne crois pas que l’Afrique soit colonisée
maintenant. Elle l’a été longtemps par les Européens.
Personne ne pense que nous sommes colonisés actuellement. L’Afrique
cherche de bons amis et partenaires. On ne parle plus de colonisation;
seulement de coopération.
Avant l’ouverture de la rencontre annuelle de
la BAD de cette année, le vice-gouverneur de la Banque populaire
de Chine, Xiang Junbo, a parlé de l’expérience de
la Chine dans le développement de ses régions rurales par
les institutions de financement du développement. Quel est le statut
de ces institutions en Tanzanie, et que font nos deux pays à cet
égard?
Nous avons des institutions de financement du développement
chez nous, et ces institutions de nos deux pays travaillent ensemble dans
certains projets bilatéraux. Nous cherchons aussi à collaborer
à d’autres projets avec la Chine à travers la Banque
d’import-export de Chine.
Selon vous, quels secteurs requièrent le plus
de coopération entre nos deux pays?
La coopération est déjà commencée.
Nous exploitons encore d’autres projets de développement
de la Tanzanie pour améliorer notre pays. Nous cherchons quelque
chose de bénéfique aux deux parties en matière d’investissement
et commerce car il y a certains biens et produits que nous pouvons vendre
aussi en Chine. Dans le passé, la Chine nous aidait unilatéralement,
maintenant nous pouvons changer le mode d’assistance afin d’obtenir
des avantages mutuels.
Le commerce entre la Chine et la Tanzanie a grimpé
en flèche ces dernières années. Toutefois, il existe
un déficit du côté tanzanien. Quelles mesures ont
été adoptées pour changer la situation?
La Chine se développe rapidement et il y a surement
des biens qu’elle peut acheter de la Tanzanie. Nous avons du bon
café, du thé et du sucre. Je crois que grâce à
nos avantages dans ces domaines, nous pouvons équilibrer notre
balance commerciale avec la Chine.
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