Nouveau départ de la coopération Asie-Afrique

Le 16 mai, la Banque africaine de développement (BAD) a ouvert sa session annuelle du Conseil d’administration à Shanghai. Le même jour, Zhou Xiaochuan, président du conseil des gouverneurs du groupe de la BAD et gouverneur de la Banque populaire de Chine (BPC) a accordé une interview aux médias chinois.

Quelle signification porte la convocation de la réunion annuelle de la BAD en Chine ?

C’est la première fois que cette réunion annuelle est organisée en Asie et la seconde fois hors de l’Afrique. C’est une grande rencontre traduisant la coopération et l’amitié entre la Chine et l’Afrique après le Sommet de Beijing du Forum sur la coopération sino-africaine. L’assistance du premier ministre chinois et son discours important montrent pleinement le désir et la décision ferme de la Chine de renforcer la coopération avec l’Afrique et de promouvoir le développement commun.

Quel est votre commentaire sur les perspectives de la coopération économique et financière entre la Chine et l’Afrique ?

Le gouvernement chinois attache toujours de l’importance à l’amitié et à la coopération avec les pays d’Afrique. Nous souhaitons sincèrement le développement soutenu de la coopération sino-africaine. Le Sommet qui a eu lieu en novembre dernier à Beijing relance l’approfondissement de l’amitié et renforce la coopération entre les deux parties.

Parmi les huit mesures favorisant la coopération bilatérale proposées lors du Sommet de Beijing par le président Hu Jintao, trois touchent la sphère économique et financière. Dans ce cadre, la BPC associe les ministères des Affaires étrangères, du Commerce et des Finances, le Bureau national de contrôle des devises étrangères, la Banque nationale de développement, la Banque d’import-export de Chine et la Banque de Chine pour établir un mécanisme de coordination des affaires africaines en vue de guider et promouvoir la coopération économique et commerciale. Nous mobiliserons les institutions financières du pays pour qu’elles prêtent davantage d’attention à la coopération sino-africaine et établirons des relations amicales et à long terme avec la BAD à travers la BPC et inciterons plus d’institutions financières et d’entreprises à prendre part à cette coopération.

Désormais, outre le commerce traditionnel, nous insisterons sur le développement soutenu de l’économie africaine. La coopération bilatérale portera sur la consolidation des échanges et la coopération dans les domines éducatif, culturel, scientifique et technique, ainsi que de la gestion de projets ; le renforcement de la coopération entre les entreprises chinoises et africaines, et l’encouragement des petites et moyennes entreprises et des entreprises privées à investir en Afrique ; l’encouragement des institutions financières à établir leur branche en Afrique, et en même temps, des institutions africaines à créer leur succursale ou bureau de représentation en Chine, pour fournir en commun le soutien des capitaux et le service financier à la coopération. Nous espérons poursuivre la recherche avec les pays d’Afrique et choisir le mode coopératif qui s’adapte aux besoins de développement des deux parties, et réaliser des avantages réciproques.

Comment se concrétisent les huit mesures proposées lors du Sommet de Beijing ?

Le gouvernement chinois accorde une grande attention à l’application de ces huit mesures. Après le sommet, les départements concernés ont élaboré le plan d’application conformément aux principes de « gagnant-gagnant », de consultation amicale et de haute efficacité et d’applicabilité, ainsi qu’aux besoins des pays d’Afrique.

Premièrement, d’ici trois ans, la Chine fournira aux pays d’Afrique trois milliards de dollars de crédits préférentiels et deux milliards de dollars de crédits d’achat à l’exportation. Selon les besoins réels, en 2007, le gouvernement chinois a préliminairement choisi trente projets d’investissement touchant vingt pays auxquels la Chine accordera les crédits préférentiels. Actuellement, les accords cadres sur les crédits préférentiels entre la Chine et le Tchad, le Cameroun et le Mozambique ont été signés. En février 2007, le président Hu Jintao a annoncé, lors de sa visite en Afrique, des crédits d’achat préférentiel à l’exportation évalués à cent millions de dollars à la Namibie.

Deuxièmement, créer le Fonds sino-africain pour le développement. C’est une mesure importante et une nouvelle tentative du gouvernement chinois pour élargir la coopération avec l’Afrique et réaliser le développement commun, et ayant pour but de soutenir et encourager davantage d’entreprises chinoises puissantes, prestigieuses et compétitives à investir en Afrique, ainsi que d’aider les pays d’Afrique à améliorer leur capacité de développement autonome, augmenter l’exportation et les revenus financiers et fiscaux de même que l’emploi local. Le « Plan d’introduction des fonds de développement sino-africains » élaboré par la Banque de Développement de la Chine a été approuvé par l’État. Le montant total des fonds prévu pour la première période est d’un milliard de dollars et de trois milliards pour la deuxième. Il atteindra cinq milliards de dollars à la fin. Ce fonds sera géré par une société spécialisée et fonctionne en vertu des règles du marché. On publiera la procédure d’opération et les détails concernés le plus tôt possible.

Troisièmement, la Chine abolira 168 dettes gouvernementales sans intérêt échues à la fin de 2005, touchant trente-trois pays d’Afrique bénéficiaires qui sont des pays lourdement endettés ou parmi les pays les moins développés du monde. Actuellement, la Chine a déjà signé les protocoles d’annulation des dettes avec 11 pays d’Afrique, et les formalités d’annulation des autres 22 pays seront accomplies au cours de l’année.

En juin 2005, le G8 a déposé une initiative d’allégement des dettes multilatérales (IADM) des pays pauvres très endettés, proposant que le Fonds monétaire international (FMI), l’Association internationale de développement et le Fonds africain de développement (FAD) annulent totalement les dettes des pays pauvres qui répondent aux conditions nécessaires. La Chine a pris une part active au Programme multilatéral de réduction de dettes du FAD et sa contribution est évaluée à environ 2,84 millions de USD pour la période 2006-2007.

Quel commentaire faites-vous sur le partenariat de coopération et réciprocité entre l’Asie et l’Afrique ?

Partageant la moitié de la superficie terrestre et possédant trois quart de la population mondiale, l’Asie et l’Afrique jouent un rôle très important dans le développement politique et économique mondial. La coopération entre les deux parties présente un grand potentiel et de belles perspectives. Le développement du partenariat Asie-Afrique profite à la croissance économique mondiale. Suivant l’essor de l’économie asiatique et l’amélioration de l’environnement accordé aux investisseurs en Afrique, de plus en plus d’entreprises asiatiques et africaines se joindront aux rangs de la coopération économique.

Développer davantage le partenariat et réaliser le développement commun requièrent des efforts de tous les pays des deux continents. À cet effet, on doit appliquer les politiques de commerce et d’investissement avec une grande liberté, et des mesures préférentielles d’accès au marché, réduire progressivement la douane à l’importation, faciliter le commerce et l’investissement et élever la qualité et l’efficacité de la croissance économique au moyen de la concurrence ; s’efforcer d’améliorer l’environnement de commerce et d’investissement par l’accélération de la construction d’infrastructures, la formation de travailleurs qualifiés, l’amélioration de l’administration gouvernementale, la protection des investisseurs étrangers et l’attrait d’investissements directs étrangers ; renforcer la coopération dans le domaine financier, utiliser pleinement les institutions multilatérales comme la BAD, prendre part à la souscription et à l’IADM, encourager les institutions financières à renforcer les services financiers en commerce et investissement en l’Afrique, soutenir les développement des industries d’Afrique avantageuses et les aider à réaliser le développement économique et le progrès social.

Quels résultats cette session annuelle a-t-elle obtenus ?

Autour du thème « Afrique et Asie: partenaires de développement », la réunion a discuté en profondeur de la réforme de la BAD, de l’exploitation des affaires financières, de la gestion des dettes, de l’assistance aux pays faibles et de la coopération entre l’Asie et l’Afrique, afin d’élaborer un plan d’action pour la BAD et ses partenaires, l’application des mesures spéciales concernant la réduction de la pauvreté et la promotion du développement.

Les parties participantes ont fait de nombreuses propositions valables et échangé sur le renforcement de la coopération Asie-Afrique. Cette session annuelle a abouti à un large consensus dans les domaines suivants : fortifier le rôle de la BAD dans la réduction de la pauvreté et le développement de l’Afrique et élever davantage son niveau de service envers les pays d’Afrique ; améliorer sans cesse le cadre de répartition des capitaux sur la base des performances et augmenter la rentabilité d’utilisation des capitaux ; faire grand cas des besoins de capitaux des pays économiquement faibles ou qui se reconstruisent après une guerre, de la remise en état de l’ordre politique et économique et de la garantie du minimum vital du peuple ; soutenir activement la construction d’infrastructures et promouvoir le processus d’intégration ; renforcer la coordination et la coopération entre la BAD et l’Onu, l’Union africaine, la Banque mondiale, le FMI, les institutions sous-régionales et les autres partenaires.

Actuellement, la situation économique mondiale maintient une bonne tendance et les pays d’Afrique connaissent une occasion de développement. À travers la réforme, la BAD augmentera l’efficacité de l’assistance et renforcera l’appui aux pays membres, en vue d’augmenter la force motrice de développement soutenu de l’Afrique et affronter le défi du futur avec ses partenaires. J’ai confiance que cette réunion sera un nouveau point de départ pour toutes les parties et permettra de renforcer la coopération et le développement entre l’Asie et l’Afrique.


 
24 Baiwanzhuang, 100037 Beijing République populaire de Chine.