| 2026-09-01 |
Un projet commun |
| VOL. 18 / SEPTEMBRE 2026 par HU FAN · 2026-09-01 |
| Mots-clés: lutter contre la désertification |
La Chine et l’Afrique travaillent main dans la main pour lutter contre la désertification

Engins de chantier à l’oeuvre sur un site de lutte contre la désertification à Ordos (région autonome de Mongolie intérieure), le 20 mai 2025. (XINHUA)
La 17e session de la Conférence des Parties (COP17) à la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification (CNULCD), ouverte le 17 août à Oulan-Bator, en Mongolie, a de nouveau attiré l’attention de la communauté internationale sur le défi majeur que représente la dégradation des terres. Malgré des décennies d’efforts internationaux, le problème est toujours aussi inquiétant : de vastes étendues de terres productives continuent de se dégrader et des millions de personnes sont confrontées à des menaces croissantes pour leurs moyens de subsistance.
Le pays hôte est lui-même en première ligne. Selon la CNULCD, près de 77 % des terres mongoles sont dégradées. La Mongolie a donc placé la restauration des terres, la gestion des pâturages et les moyens de subsistance pastoraux au cœur de sa présidence de la COP17. Elle a également lancé une campagne nationale visant à planter un milliard d’arbres d’ici 2030.
Le défi dépasse largement les frontières de la Mongolie. À l’échelle mondiale, environ un million de kilomètres carrés de terres saines et productives se dégradent chaque année, et près de 1,3 milliard de personnes sont directement touchées par la dégradation. En Afrique, l’initiative phare de la Grande Muraille verte a enregistré des avancées, mais les résultats obtenus restent encore en deçà de ses objectifs ambitieux.
Dans ce contexte, la Chine s’est imposée comme un pays ayant réalisé des progrès significatifs dans la lutte contre la désertification et la restauration des terres dégradées. Au cours du XIVe Plan quinquennal (2021-2025), elle a restauré 10,1 millions d’hectares de terres désertifiées. Ces dernières années, leur superficie nette a diminué de plus de 670 000 hectares par an, selon l’Administration nationale des forêts et des prairies.
La Chine a également joué un rôle actif dans le partage de son expérience et le soutien aux efforts mondiaux de lutte contre la désertification. Ce domaine est devenu un axe majeur de la coopération sino-africaine.
Le Plan d’action de Beijing (2025-2027) du Forum sur la Coopération sino-africaine appelle explicitement au partage de l’expérience chinoise en matière de prévention et de contrôle intégrés de la désertification et à la poursuite du soutien technique à la Grande Muraille verte.
Ce que la Chine peut partager avec l’Afrique va cependant bien au-delà des techniques de plantation d’arbres. Il s’agit avant tout d’un engagement à long terme sur cette question. Son expérience montre que la lutte contre la désertification n’est pas une campagne à court terme, mais un effort soutenu qui exige des politiques cohérentes, de la recherche scientifique, des investissements et de la participation des populations locales.
Le projet de ceinture forestière des « Trois Nord » en est peut-être l’exemple le plus frappant. Lancé en 1978, ce programme s’est poursuivi pendant des décennies et devrait se terminer aux alentours de 2050. Sa longévité témoigne de l’importance d’inscrire les politiques dans la durée et de poursuivre les efforts de restauration écologique sur plusieurs générations, plutôt que d’évaluer les résultats à l’échelle de projets isolés.
L’engagement de la Chine en faveur de la protection de l’environnement s’est également renforcé au niveau institutionnel. Le 15 août, le Code écologique et environnemental est entré en vigueur, devenant ainsi le deuxième code législatif officiel de la Chine après le Code civil, et consolidant le cadre juridique de la protection de l’environnement. La prévention et le contrôle de la désertification figurent parmi les domaines qui y sont abordés.
La Chine et l’Afrique ont un intérêt commun à lutter contre la dégradation des terres. Toutes deux sont confrontées aux conséquences environnementales et socio-économiques de la désertification et reconnaissent que la restauration des terres dégradées vise à protéger les écosystèmes et à garantir la sécurité alimentaire, les ressources en eau et les moyens de subsistance.
Ce défi commun ouvre un vaste champ de coopération. L’expérience chinoise peut offrir des enseignements, des technologies et des approches utiles, tandis que les pays africains peuvent apporter leurs propres connaissances écologiques, leur expérience locale et des solutions innovantes. L’objectif ne doit pas être de reproduire un modèle unique, mais de développer des approches adaptées aux réalités locales.
La COP17 ayant placé la restauration des terres et la résilience face à la sécheresse au cœur des priorités mondiales, il est temps de réexaminer ce que la Chine et l’Afrique peuvent apprendre mutuellement. La lutte contre la désertification est en définitive un effort collectif : restaurer les terres, renforcer les moyens de subsistance et bâtir ensemble un avenir plus résilient.
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