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  2020-04-10
 

En marche, mais ensemble !

Li Xiaoyu  ·   2020-04-10
Mots-clés: COVID-19; Chine; monde

La mission conjointe OMS-Chine sur le COVID-19 mène une enquête à l’Hôpital Tongji de Wuhan, au Hubei, le 23 février.

La maladie ne connaît pas de frontières. Selon l’OMS, au 11 mars, le nouveau coronavirus avait infecté plus de 118 000 personnes dans 114 pays et régions, faisant 4 291 morts. Lors d’une conférence de presse tenue le même jour à Genève, le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a déclaré que le COVID-19 pouvait désormais être qualifié de pandémie. Il a appelé à plusieurs occasions la communauté internationale à s’unir dans cette crise sanitaire à laquelle l’humanité est confrontée.

En Chine, la courbe des infections dues au coronavirus semble s’essouffler depuis plusieurs semaines. En réponse à son avancée menaçante dans le monde, le pays a annoncé le même jour, de la bouche du porte-parole de son ministère des Affaires étrangères, qu’il était disposé à apporter sa pierre à l’édifice. De fait, la bataille menée dans le pays a permis d’ouvrir une fenêtre d’opportunité au reste du monde dès le début de l’épidémie.

Science ouverte

Le 30 décembre dernier, l’Institut de virologie de Wuhan de l’Académie des sciences de Chine a reçu les échantillons de patients soumis par l’Hôpital Jinyintan à Wuhan, épicentre de cette épidémie. Au bout de 72 heures, le séquençage complet du génome du virus a été achevé. Une comparaison génomique a montré qu’il s’agissait d’un nouveau coronavirus. Avoir la séquence du génome revient en effet à obtenir les « mégadonnées » du virus, qui permettent de déchiffrer son développement et de suivre son éventuelle mutation.

L’institut n’a pas tardé à partager cette information clé. Le 12 janvier, il l’a soumise à l’OMS avant de la publier dans le portail de l’Initiative mondiale pour le partage des données sur la grippe (GISAID). Qualifiant de « très impressionnants » la rapidité avec laquelle la Chine a détecté l’épidémie et le fait qu’elle a séquencé le génome et l’a partagé avec l’OMS et le monde, le chef de l’OMS a salué « l’engagement de la Chine en faveur de la transparence et du soutien aux autres pays », le 30 janvier, lors d’une conférence de presse à Genève.

Mais la recherche ne s’arrête pas là. Pour mieux comprendre les caractéristiques du virus, les chercheurs devaient encore isoler les souches virales. Comme l’a expliqué Li Lanjuan, épidémiologiste et membre de l’Académie chinoise d’ingénierie, cette étape servira de base au développement de vaccins, au dépistage de médicaments antiviraux et au développement de réactifs de détection rapide. Les chercheurs du Centre chinois pour le contrôle et la prévention des maladies sont parvenus à isoler le virus cinq jours après avoir reçu les échantillons le 2 janvier.

Le 24 janvier, les informations liées à cette première souche isolée, son image observée au microscope électronique, ainsi que les amorces et les sondes pour la détection d’acide nucléique de coronavirus ont été rendues publiques. Trois heures à peine plus tard, la chaîne de télévision d’information américaine CNN a annoncé la nouvelle de leur publication. Le lendemain, UK Reuters a demandé le droit de reproduire la micrographie électronique. Le directeur du Centre national de données scientifiques sur la microbiologie, Ma Juncai, est l’un des concepteurs du système sur lequel ces informations ont été publiées. Selon lui, les visiteurs peuvent désormais profiter de cette plateforme, mise en ligne le même jour, pour suivre l’avancée des recherches chinoises sur le virus. « Cela montre l’ouverture de notre étude », a-t-il indiqué à China Science Daily. Dans les dix jours suivant son lancement, le système a reçu 6,25 millions de visites, dont une grande partie provient des instituts de recherche internationaux.

Les réactifs de détection rapide jouent un rôle indispensable dans le dépistage et le contrôle des sources d’infection.

Prêter main-forte

En plus de faire part de ses données de recherche à la communauté internationale, la Chine n’hésite pas non plus à lui partager son expérience antiépidémique.

Du 16 au 24 février, le pays a accueilli la mission conjointe OMS-Chine sur le COVID-19, qui s’est rendue à Beijing, au Sichuan (sud-ouest), au Guangdong (sud) et à Wuhan pour réaliser une étude de terrain. L’équipe d’experts a dégagé de son enquête plusieurs enseignements valables pour la lutte mondiale. Le chef de la mission, Bruce Aylward, qui est également conseiller supérieur du directeur général de l’OMS, a souligné à CGTN qu’avec l’expérience de la Chine, les autres pays n’ont pas à repartir de zéro.

Selon le ministère chinois des Affaires étrangères, au 11 mars, le pays a publié en langues multiples sept versions du plan de diagnostic et de traitement ainsi que six versions du plan de prévention et de contrôle. Il les a fait parvenir à plus de 100 pays et à plus de dix organisations internationales et régionales. En outre, une vingtaine d’échanges techniques ont été organisés sous forme de vidéoconférences, abordant des sujets comme les tests de laboratoire, les enquêtes épidémiologiques, le diagnostic et le traitement cliniques.

Pour mieux aider à contrer la crise sanitaire, le pays a envoyé respectivement le 29 février et le 11 mars des équipes d’experts volontaires en Iran et en Italie, deux principaux foyers de l’épidémie en dehors de la Chine. L’équipe a transporté avec elle du matériel médical d’assistance, dont notamment des kits de diagnostic du coronavirus et des respirateurs.

D’après Zhou Xiaohang, chef d’équipe en Iran, les kits de diagnostic sont d’une importance majeure étant donné l’état actuel du pays. En effet, les réactifs de détection rapide peuvent permettre de confirmer d’éventuels cas suspects et de les isoler plus tôt, ce qui est très utile dans le dépistage et le contrôle des sources d’infection. Aux premiers stades de l’épidémie, la Chine était aussi aux prises avec une pénurie de tests. Les efforts concertés des scientifiques et des entreprises ont abouti aujourd’hui à la mise au point de dix réactifs de détection d’acide nucléique et de cinq réactifs de détection des anticorps. Ils ont été appliqués dans les hôpitaux chinois et offerts à des pays, dont la Corée du Sud, l’Iran, l’Italie et le Japon.

La Chine a annoncé, le 7 mars, un don de 20 millions de dollars à l’OMS à l’appui de sa coordination dans les efforts mondiaux contre le COVID-19. M. Tedros a exprimé sa gratitude au gouvernement chinois pour avoir surmonté ses propres difficultés tout en tendant la main à d’autres pays au moment critique de la réponse mondiale à l’épidémie.

 

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