| 2026-04-01 |
Faire la différence |
| VOL. 18 / AVRIL 2026 par PROBLEM MASAU · 2026-04-01 |
| Mots-clés: investissements chinois ; Zimbabwe |
Les investissements chinois au Zimbabwe dynamisent plusieurs secteurs locaux

Zhou Ding, ambassadeur de Chine au Zimbabwe, en visite à Dinson Iron and Steel Company à Mvuma, au Zimbabwe, le 22 janvier. (COURTOISIE)
Le vol du jeudi reliant beijing à Harare (capitale du Zimbabwe) est devenu un rendez-vous régulier. Parmi les passagers, en plus des Zimbabwéens de retour au pays et des travailleurs humanitaires internationaux, la grande majorité sont des citoyens chinois.
Mais il ne s’agit pas d’un vol charter touristique. Les passagers forment un échantillon représentatif : cadres moyens, chefs de projet expérimentés aux porte-documents remplis d’études de faisabilité, et jeunes entrepreneurs visant le secteur du paiement mobile au Zimbabwe.
Il se dégage d’eux un pragmatisme discret et déterminé. Les conversations tournent autour des prix des matières premières, des partenariats locaux et de l’adresse du meilleur restaurant chinois dans le quartier d’Avondale à Harare.
« Nous accueillons chaque semaine des centaines d’investisseurs potentiels chinois, prêts à explorer un large éventail d’opportunités d’investissement dans le pays », explique Amon Murwira, ministre zimbabwéen des Affaires étrangères et du Commerce international, à CHINAFRIQUE. Selon le quotidien zimbabwéen The Herald, environ 500 investisseurs chinois se sont enregistrés au Zimbabwe en 2025, promettant des investissements d’environ 2,5 milliards de dollars, dont plus d’un tiers dans le secteur manufacturier.
The Herald précise que la plupart de ces investissements se concentrent sur les secteurs minier et manufacturier, soulignant ainsi l’attractivité croissante du pays en tant que destination d’investissement de premier plan.
Investissement sur le long terme
Selon Zhou Ding, ambassadeur de Chine au Zimbabwe, les relations sino-zimbabwéennes, qui fêteront bientôt leur 46e anniversaire, ont créé un terreau fertile pour des partenariats mutuellement avantageux.
Lors d’une visite de l’un de ces partenariats, l’usine Dinson Iron and Steel Company (DISCO) à Mvuma, fin janvier, il a également souligné le rôle du soutien chinois dans le développement socio-économique du Zimbabwe grâce à cet investisseur de long terme.
DISCO est la plus grande entreprise sidérurgique d’Afrique australe et a déjà contribué à la baisse des prix de l’acier dans la région de la Communauté de développement de l’Afrique australe. À son apogée, sa production annuelle d’acier atteindra environ 600 000 tonnes, dont 60 % seront exportées. L’entreprise créera également des milliers d’emplois et générera des devises étrangères essentielles pour le pays. « Lors de la visite fructueuse du Président Emmerson Mnangagwa en Chine l’an dernier, nos deux chefs d’État ont élevé les relations bilatérales au rang de communauté d’avenir partagé de tout temps. Cet engagement historique a insufflé un élan considérable à notre coopération », indique M. Zhou à The Herald.
Grâce à ses progrès significatifs dans le développement de ses infrastructures, DISCO, acteur clé des efforts d’industrialisation du pays, est en passe de dynamiser les secteurs de la construction et de la fabrication du pays, conformément à la Vision 2030 du Zimbabwe, qui vise à faire du pays une nation prospère.
Des bénéfices en aval
Parallèlement, Monica Mutsvangwa, ministre zimbabwéenne de la Promotion de la femme, du Développement communautaire et des PME, s’est exprimée en marge des festivités du Nouvel An chinois 2026 à Harare en février. Elle a dit apprécier « l’amitié fidèle et précieuse » avec la Chine, soulignant que le renforcement des relations bilatérales porte désormais leurs fruits sur le plan économique pour les industries locales.
Selon elle, les PME constituent le moteur de l’économie zimbabwéenne, contribuant à plus de 60 % du PIB national. Le gouvernement accorde la priorité à l’acquisition de compétences numériques et au transfert de technologies de la part de ses homologues chinois afin de garantir la compétitivité des entreprises locales à l’échelle internationale.
Évoquant les rencontres de haut niveau, elle a mentionné le succès de la visite récente en Chine d’une délégation de 53 PME zimbabwéennes, permettant aux chefs d’entreprise locaux de constater par eux-mêmes comment les entreprises chinoises sont devenues des géants mondiaux.
Les capitaux privés chinois jouent un rôle crucial dans le financement des infrastructures critiques du Zimbabwe, notamment la production de ciment et d’électricité, indispensables à la réalisation des objectifs de la Vision 2030.
Essor du secteur de l’énergie
Partout au Zimbabwe, de la production d’énergie à la connectivité numérique, les capitaux et l’expertise chinois sont déployés de manière coordonnée pour contribuer à la réalisation de la Vision 2030.
Lors d’un récent séminaire organisé par l’ambassade de Chine au Zimbabwe et le Centre de recherche et de documentation de l’Afrique australe, M. Zhou a établi un lien entre le dernier XVe Plan quinquennal (2026-2030) de la Chine et la stratégie nationale de développement du Zimbabwe, ainsi que sa Vision 2030.
Il a souligné la volonté de la Chine d’aligner ses orientations stratégiques sur celles du Zimbabwe, en approfondissant la coopération pratique dans les domaines du commerce, des infrastructures et de l’énergie afin de soutenir l’ambition du pays d’accéder au statut de pays à revenu intermédiaire de la tranche supérieure.
Le secteur de l’énergie a été l’un des principaux bénéficiaires de cette attention, ce qui permet de lever un obstacle majeur aux ambitions industrielles du Zimbabwe. Pendant des années, les entreprises et les ménages ont subi des coupures de courant paralysantes qui ont freiné la production et l’investissement. Les financements et les constructions chinois ont fondamentalement transformé ce paysage.