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  2026-06-03
 

Sur les chapeaux de roues

VOL. 18 / JUIN 2026 par GODFREY OLUKYA  ·   2026-06-03
Mots-clés: bus électriques ; Ouganda

Développement de la production de bus électriques en Ouganda avec la mise en service de l’usine moderne de Jinja 

Bus électrique Kayoola en situation réelle sur une route en Ouganda. (GOUVERNEMENT DE L’OUGANDA)

La production de bus électriques a démarré en Ouganda, et ce grâce au soutien de la Chine. Celle-ci a lieu à Jinja, ville industrielle où Kiira Motors Corporation (KMC), entreprise ougandaise spécialisée dans les véhicules électriques, a inauguré une nouvelle usine qui en a déjà sorti les 100 premières unités. 

« Le pays s’est lancé dans ce secteur avec pour objectif de commercialiser ces bus électriques au niveau national et dans d’autres pays africains. Récemment, des bus ont été testés avec succès sur un trajet aller-retour entre Ouganda et Afrique du Sud pour répondre aux doutes émis sur leurs performances », explique Monica Musenero, ministre ougandaise de la Science, de la Technologie et de l’Innovation. 

« Nous avons traversé plusieurs pays sur le trajet Ouganda-Afrique du Sud pour arriver à destination. Le trajet aller-retour s’est déroulé sans problème », confirme James Katwire, l’un des participants à cette expédition Ouganda-Afrique du Sud de plus de 13 000 km, passant par la Tanzanie, la Zambie, le Botswana et l’Eswatini, effectuée fin 2025 à bord d’un bus Kayoola E-Coach 13M.   

Un développement par étapes 

Selon Mme Musenero, la fabrication de véhicules électriques en Ouganda a débuté en 2011 avec le projet Kiira Electric Vehicle, qui a permis de développer une berline électrique. La suite logique a été la création de l’entreprise publique KMC pour promouvoir l’industrie automobile ougandaise. En 2014, KMC a développé son premier véhicule, le Kiira EVS, et en 2022, elle a démarré la production des bus électriques Kayoola. 

L’année 2020 a marqué la construction de l’immense usine Kiira de KMC à Jinja, inaugurée officiellement en 2025 par le Président ougandais Yoweri Museveni. Sa production initiale s’élève à 2 500 véhicules électriques par an, avec une capacité de production de 10 000 à moyen terme. 

Paul Isac Musasizi, PDG de KMC, confirme que les Kayoola sont adaptés aux conditions africaines. Leurs coûts d’exploitation sont nettement inférieurs à ceux de leurs homologues diesel, avec seulement 320 shillings ougandais (0,09 dollar) par kilomètre. Une part de 21 % des matériaux utilisés dans la production provient de sources locales, un plus pour le développement ougandais.  

Ces bus seront commercialisés dans toute l’Afrique : un contrat portant sur 450 véhicules a déjà été signé à Johannesburg (Afrique du Sud), lors de l’expédition Ouganda-Afrique du Sud à la fin de l’année dernière. 

Le Président Museveni a joué un rôle déterminant dans le développement de la production de bus électriques en Ouganda. Selon Bob Karebi, ingénieur au ministère du Commerce, de l’Industrie et des Coopératives, c’est lui qui est à l’initiative de cette idée : « Début 2020, le Président a proposé la création d’une usine d’assemblage de véhicules en Ouganda. Enthousiasmé par un véhicule électrique produit par l’Université Makerere, il a suggéré de se lancer dans ce secteur. » 

M. Karebi précise que le Président a veillé à ce que des ressources suffisantes soient allouées à une équipe de scientifiques sélectionnés pour mener à bien le projet, avec l’implication d’entreprises et d’ingénieurs chinois. Il a tout mis en œuvre pour réduire la facture des importations de véhicules de l’Ouganda, créer des emplois au niveau local et contribuer à l’objectif de neutralité carbone du pays d’ici 2050.  

Robinah Nabanja, Première ministre ougandaise, a indiqué que la Chine avait joué un rôle important dans le développement de KMC.  

Un précieux soutien chinois 

Conçu par des Ougandais, le premier Kayoola a été fabriqué en Chine, les unités suivantes ayant été assemblées localement en Ouganda grâce à des composants et au savoir-faire chinois. 

La Chine a soutenu l’Ouganda principalement par le biais de transferts de technologies, de formations et d’un soutien à la chaîne d’approvisionnement, en partenariat avec KMC. Le constructeur automobile chinois CHTC Motor a fourni des composants clés et une expertise technique, permettant aux ingénieurs ougandais d’assembler localement les Kayoola, tout en utilisant des chaînes cinématiques, des batteries, des technologies de motorisation et des pièces chinoises. 

La Chine a également transféré des compétences aux ingénieurs ougandais, leur permettant de diriger les travaux d’assemblage et de conception en Ouganda. « Si les composants essentiels comme les batteries ont été importés de Chine, le moulage de la carrosserie et l’assemblage final ont été réalisés en Ouganda », spécifie Wang Li, ingénieur chinois ayant participé à la fabrication des bus électriques en Ouganda. 

Le développement des infrastructures a été un autre domaine où la Chine a apporté son appui. M. Wang confie à CHINAFRIQUE que c’est ce partenariat qui a permis la construction de l’usine à Jinja, avec pour objectif une production de 30 000 bus par an d’ici 2030. 

Le nouveau Kayoola, très populaire, est un bus électrique urbain à plancher bas de 12 m de long, pouvant accueillir 90 passagers (49 assis et 41 debout). Son moteur électrique développe une puissance maximale de 245 kW. 

Des institutions gouvernementales ougandaises ont déjà commencé à en faire l’acquisition. Parmi celles-ci, l’Autorité de l’aviation civile ougandaise qui en a acheté plusieurs pour le transport de son personnel. William Kintu, enseignant dans un établissement secondaire et usager régulier des Kayoola pour ses trajets quotidiens, a confié que ces bus électriques représentaient une immense fierté pour le pays.  

 

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