| 2026-06-03 |
Un incroyable moment de communion |
| VOL. 18 / JUIN 2026 par LI XIAOYU · 2026-06-03 |
| Mots-clés: match amical sino-africain ; football |
Un match amical sino-africain témoigne de la profondeur des liens bilatéraux via le football

Maoulana Charif, ambassadeur de l’Union des Comores en Chine, lors du match amical catégories adultes, à Beijing, le 24 mai. (PHOTOS : COURTOISIE)
Sous un beau ciel printanier, un match amical de football, organisé en deux catégories distinctes, adolescents et adultes, a vu s’affronter des joueurs africains et chinois au stade de l’École secondaire n° 161 de Beijing, le 24 mai. Les applaudissements et les acclamations fusaient pour encourager l’ensemble des participants.
Événement phare de l’Année sino-africaine des échanges humains et culturels 2026, il a permis d’établir un dialogue interculturel entre les communautés, transcendant les frontières. Plus encore que la cérémonie d’ouverture et la remise du trophée, ce sont les moments de sincérité et de ferveur vécus sur le terrain qui resteront gravés dans les mémoires.

Création d’un poster de l’amitié par les jeunes participants à l’événement, le 24 mai.
Un symbole d’union
« Le sport, en particulier le football, incarne les valeurs universelles de respect, d’équité et de camaraderie qui transcendent les frontières. Chaque ballon qui franchit le terrain aujourd’hui porte un message d’espoir et de coopération », indique Maoulana Charif, ambassadeur de l’Union des Comores en Chine. Considéré comme premier sport mondial, le football jouit d’une immense popularité en Afrique.
La journée a débuté par un match amical catégorie adolescents où se sont affrontés des enfants de diplomates africains et des élèves de l’École secondaire n° 161. Malgré la barrière de la langue, les jeunes joueurs se sont rapidement bien entendus. Leur timidité initiale s’est dissipée au fil des passes et des tacles.
Après le match, Zhao Xinzhe, membre de l’équipe de l’École secondaire n° 161, raconte que la barrière de la langue n’était plus un obstacle sur le terrain. « Le football nous unit et le match nous a permis de partager ce moment. Nous nous sommes encouragés mutuellement et nous avons pris du plaisir à jouer ensemble. »
Pour les adolescents africains, l’expérience reste inoubliable. Le jeune Algérien Merine Kessai, 14 ans, confie qu’au début du match, les membres de son équipe n’étaient pas habitués au rythme de jeu des joueurs chinois. « Leur pressing défensif est très intense et leur adresse au tir excellente, ce qui m’a surpris. »
Les jeunes Chinois ont remporté le prix d’Excellence, les jeunes Africains celui de l’Amitié. Mais au-delà de la victoire ou de la défaite, c’est la compréhension et le respect mutuels qui ont prévalu. Après le match, les joueurs des deux équipes se sont retrouvés pour échanger de manière informelle. Les visages inconnus avant cette rencontre sont devenus familiers en quelques heures seulement.
Le match amical catégorie adultes a opposé les enseignants chinois de l’École secondaire n° 161 à la « Dream Team », dirigée par son président Kouakou Koffi Lambert. Fondée en 1996, cette équipe est issue de l’Association sportive des diplomates et ressortissants africains résidant en Chine.
M. Charif a tout donné sur le terrain, galvanisant les joueurs chinois et africains pour un match spectaculaire. La « Dream Team » a remporté le prix d’Excellence, l’équipe chinoise a reçu celui de l’Amitié.

Match amical opposant des adolescents chinois et africains, à Beijing, le 24 mai.
Une décennie d’engagement
Une telle initiative se poursuit depuis plus de dix ans. En 2014, l’Institut de diplomatie de Chine a lancé cet événement sportif, qui en est aujourd’hui à sa 11e édition. Li Hongmei, vice-présidente de l’Institut, mentionne que cela a permis à des centaines de diplomates africains de se rendre dans différents établissements chinois chaque année pour jouer au football et rencontrer étudiants et professeurs chinois. « Aujourd’hui, cette initiative est devenue un événement phare et influent dans le domaine des échanges humains et culturels Chine-Afrique. »
Derrière cette initiative se cache un groupe de personnes qui œuvre discrètement depuis longtemps à la promotion des échanges humains et culturels sino-africains. Zhou Qingjie, professeur et directeur du Centre d’échanges et de recherche en sport de l’Institut de diplomatie, en est l’instigateur. Il remarque que l’organisation de cet événement ne relève pas de ses obligations d’enseignant ou de chercheur, mais répond à son désir profond de promouvoir les échanges et la compréhension mutuelle entre les peuples de Chine et d’Afrique. Depuis plus de dix ans, cet événement a régulièrement lieu.
M. Zhou estime que le principal atout du football réside dans sa capacité à favoriser un véritable échange réciproque. « Le football permet la participation des deux parties ; il ne s’agit pas d’un événement à sens unique, mais d’une véritable interaction. »
Grande première cette année, l’événement a également voulu mettre en lumière l’art africain. Des étudiants burundais ont présenté un spectacle de danse africaine traditionnelle, permettant aux étudiants chinois de découvrir leur culture. « Les échanges culturels doivent reposer sur une appréciation mutuelle, et non sur un flux unidirectionnel », ajoute M. Zhou.
Le même jour, de nombreux diplomates ont souhaité visiter le site accueillant l’événement, échangeant leurs points de vue en matière d’éducation avec les enseignants et les étudiants. Pour certains diplomates, cette occasion de découvrir un établissement scolaire chinois s’est avérée précieuse.

Participants africains et chinois au match amical de football, à Beijing, le 24 mai.
Échanges culturels
Si le football a ouvert la voie aux échanges entre jeunes, les expériences culturelles les ont encore plus rapprochés.
Le jour du match, les organisateurs ont mis en place des expositions sur le patrimoine culturel immatériel et des dégustations de la cuisine traditionnelle de Beijing. La découverte de la soie Ruifuxiang, les objets en cuivre Yihetai, la cérémonie du thé Zhangyiyuan ont permis aux invités africains de découvrir de près la culture traditionnelle chinoise.
« L’Afrique est un continent d’une grande diversité culturelle. Seuls les échanges directs permettent une véritable compréhension mutuelle », note Garel Ekoya, originaire de la République du Congo et joueur de la « Dream Team ». Et d’ajouter que ces activités contribuent à dissiper certains malentendus et stéréotypes.
Au début de cette année, le Président chinois Xi Jinping a adressé un message de félicitations à l’occasion de la cérémonie d’ouverture de l’Année sino-africaine des échanges humains et culturels 2026, souhaitant que les deux parties saisissent cette opportunité pour consolider l’amitié traditionnelle, renforcer les échanges entre les civilisations et intensifier les échanges humains, notamment entre les jeunes. Ce que cet événement sportif s’est attaché à mettre concrètement en pratique.
« Vous êtes l’avenir de l’amitié sino-africaine », a déclaré M. Charif aux jeunes joueurs lors de son discours. Il est convaincu que la persévérance, la coopération et la lutte pour des objectifs communs ne sont pas seulement propres au football, mais deviendront également un moteur du développement social futur.
C’est sans doute précisément ce qui rend les échanges sportifs si touchants. Nul besoin de grands discours. Un high five, un dribble face à face, une photo de groupe : cela suffit à tisser des liens émotionnels entre des jeunes de différents pays.
Cette journée n’était peut-être qu’un après-midi ordinaire de leur jeunesse ; mais des années plus tard, ils s’en souviendront peut-être encore : un événement qui a réuni des adolescents chinois et africains un dimanche de printemps à Beijing, leur permettant de se rencontrer, de s’affronter le temps d’un match et de créer des amitiés.