法语词典:
中文 ANGLAIS
Accueil Opinions La Chine à la Loupe Culture Vidéos Photos
  2026-06-08
 

Une coopération sans frontières

CHINAFRIQUE  ·   2026-06-08
Mots-clés: la Chine et la Mauritanie ; lutte contre la désertification

Les liens entre la Chine et la Mauritanie ne cessent de se renforcer, notamment dans la lutte contre la désertification 

Mohamed Abdellahi El Vilaly (à gauche), ambassadeur de Mauritanie en Chine, et Lei Jiaqiang (au centre), chercheur à l’Institut d’écologie et de géographie du Xinjiang de l’Académie chinoise des sciences, lors d’une visite d’inspection dans une zone de lutte contre la désertification dans le district de Jinta, à Jiuquan (province du Gansu), le 5 juin. (CICG) 

Situé entre les déserts de Badain Jaran et de Kumtag, le district de Jinta, à Jiuquan (province du Gansu), a accueilli un événement international intitulé « Dialogue 2026 sur la résilience climatique et la transition écologique : technologies au service du développement rural » le 5 juin, faisant écho à la célébration de la Journée mondiale de l’environnement.  

À cette occasion, Mohamed Abdellahi El Vilaly, ambassadeur de Mauritanie en Chine, s’est entretenu avec CHINAFRIQUE pour présenter les résultats de la coopération sino-mauritanienne dans le domaine de la lutte contre la désertification et partager ses opinions sur les perspectives de coopération économique, commerciale et culturelle entre les deux pays. 

CHINAFRIQUE : La sécheresse et la désertification impactent le développement de la Mauritanie et le quotidien de sa population. Dans ce contexte, que peut apporter la coopération sino-mauritanienne ?  

Mohamed Abdellahi El Vilaly : En Mauritanie, les habitants portent souvent le litham, voile traditionnel permettant de se protéger du vent, du sable et de la chaleur, car nos conditions climatiques sont particulièrement rudes. Le désert est profondément ancré dans notre mode de vie. Aujourd’hui, il couvre environ les deux tiers du territoire national. 

Notre pays s’efforce de faire face à la sécheresse et à la désertification depuis plus d’un demi-siècle, développant progressivement des dispositifs d’adaptation et accumulant une expérience précieuse dans ce domaine. 

Depuis l’établissement des relations diplomatiques entre nos deux pays en 1965, la coopération n’a cessé de se renforcer dans de nombreux secteurs, surtout dans la lutte contre la désertification ces dernières années. 

Nous avons notamment développé une coopération fructueuse avec la région autonome hui du Ningxia dans le domaine de la culture fourragère permettant de faire face à la sécheresse et à la salinisation des sols. Il s’agit d’un projet de grande importance pour la Mauritanie. 

Par ailleurs, nous entretenons des relations étroites avec des institutions de recherche du Xinjiang spécialisées dans l’écologie et la géographie. Ensemble, nous travaillons sur plusieurs projets liés à la lutte contre la désertification. 

La Mauritanie participe également à la Grande Muraille verte, vaste initiative environnementale africaine qui traverse le continent d’ouest en est. Dans ce cadre, nous avons beaucoup appris de l’expérience chinoise, en particulier du Xinjiang. Des projets pilotes sont actuellement mis en œuvre en Mauritanie afin d’introduire des technologies chinoises innovantes (irrigation souterraine, fixation des dunes, etc.). Ces technologies présentent un intérêt considérable et pourraient également bénéficier à d’autres pays confrontés à des défis similaires. 

Le Gansu possède une expertise reconnue dans la lutte contre la désertification. L’année dernière, une délégation de l’Assemblée populaire provinciale s’est rendue en Mauritanie afin d’explorer de nouvelles pistes de coopération. Je profite également de cette visite pour poursuivre les échanges avec les autorités locales. 

Inspection du fonctionnement des équipements d’irrigation par aspersion dans un champ de luzerne du Centre de démonstration des techniques d’élevage assisté par la Chine, dans le village d’Idini, en Mauritanie, le 18 juillet 2025. (XINHUA) 

Comment évaluez-vous le rôle joué par la Chine dans la lutte contre la désertification et dans la promotion d’un développement vert ? 

Face au changement climatique, aucun pays ne peut agir seul. Il s’agit d’un défi mondial qui exige une réponse collective. Nous apprécions hautement le rôle joué par la Chine. Ses avancées dans le domaine des énergies propres ont permis de rendre les technologies plus accessibles et plus abordables pour de nombreux pays en développement. 

La Chine y contribue également de manière significative à travers le partage de technologies, le transfert de savoir-faire et les échanges d’expertise. À cela s’ajoute l’initiative « la Ceinture et la Route » verte, qui constitue un cadre important pour promouvoir la coopération environnementale et le développement durable. 

Pour la Mauritanie, les besoins ne se limitent pas au transfert de technologies. La formation des ressources humaines, le renforcement des capacités techniques et les échanges d’expériences sont tout aussi essentiels. Grâce à cette coopération, nous sommes désormais mieux armés pour relever les défis environnementaux, créer davantage d’emplois et améliorer les conditions de vie des populations rurales. 

Grâce à l’opportunité offerte par la politique de traitement tarifaire zéro, quels nouveaux potentiels de coopération économique pourraient émerger entre la Chine et la Mauritanie ? 

Depuis plusieurs années consécutives, la Chine est le premier partenaire commercial de la Mauritanie. Les échanges bilatéraux sont particulièrement dynamiques. La Mauritanie exporte vers la Chine principalement du minerai de fer, des produits de la pêche, ainsi que d’autres ressources notamment de l’or, tandis qu’elle importe une large gamme de produits chinois. 

Notre pays figurait déjà parmi les 33 pays les moins avancés ayant bénéficié du traitement tarifaire zéro accordé par la Chine depuis 2024. Les produits fabriqués en Mauritanie bénéficient d’un accès privilégié au marché chinois grâce à l’exemption des droits de douane. Cette mesure stimule les investissements chinois et permet à la Mauritanie de mieux valoriser ses ressources naturelles. 

Dans ce contexte, nous espérons que la nouvelle politique de traitement tarifaire zéro encouragera davantage les entreprises chinoises à investir en Mauritanie, notamment dans le secteur industriel, afin de créer davantage d’emplois. 

Le Parc des technologies vertes sino-africain, situé dans le village de Bir El Barka, dans la région du Trarza, en Mauritanie, le 22 mai 2025. (XINHUA) 

L’année 2026 marque l’Année sino-africaine des échanges humains et culturels. Quelle importance particulière revêt, selon vous, cette année thématique pour l’approfondissement des relations sino-mauritaniennes ?  

Les échanges humains et culturels entre nos deux pays sont déjà très actifs. De nombreux Mauritaniens se rendent en Chine pour étudier, tandis que de nombreux investisseurs et entrepreneurs chinois travaillent ou séjournent en Mauritanie. 

La Mauritanie accorde depuis plusieurs décennies une grande importance à l’apprentissage du chinois, qui figure parmi les disciplines enseignées à l’Université de Nouakchott. En 2019, un Institut Confucius a été créé au sein de cette université en coopération avec l’Université du Hebei. 

Les Mauritaniens manifestent un vif intérêt pour l’apprentissage du chinois. Beaucoup viennent en Chine pour étudier la langue, mais aussi pour poursuivre des études universitaires. Les universités chinoises proposent aujourd’hui des formations de grande qualité dans des domaines tels que les mines, l’intelligence artificielle et d’autres secteurs de pointe. 

Nous espérons approfondir cette coopération dans les années à venir, notamment dans les domaines de l’enseignement et de la formation techniques et professionnels, qui jouent un rôle essentiel pour répondre aux besoins du marché du travail. Des échanges sont déjà en cours avec les partenaires chinois. Nous souhaitons également développer davantage la coopération dans la recherche scientifique, domaine indispensable au développement économique et technologique des nations. 

Nous sommes convaincus que le renforcement des échanges éducatifs, scientifiques et culturels contribuera à rapprocher davantage les peuples chinois et mauritanien et à ouvrir de nouvelles perspectives de coopération entre nos deux pays. 

Imprimer

24 Baiwanzhuang, 100037 Beijing République populaire de Chine


京ICP备08005356号-8 京公网安备110102005860