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  2026-07-02
 

Une autre ruée vers l’or

VOL. 18 / JUILLET 2026 par DERRICK SILIMINA  ·   2026-07-02
Mots-clés: enseignes chinoises de vente ; Afrique du Sud

Les enseignes chinoises de vente en gros et au détail ouvrent des perspectives d’emploi et d’entrepreneuriat en Afrique du Sud 

Produits exposés dans un magasin China Mart à Hartbeespoort, en Afrique du Sud. (COURTOISIE)

Alors que le soleil se lève sur l’horizon de Johannesburg, un flot continu de jeunes Sud-Africains se dirige vers les chaînes de magasins chinoises pour commencer leur journée de travail. 

Pour Sbulele Nyati, China Mart est bien plus qu’un simple lieu de travail. Chaque carton qu’il déballe représente les frais de scolarité de sa fille et les courses qu’il rapportera à la maison le jour de la paie. 

« Chaque journée travaillée est un pas vers un avenir meilleur pour ma famille. Je suis vraiment ravi de cette opportunité », confie M. Nyati à CHINAFRIQUE. 

Alors que les chaînes de distribution chinoises se développent à travers l’Afrique du Sud, M. Nyati estime que son rôle va bien au-delà de celui d’un simple employé de magasin. Il est un maillon essentiel entre une chaîne d’approvisionnement mondiale et le marché du travail local. Le pôle de vente en gros et au détail où il travaille, situé dans le quartier de Crown Mines à Johannesburg, abrite plus de 100 boutiques proposant une large gamme de produits importés de Chine. 

Avec un taux de chômage avoisinant les 31,4 % en Afrique du Sud, ces pôles sont désormais perçus non seulement comme des destinations à bas prix, mais aussi comme de véritables points d’entrée pour les jeunes demandeurs d’emploi dans l’économie formelle. 

China Mall bénéficie d’une grande affluence de clients à Johannesburg, en Afrique du Sud, le 31 mars. (NI YANSHUO) 

Au cœur de l’effervescence commerciale 

Pour les entrepreneurs locaux, les centres de vente en gros chinois comme Dragon City et China Mall sont devenus des tremplins essentiels. On y parle un véritable brouhaha linguistique : mandarin, zoulou, anglais et sotho s’y mêlent en un langage commun, celui des négociations et du commerce. Dragon City, souvent décrit comme le paradis des revendeurs, abrite à lui seul plus de 800 boutiques vendant vêtements, électronique, cosmétiques et articles ménagers à des prix qui rendent les petites entreprises viables. 

De jeunes entrepreneurs parcourent les larges allées d’un pas décidé, leurs chariots débordant de marchandises. Le cliquetis des roues sur le sol ciré résonne comme un roulement de tambour, promesse d’avenir. 

Nthombi Vuyokazi, qui a récemment commencé à travailler dans une boutique chinoise près de Langlaagte, se fait déjà un nom. « Avec mon salaire, je peux subvenir aux besoins de ma famille et économiser pour réaliser mon rêve : lancer ma propre marque de vêtements d’ici deux ans », explique-t-elle. 

Thabo Noluthando, quant à lui, a emprunté une voie différente. Ce jeune homme doué pour la réparation d’appareils électroniques a créé sa propre petite entreprise dans le centre-ville de Johannesburg, proposant des réparations rapides et abordables. Le faible coût des accessoires pour téléphones à China Mall et l’affluence constante de clients lui ont permis de gagner sa vie et de réinvestir dans le développement de ses services. 

« C’est un lieu où des personnes de tous horizons se retrouvent pour réaliser leurs rêves », fait savoir M. Noluthando. « Nous trouvons du travail, nous développons nos compétences et nous nous construisons un avenir meilleur pour nous et nos familles. » 

Rayon papier peint d’un magasin China Mall à Johannesburg, en Afrique du Sud, le 31 mars. (NI YANSHUO) 

Des retombées bien réelles 

Depuis le début des années 2000, les entreprises chinoises ont étendu leurs activités en Afrique du Sud à des réseaux qui dépassent largement le cadre du commerce de détail. Elles soutiennent des sociétés de logistique, des services de sécurité, des entreprises de maintenance et des chaînes d’approvisionnement mondiales. La croissance de ces pôles a généré un important effet multiplicateur sur l’ensemble de l’économie. 

L’ambassade de Chine en Afrique du Sud annonce que les entreprises chinoises opérant dans le pays se sont engagées conjointement à créer davantage d’emplois pour les communautés locales, notamment pour les jeunes. « Plus de 200 entreprises chinoises ont investi en Afrique du Sud, créant plus de 400 000 emplois locaux », a déclaré l’ambassadeur de Chine, Wu Peng, ajoutant que malgré les incertitudes mondiales, la Chine reste attachée au multilatéralisme et à la construction d’une communauté d’avenir partagé. Les échanges bilatéraux entre la Chine et l’Afrique du Sud ont atteint 53,58 milliards de dollars en 2025, témoignant d’un engagement économique soutenu entre les deux pays. 

Alors que l’Afrique du Sud se joint à la communauté internationale pour célébrer la Journée internationale des travailleurs, placée sous le thème « Restaurer la dignité par l’égalité des chances et la protection », le ministre adjoint de l’Emploi et du Travail, Jomo Sibiya, a appelé les entreprises chinoises à privilégier l’embauche locale. 

« Le taux de chômage en Afrique du Sud est inacceptable. Il faudrait créer des partenariats et donner la priorité aux Sud-Africains », a déclaré M. Sibiya lors d’un rassemblement d’entrepreneurs chinois au centre de vente China Mall d’Amalgam, zone industrielle et commerciale située dans l’ouest du quartier central des affaires de Johannesburg.

 

 
 
 
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