| 2026-08-01 |
Tracer un chemin partagé |
| · 2026-08-01 |
| Mots-clés: Présidente namibienne ; coopération bilatérale |
La Présidente namibienne évoque l’avenir de la coopération bilatérale, l’industrialisation et la place de l’Afrique dans un monde en mutation

La Présidente namibienne Netumbo Nandi-Ndaitwah. (PHOTOS : XINHUA)
La Présidente namibienne Netumbo Nandi-Ndaitwah a effectué une visite d’État en Chine du 5 au 11 juillet. Accompagnée de sa délégation, elle s’est rendue dans plusieurs villes, dont Guangzhou et Shenzhen (province du Guangdong), Chengdu (province du Sichuan) ainsi que Beijing.
Le 10 juillet, elle a été reçue par le Président chinois Xi Jinping à Beijing. Les dirigeants des deux pays ont annoncé conjointement l’élévation des relations bilatérales au rang de communauté d’avenir partagé Chine-Namibie pour la nouvelle ère.
S’adressant à la presse le 9 juillet à Beijing, Mme Nandi-Ndaitwah a qualifié sa visite d’étape importante dans le renforcement des relations bilatérales. Rappelant le soutien apporté par la Chine à la lutte de libération de la Namibie, elle a déclaré que les deux pays avaient bâti un partenariat fondé sur la solidarité et le respect mutuel.
Elle a souligné l’importante contribution de la Chine au développement de la Namibie, notamment par sa coopération dans les domaines des infrastructures, de l’éducation, de la santé et des ressources humaines, et ajouté que l’expérience chinoise en matière de planification à long terme, d’industrialisation et d’innovation technologique offrait de précieux enseignements.
Pour l’avenir, la Namibie ambitionne d’approfondir sa coopération avec la Chine dans différents domaines. La politique chinoise de traitement tarifaire zéro et l’initiative « la Ceinture et la Route » multiplieront les opportunités d’accroître les exportations des pays africains et de stimuler leur développement. Elle a souligné la nécessité de renforcer la production locale et la valeur ajoutée.
Elle a également appelé à une coopération sino-africaine plus étroite pour promouvoir le multilatéralisme et un ordre international plus équitable. Elle a encouragé les médias namibiens et chinois à partager leurs points de vue respectifs afin de favoriser une meilleure compréhension mutuelle et un avenir commun.
Dans un entretien complémentaire accordé à CHINAFRIQUE et à d’autres médias, la Présidente a abordé des sujets tels que la coopération sino-africaine, l’industrialisation et la géopolitique. En voici un extrait :

Enfants participant à une cérémonie organisée pour célébrer la mise en service de la route B1, réhabilitée avec l’aide de la Chine à Tses, en Namibie, le 3 septembre 2024.
Vous avez visité le Guangdong, important centre industriel côtier, et le Sichuan, pôle industriel majeur de l’intérieur des terres. Qu’est-ce qui vous a le plus marqué jusqu’à présent ?
Sur les différents sites visités, des récits historiques et des informations m’ont été fournis. Shenzhen en est un exemple frappant : en moins de 50 ans, un simple village de pêcheurs est devenu l’une des villes les plus brillantes de Chine. Cela prouve que grâce à une planification précise et en travaillant dur, on atteint ses objectifs.
Au Guangdong, nous avons visité le siège de Huawei. L’entreprise va déployer des programmes de villes intelligentes en Namibie. Des projets pilotes sont déjà en cours, notamment à Windhoek et Swakopmund. Huawei nous a aussi présenté sa technologie d’éducation intelligente et d’intelligence artificielle, dont nous espérons tirer profit afin de faciliter le développement des entreprises.
Nous nous sommes également rendus dans la province du Sichuan pour nous pencher sur la question de l’agriculture.
Selon vous, quel est le rôle du Forum sur la Coopération sino-africaine (FCSA) dans la promotion de la coopération entre la Chine et les pays africains, notamment la Namibie ?
Le FCSA est une plateforme de coopération multilatérale. Cependant, différents pays en bénéficient également individuellement.
Par exemple, lorsque la Chine décide d’allouer des fonds du FCSA à la coopération avec l’Afrique, ces fonds sont toujours alloués par étapes. Une partie peut être utilisée bilatéralement, entre pays ; une autre est destinée à des entreprises afin de contribuer à l’économie de pays africains spécifiques.
Ainsi, lorsque l’on parle de la croissance des échanges commerciaux entre la Namibie et la Chine, ces programmes du FCSA y ont également contribué d’une manière ou d’une autre.
Concernant le développement des échanges commerciaux et des investissements bilatéraux, quels secteurs bénéficieront des partenariats noués lors de cette visite ?
Le secteur agricole surtout, car certains des partenaires rencontrés ici ont évoqué les équipements agricoles qui seront assemblés en Namibie, ce qui les rendra plus compétitifs et moins chers. Les pièces détachées et l’entretien ne poseront aucun problème.
Au parc de démonstration des technologies agricoles, situé à Chengdu, j’ai constaté que des recherches étaient menées sur différentes variétés de semences, mais aussi sur des équipements adaptés à différentes échelles. Ils peuvent être utilisés dans les exploitations domestiques, les petites exploitations et les grandes exploitations.
L’agriculture bénéficiera également de la politique de traitement tarifaire zéro, car la Chine souhaite importer notre bœuf, notre mouton, notre poisson (y compris l’aquaculture) et tous les produits de la mer comestibles. Elle a également manifesté son intérêt pour nos raisins. L’agriculture sera donc un secteur clé.
Bien sûr, le secteur minier est un autre secteur qui en profitera, tout comme le secteur de la transformation, qu’il s’agisse de l’agroalimentaire ou des minéraux.

Membres d’une équipe médicale chinoise entourant un patient local à l’Hôpital intermédiaire de Katutura à Windhoek, en Namibie, le 12 février 2024.
La Namibie aspire à l’industrialisation. Quel rôle la Chine a-t-elle joué et peut-elle jouer dans ce processus ?
La Chine joue un rôle majeur. La Namibie est riche en ressources naturelles, en paysages magnifiques et en biodiversité, tant animale que végétale, ce qui intéresse les entreprises chinoises, qui possèdent la technologie.
Une fois nos ressources mises à la disposition des entreprises namibiennes, les entreprises chinoises apporteront la technologie et, potentiellement, des financements. Ensemble, elles peuvent exploiter ces ressources et les compétences disponibles pour accéder aux marchés internationaux et aux financements.
Concernant les minéraux, les produits obtenus après extraction et transformation deviendront des produits namibiens exportables vers la Chine.
Le tourisme peut grandement y contribuer en créant des emplois, en stimulant le développement des infrastructures et en apportant d’importantes ressources au pays.
Certains observateurs internationaux perçoivent la coopération sino-africaine sous l’angle de la compétition géopolitique. Comment réagissez-vous à de tels discours ?
La politique est très dynamique. Elle n’est pas statique. Les choses évoluent, mais dans les relations internationales, chaque pays défend ses intérêts nationaux ; c’est le facteur fondamental. Cependant, ce faisant, il faut aussi être attentif aux autres. En tant que pays africains, nous cherchons à tirer le meilleur parti des ressources naturelles de l’Afrique.
Parallèlement, nous continuerons de jouer un rôle sur la scène internationale. À cet égard, nous souhaitons tous renforcer le multilatéralisme. Nous exigeons tous que les conflits internationaux soient résolus par la voie de la négociation.
Ainsi, en matière de géopolitique, notre priorité est de renforcer le multilatéralisme, afin que tous les pays, peu importe leur taille, puissent prospérer. Et n’oublions pas qu’en Afrique, nous avons notre Agenda 2063 et nous ne pourrons atteindre cet objectif qu’en nous associant à ceux qui comprennent notre vision.