| 2026-08-01 |
La solidarité face au virus |
| VOL. 18 / AOÛT 2026 par GODFREY OLUKYA · 2026-08-01 |
| Mots-clés: experts médicaux chinois ; Ebola en République démocratique du Congo |
Une équipe d’experts médicaux chinois a été envoyée en renfort face à l’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo

Agent de santé désinfectant une ambulance dans un centre de traitement d’Ebola à Mongbwalu, dans la province de l’Ituri, en RDC, le 20 juin. (PHOTOS : XINHUA)
La République démocratique du Congo (RDC) se trouve actuellement dans une situation difficile depuis l’annonce de l’apparition de cas d’Ebola dans le pays, le 15 mai.
« Ebola a frappé la RDC à 16 reprises depuis 1976. Mais cette fois-ci, la situation est différente. Les analyses en laboratoire ont confirmé que la souche Bundibugyo [actuelle] est rare, agressive et qu’il n’existe à ce jour aucun vaccin homologué », a déclaré Patrick Muyaya, ministre de la Communication et des Médias, le 17 mai.
Début juin, l’Organisation mondiale de la santé a déclaré l’épidémie comme urgence de santé publique de portée internationale. Les conflits, les déplacements de population et les mouvements massifs de population autour des mines d’or ont rendu le traçage des cas dans le pays quasi impossible.
Un soutien essentiel
« La Chine a décidé d’apporter son aide à la RDC et continuera de le faire au mieux de ses capacités. Nous sommes solidaires face à cette nouvelle épidémie d’Ebola », a déclaré Lin Jian, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, le 1er juin.
La Chine apporte également son soutien à la Commission de l’Union africaine et au Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (CDC Afrique) pour renforcer les mesures de confinement dans tout autre pays de la région susceptible d’enregistrer des cas d’infection.
La Commission nationale de la santé de Chine indique dans un communiqué que l’équipe médicale envoyée en RDC travaille en étroite collaboration avec les autorités locales pour contenir l’épidémie, former les médecins et les infirmiers locaux, et fournir des directives aux hôpitaux en matière de lutte contre les épidémies.
Le 2 juin, une équipe médicale chinoise a atterri à Kinshasa, la capitale. Composée de cinq médecins spécialistes en épidémiologie, médecine clinique, recherche sur les épidémies et médecine traditionnelle chinoise, elle restera en mission pendant trois mois.

Réunion d’experts médicaux chinois sur la riposte à Ebola avec Jean- Jacques Muyembe (à droite), directeur de l’Institut national de recherche biomédicale de la RDC, à Kinshasa, le 10 juin.
Une action immédiate
Lu Ming, à la tête de l’équipe médicale chinoise, a indiqué que son équipe ferait tout son possible pour aider le pays à éradiquer le virus Ebola. Dès son arrivée, elle a commencé par l’étape d’évaluation de l’épidémie et la prise en charge des cas.
Par ailleurs, Rose Mundala, directrice des établissements de soins et des partenariats au ministère de la Santé publique, de l’Hygiène et de la Prévoyance sociale de la RDC, a précisé qu’avant l’arrivée de son équipe médicale, la Chine avait fait don de médicaments et de matériel médical à l’Hôpital de l’amitié sino-congolaise de Kinshasa. Elle a également confié que les fournitures avaient amélioré les conditions de traitement à l’hôpital et profité à de nombreux patients locaux. Elle a rappelé que la Chine et la RDC avaient déjà coopéré par le passé lors des épidémies d’Ebola et de Mpox.
Mme Mundala a ajouté que les experts chinois répartissent leur temps de travail pour optimiser leurs actions : le matin, ils se rendent dans les centres de traitement pour former les infirmières congolaises à la prise en charge des cas graves en l’absence de vaccin ; l’après-midi, ils forment les agents de santé communautaires au repérage des symptômes ; et le soir, ils coordonnent leurs actions avec les entreprises chinoises afin de protéger leur personnel et les villages environnants.
Des décennies de lutte côte à côte
La RDC a subi plus d’épidémies d’Ebola que tout autre pays. Celles de 2018-2020 dans la province du Nord-Kivu ont fait plus de 2 200 victimes. L’épidémie actuelle est concentrée dans trois provinces de l’est, toutes touchées par un conflit armé entravant la libre circulation des services de santé et le traçage des contacts.
La réponse de la Chine à Ebola en juin s’inscrit dans un contexte plus large. Au cours des 60 dernières années, la Chine a régulièrement envoyé des équipes médicales en Afrique lors de crises sanitaires. Pendant la crise d’Ebola en Afrique de l’Ouest (2014-2016), la Chine a dépêché 1 000 agents de santé et promis plus de 120 millions de dollars d’aide. En outre, plus de 45 équipes médicales chinoises ont œuvré dans 44 pays africains ces dernières années.
Le Forum sur la Coopération sino-africaine, qui s’est tenu pour la dernière fois en septembre 2024 à Beijing, a placé la santé publique au cœur de ses priorités et mis l’accent sur la formation du personnel médical africain, la construction d’hôpitaux et le déploiement d’équipes médicales.
Dans un rapport du 25 juillet, l’Institut national de santé publique de la RDC a fait état de 3 075 cas confirmés et de 1 354 décès. Les autorités sanitaires ont également indiqué que 755 patients étaient actuellement hospitalisés ou en isolement, tandis que 556 personnes étaient guéries depuis le début de l’épidémie.
La première ministre Judith Suminwa Tuluka a indiqué le 24 juillet que des chercheurs travaillaient actuellement à la mise au point d’un traitement et d’un vaccin.
Jean Kaseya, directeur général du CDC Afrique, félicite la Chine pour son engagement ferme à soutenir les priorités de santé publique de l’Afrique.
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