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  2026-08-01
 

Les superpouvoirs des carapaces

VOL. 18 / AOÛT 2026 par GE LIJUN  ·   2026-08-01
Mots-clés: écrevisses ; lutter contre les microplastiques

Des déchets alimentaires transformés en pièges à microplastiques 

 

Écrevisses élevées dans une base de démonstration de standardisation de la chaîne complète de l’agriculture moderne, dans le district de Xuyi (province du Jiangsu), le 27 mars. (XINHUA) 

Dans de nombreuses régions de Chine, les écrevisses sont les stars des repas nocturnes. Mais la consommation de ce crustacé très apprécié cache des montagnes de carapaces, longtemps considérées comme de simples déchets. Des chercheurs chinois y voient désormais une ressource précieuse pour lutter contre les microplastiques. 

Ces particules, d’un diamètre inférieur à 5 mm, contaminent aujourd’hui les océans, les rivières, les sols et même l’air. Elles peuvent également pénétrer dans la chaîne alimentaire et atteindre l’organisme humain. Les techniques classiques d’élimination restent souvent coûteuses ou peu efficaces. 

Une équipe dirigée par le professeur Deng Hongbing, de l’Université de Wuhan, a découvert que la structure fibreuse des carapaces d’écrevisses constituait un excellent matériau naturel pour capturer les microplastiques. Après plusieurs années de recherche, les scientifiques ont mis au point une technologie déjà en cours d’application industrielle. L’équipe a déposé plus de 30 brevets, générant une valeur économique supplémentaire de plus de 800 millions de yuans (118 millions de dollars). 

La carapace d’écrevisse a une structure interne formant un réseau ordonné de fibres naturelles. La chitine en constitue l’ossature, tandis que protéines et calcaire en assurent la rigidité. Après l’élimination d’une grande partie des composants, on obtient un squelette fibreux capable de retenir efficacement les particules de microplastiques. 

L’originalité de cette solution réside aussi dans sa durabilité. Les filtres conçus à partir des carapaces peuvent être réemployés à plusieurs reprises grâce à un procédé permettant d’éliminer les particules retenues. 

Les chercheurs ont également conçu une éponge à partir de ß-chitine extraite d’os de calmar et de grains de pollen. Ce matériau biodégradable, sans additif chimique, est capable d’absorber les nanoplastiques. Un seul gramme suffit à purifier une tonne d’eau naturellement contaminée, tout en conservant son efficacité après de nombreux cycles d’utilisation. 

Testée dans des eaux très diverses, du lac du campus universitaire au Yangtsé et jusqu’à la mer de Bohai, cette technologie a déjà suscité l’intérêt d’entreprises qui développent des cartouches filtrantes destinées aux purificateurs d’eau. 

Des chercheurs de l’Université océanique de Shanghai ont par ailleurs montré qu’après un traitement spécifique, les carapaces acquièrent une charge positive qui attire naturellement les microplastiques, généralement chargés négativement. 

Ces travaux montrent que des déchets biologiques tels que les carapaces de crustacés pourraient devenir de nouveaux alliés dans la dépollution des eaux et le développement d’une économie circulaire.

 

 
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