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  2026-09-01
 

Harmonie entre environnement et développement

VOL. 18 / SEPTEMBRE 2026 par ERIK SOLHEIM  ·   2026-09-01
Mots-clés: révolution verte chinoise

Les effets de la révolution verte chinoise dépassent largement les frontières du pays 

Parc forestier national de Saihanba (province du Hebei), le 23 mai. (PHOTOS : XINHUA) 

Se rapprocher de la Chine, c’est se rapprocher des pays du Sud global, et donc du développement vert. Lorsqu’un pays consacre autant d’efforts à la cause mondiale de l’écologie et obtient des résultats aussi remarquables, quiconque s’investit dans ce domaine ne peut ni ne doit ignorer cette force positive si puissante. 

Une révolution verte 

À mon arrivée au Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), j’ai été frappé par un constat surprenant : très peu de projets chinois avaient reçu le prix « Champions de la Terre », la plus haute distinction environnementale de l’organisation. Ce n’était pas faute de pratiques vertes remarquables, mais plutôt la conséquence d’un fossé géographique et culturel inhérent au système d’évaluation international de l’époque. 

Depuis que j’ai foulé le sol chinois pour la première fois en 1984, j’ai parcouru plus de la moitié du pays et pris l’habitude, dans chaque nouvelle ville, d’aller courir pour en éprouver l’environnement naturel de façon directe. Ces 15 dernières années, j’ai nettement perçu l’amélioration continue de la qualité de l’air, les progrès remarquables dans la gestion de l’eau, ainsi que l’expansion constante des espaces verts urbains. Aujourd’hui, les fruits de ce virage écologique sont omniprésents. 

Cette dynamique a fini par obtenir la reconnaissance internationale qu’elle méritait. En 2017, le PNUE a décerné le prix « Champions de la Terre » à la communauté de reboisement de Saihanba (province du Hebei). Sur une terre autrefois menacée par la désertification, trois générations de Chinois, animées depuis plus d’un demi-siècle par une détermination sans faille, ont réalisé l’exploit de créer une forêt artificielle de plus d’un million de mu (67 000 hectares). Il s’agit d’un prodige d’ingénierie écologique et d’une magnifique victoire de la volonté humaine alliée à la puissance régénératrice de la nature. 

Un autre exemple est le Programme de revitalisation rurale verte entrepris dans la province du Zhejiang. Cette vaste action de gouvernance locale a complètement transformé le visage d’innombrables villages. 

En un laps de temps relativement court, la Chine a atteint des objectifs de gouvernance environnementale que de nombreux pays occidentaux ont mis des décennies à réaliser, tout en améliorant significativement la qualité de vie de sa population. La rapidité et l’ampleur de cette transformation sont tout simplement impressionnantes, et l’expérience ainsi que les enseignements qu’elle offre constituent une référence précieuse pour l’ensemble des pays en développement. 

Bus électrique BYD du réseau de transports publics du Cap (Afrique du Sud) en circulation, le 28 février 2024. 

Du concept à la réalité 

La Chine refuse de trancher entre croissance économique et protection écologique. Ces deux impératifs peuvent coexister et se renforcer mutuellement, jusqu’à devenir indissociables. 

Le désert de Kubuqi (région autonome de Mongolie intérieure) a fait l’objet d’un changement de paradigme fondamental : les habitants ne perçoivent plus le désert comme une fatalité, mais comme une ressource à valoriser. Grâce au développement de l’industrie photovoltaïque, du tourisme écologique et de la culture de plantes médicinales, la région a restauré son écosystème tout en créant de nombreux emplois, permettant une hausse sensible des revenus locaux. 

Plus frappant encore, cette conception du développement écologique fait preuve d’une réelle finesse en matière de mobilisation sociale. Là où les termes techniques, froids et obscurs, peinent souvent à susciter l’enthousiasme du public pour la protection écologique, des principes comme « la nature vaut son pesant d’or » ou « une belle Chine » s’avèrent simples et percutants. Ils parviennent à traduire un discours d’expert en un langage accessible, auquel les citoyens s’identifient et qui leur donne envie de s’engager. 

Qu’il s’agisse des objectifs à long terme à l’horizon 2035 ou de l’objectif du deuxième centenaire pour 2049, la Chine excelle dans l’art de projeter des visions sur plusieurs décennies, tout en les concrétisant progressivement à travers ses plans quinquennaux. Cette constance stratégique constitue un atout institutionnel unique. 

Zèbre broutant à proximité de la ligne ferroviaire Mombasa-Nairobi, au Kenya, le 28 juillet 2022.  

Un avenir partagé 

La portée du développement vert de la Chine dépasse désormais ses frontières. Ce processus d’intégration profonde entre les forces productives de nouvelle qualité et la durabilité apporte un nouvel espoir au monde entier. D’un côté, les nouvelles technologies comme l’intelligence artificielle (IA) accélèrent la révolution verte à un rythme inédit ; de l’autre, sans un approvisionnement en énergies propres à faible coût et à grande échelle, il serait tout simplement impossible de soutenir l’immense consommation énergétique des industries du futur. Il s’agit d’une véritable relation symbiotique. 

Ce qui mérite particulièrement d’être salué, c’est l’esprit d’ouverture et de partage dont la Chine fait preuve dans sa promotion du développement technologique. Elle aide d’autres nations à réaliser leur transition énergétique à moindre coût et à un rythme plus rapide, avec la mise à disposition mondiale de grands modèles d’IA, comme ceux de DeepSeek, l’implantation industrielle de BYD au Brésil, ou encore les investissements de CATL en Hongrie. Cette démarche renforce la confiance internationale : plus la Chine fournit de biens publics mondiaux, plus l’avenir du monde gagne en certitude. 

On peut affirmer sans exagérer que, sans la Chine, la transition verte mondiale ne s’arrêterait pas, mais elle deviendrait certainement beaucoup plus coûteuse et lente. Le « commerce vert » est une approche dépassant la simple circulation des marchandises pour établir une coopération respectueuse de l’environnement. Cette philosophie de coopération gagnant-
gagnant s’incarne pleinement dans l’initiative « la Ceinture et la Route ». Ainsi, en traversant la savane kényane à bord du train de la ligne Mombasa-Nairobi, on peut observer des éléphants emprunter les couloirs de migration spécialement aménagés par des équipes chinoises. Par ses actions concrètes, la Chine s’affirme comme un moteur essentiel de la gouvernance verte mondiale. 

Pourtant, certains craignent que l’utilisation des technologies vertes chinoises n’entraîne une perte d’autonomie. Je pense, au contraire, qu’elle la renforce. S’appuyer sur des technologies et des équipements chinois performants et accessibles pour construire son propre système d’énergies renouvelables, c’est consolider son indépendance énergétique tout en stimulant le développement des industries locales et l’emploi. 

Nous devons prendre conscience que la lutte contre le changement climatique et la crise écologique, ainsi que l’éradication de la pauvreté, sont des responsabilités universelles. Pour parvenir à un consensus, les capitaux et les technologies ne suffisent pas : il faut y ajouter la force des civilisations. La sagesse d’une vie en harmonie avec la nature est depuis toujours ancrée au cœur des traditions des grandes civilisations du monde. À mon sens, la Chine ne cherche pas seulement à mener sa propre transition écologique, mais entend œuvrer avec le reste du monde à l’édification d’une « civilisation verte » moderne, fondée sur l’harmonie entre l’homme et la nature.  

ERIK SOLHEIM : Ancien directeur exécutif du Programme des Nations unies pour l’environnement 

(L’article original a été publié dans Le Quotidien du Peuple.) 

 
 
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