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  2026-09-01
 

Tianjin, entre technologies et traditions

VOL. 18 / SEPTEMBRE 2026 par GETAHUN ASSEFA  ·   2026-09-01
Mots-clés: Tianjin ; innovations technologiques

Tianjin se démarque par les innovations technologiques de son port intelligent et par son riche patrimoine culturel 

Getahun Assefa (à droite) posant pour un selfie avec une artiste locale à Tianjin, en mai. (COURTOISIE)

Un récent séjour à Tianjin m’a permis de découvrir la ville pour la première fois. Pendant quatre jours, l’exploration des sites historiques et culturels, combinée à la visite de centres technologiques et d’innovation, m’a montré comment la ville conjugue son patrimoine industriel aux nouvelles technologies. 

À chaque étape, une expérience mémorable. La visite du port de Tianjin m’a particulièrement marqué, offrant un aperçu fascinant de l’avenir de la logistique moderne.   

La technologie au service de la logistique 

Ce qui frappe en premier au port de Tianjin, ce n’est pas la taille des navires ni les montagnes de conteneurs, c’est le mouvement. 

Debout au Terminal intelligent zéro carbone, je regarde le va-et-vient des conteneurs, transportés par des véhicules autonomes, à travers la vaste étendue du port. Les grues soulèvent et déplacent les marchandises avec une précision remarquable. Il n’y a aucune agitation visible et peu de bruit par rapport à ce que j’imaginais de l’un des ports les plus fréquentés du monde. Tout semble bouger selon une chorégraphie invisible. 

Derrière cette opération apparemment simple se cache un système numérique sophistiqué. L’intelligence artificielle (IA) aide à coordonner les activités dans l’ensemble du terminal, tandis que les technologies avancées de communication et de positionnement permettent aux machines de fonctionner ensemble avec une précision 
extraordinaire. Les opérateurs et les ingénieurs restent essentiels dans le processus : ils supervisent les opérations à distance et interviennent lorsque le jugement humain est requis. 

En regardant le déroulement des opérations, j’ai été frappé par la différence entre le port et l’image traditionnelle d’un front de mer animé. Ici, la technologie n’est pas simplement un vernis de modernité ; elle fait désormais partie du fonctionnement du port. 

L’automatisation présente des avantages pratiques. Elle permet de déplacer navires, conteneurs, véhicules et grues de manière sûre et efficace, et de réduire le nombre d’employés travaillant dans des zones physiquement exigeantes et potentiellement dangereuses. 

Toutefois, l’automatisation n’est que la partie émergée de l’iceberg. Le Terminal intelligent zéro carbone de Tianjin vise aussi à rendre les grandes opérations plus durables. Les énergies renouvelables s’intègrent aux opérations, tandis que l’électrification généralisée modifie l’alimentation des véhicules et équipements. 

C’est particulièrement important pour un port. Le commerce mondial dépend du transport maritime, mais les infrastructures consomment énormément d’énergie : grues, véhicules et installations de stockage doivent fonctionner en continu. À Tianjin, ces défis sont abordés dans le cadre d’un système intégré. Les mêmes technologies qui automatisent le terminal améliorent son efficacité. 

Le port ne constitue pas une vitrine 
technologique isolée. Il fait partie d’un vaste réseau reliant les navires aux chemins de fer et aux routes, les entreprises de logistique aux centres industriels et les fabricants chinois aux marchés du monde entier. 

Au milieu des conteneurs, j’ai commencé à voir le port comme une porte d’entrée par laquelle transitent les marchandises, mais aussi comme une préfiguration de la manière dont le commerce mondial lui-même pourrait être organisé dans les années à venir. 

Port de Tianjin au crépuscule, le 20 juin. (XINHUA)

Au-delà des quais 

Les visites d’entreprises ont également montré que le développement technologique de Tianjin s’étend bien au-delà de son port. 

L’entreprise Deepinfar Ocean Technology propose des robots sous-marins intelligents, des équipements d’intervention subaquatique et d’autres technologies marines. 

Chez AtomRobot, j’ai vu des robots parallèles et des robots à intelligence incarnée. Au Centre d’opérations de patrouille par drones de Tianjin Electric Power, des appareils garantissent la sécurité d’exploitation des infrastructures électriques critiques. 

Malgré des objectifs très différents, ces technologies convergent : l’intelligence passe du numérique au monde physique. Des robots opèrent dans l’industrie, des drones inspectent les infrastructures et des systèmes intelligents coordonnent des opérations complexes. 

Tianjin offre un cadre particulièrement intéressant pour observer cette transition, car ses secteurs industriel, technologique et maritime sont étroitement liés. 

Ce constat est apparu clairement lors de l’Exposition mondiale de l’intelligence 2026, tenue à Tianjin du 28 au 31 mai au Centre national des congrès et des expositions. Sous le thème « IA+ », elle a présenté les avancées en IA, intelligence incarnée, véhicules connectés, fabrication, économie de basse altitude et habitat intelligent. 

Dans les halls d’exposition, j’ai découvert les technologies émergentes qui façonnent la prochaine génération d’industries intelligentes. Au port, j’ai pu constater comment certaines de ces idées sont déjà mises en application sur le terrain. 

Ce lien entre innovation et application pratique est essentiel. La technologie prend tout son sens 
lorsqu’elle dépasse le stade de la simple démonstration et commence à répondre aux défis quotidiens des industries et des collectivités. 

La technologie n’est toutefois qu’un aspect du développement de Tianjin. Au cours de ces quatre jours, j’ai également découvert le caractère historique et culturel de la ville. 

Dans la rue de la Culture ancienne, artisanat et spectacles battent leur plein. La vieille ville de Yangliuqing met en avant son patrimoine (peintures du Nouvel An, découpages de papier). J’ai aussi longé le fleuve Haihe, clé de l’histoire et du paysage contemporain de Tianjin. 

​Ces expériences m’offrent un autre regard sur la ville. À Tianjin, l’ancien ne s’efface pas devant le nouveau : quartiers historiques, traditions, industrie et technologie y coexistent harmonieusement. C’est ce mélange qui crée tout son caractère. 

Visite de journalistes africains au port de Tianjin, en mai. (COURTOISIE)

Vision pour l’Afrique 

Bien plus qu’une simple démonstration de technologies de pointe, cette visite invite à réfléchir à l’application d’innovations similaires pour façonner l’avenir des infrastructures et de la connectivité sur le continent africain. 

Les pays africains investissent dans les ports, les chemins de fer, les réseaux logistiques, les zones industrielles et d’autres infrastructures afin de développer leurs échanges commerciaux nationaux et internationaux. 

Le défi ne se limite plus à la construction 
d’infrastructures. Il s’agit désormais de développer des systèmes capables de rester efficaces, durables et adaptables face à l’évolution constante des technologies. 

Tianjin offre une expérience précieuse. Son port illustre comment les infrastructures maritimes peuvent être reliées aux technologies numériques, aux énergies renouvelables, à l’industrie manufacturière de pointe et à des réseaux de transport plus vastes. 

Pour l’Afrique, où l’amélioration de la connectivité et de la logistique demeure essentielle au développement des échanges commerciaux, des expériences comme celle de Tianjin peuvent servir de références utiles pour explorer de nouvelles pistes et ouvrir de nouvelles perspectives.  

GETAHUN ASSEFA, journaliste, producteur et animateur de télévision en Éthiopie 

 
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