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  2019-09-05
 

Les anges donnant la vie

par Hu Fan  ·   2019-09-05
Mots-clés: sages-femmes; formation; Afrique; Chine
Des étudiants suivent une formation au sein du Premier Hôpital rattaché à l’Université de médecine de Wenzhou. (HU FAN)

Lors d'une chaude journée de juillet, un groupe d'étudiants africains prennent place autour d'une table dans une salle du Premier Hôpital rattaché à l'Université de médecine de Wenzhou. Face à eux, trois sages-femmes chinoises leur enseignent les rudiments de l'accouchement à l'aide de mannequins.

Ces jeunes hommes et femmes venus d'Afrique étudieront ici pendant deux semaines dans le cadre d'un programme de formation de sages-femmes intitulé « Les Anges de la vie ». Après la démonstration, les étudiants iront dans une vraie salle d'accouchement pour être témoins de la naissance et de la prise en charge d'un bébé.

Soudainement, le cours est interrompu par une infirmière. Celle-ci annonce que la femme enceinte qui s'est portée volontaire pour le programme est sur le point d'accoucher. Aussitôt, les professeurs décident de remettre la démonstration à plus tard. Ils invitent les apprenants à se rendre dans la salle d'accouchement.

Une expérience fructueuse

Le programme, lancé l'an dernier, est parrainé et mis en œuvre par le Collège de soins infirmiers de l'Université de médecine de Wenzhou. Cette année, 25 apprenants en provenance de neuf pays africains suivront une formation intensive de deux semaines. La plupart d'entre eux étudient déjà dans des universités chinoises.

Lu Zhongqiu, doyen du collège, a expliqué à CHINAFRIQUE que le programme offrait une formation de base aux étudiants africains en matière d'aide néonatale. Le but est de contribuer à améliorer les soins de santé maternelle et néonatale en Afrique.

« Pendant l'accouchement, la participation des sages-femmes est essentielle, et les compétences et aptitudes des sages-femmes sont directement liées à la santé de la mère et du bébé », a-t-il souligné.

Le programme est suivi non seulement par des filles, mais aussi par 10 jeunes hommes intéressés par cette profession. Parmi eux se trouve Joseph Akparibila Azure, un jeune Ghanéen en première année de maîtrise en obstétrique et gynécologie au Collège de médecine de Hainan (sud de la Chine). Il s'est inscrit à la formation en pensant qu'il allait probablement devoir collaborer avec des sages-femmes dans le cadre de sa future pratique médicale.

Par rapport aux autres étudiants, Joseph a plusieurs années d'expérience médicale, ce qui lui permet d'aider ses collègues. Malgré tout, il dit avoir beaucoup appris dans la cadre de la formation, en raison de l'organisation réfléchie du programme. « Les personnes qui s'occupent du programme sont très compétentes et savantes, et leur anglais est très bon », a-t-il affirmé.

Selon M. Lu, le Collège de soins infirmiers de l'Université de médecine de Wenzhou – établi il y a plus de 20 ans – est bien pourvu en personnel et habitué à la coopération internationale. Depuis 1999, plus de 1 500 étudiants étrangers y ont été formés, dont environ 50 % viennent d'Afrique. Pour s'assurer que les étudiants maîtrisent les compétences de sage-femme, le programme a été conçu de façon à inclure des exercices en laboratoire et des observations en milieu hospitalier, en plus des études théoriques. « Nous espérons que nos étudiants pourront travailler en tant que sages-femmes après leur retour chez eux », a-t-il souhaité.

Les étudiants suivent une formation en soins néonataux. (HU FAN)

Une aide utile

Selon les données de l'UNICEF, l'Afrique subsaharienne souffre du taux de mortalité maternelle le plus élevé au monde : 546 décès pour 100 000 naissances vivantes, à savoir 201 000 décès maternels par an. Cela représente les deux tiers de tous les décès maternels dans le monde annuellement.

Aba Miracle Nfawami est originaire du Nigeria et étudie le mandarin au Collège médical du Liaoning, une étape préparatoire à ses futures études. La femme d'un de ses amis est décédée l'année dernière, trois jours après avoir donné naissance à son enfant. Après ses deux semaines de formation à Wenzhou, elle croit avoir identifié la cause du décès. Selon les symptômes, elle pense qu'il s'agissait d'une hémorragie post-partum.

« Si je suis présente lors d'un accouchement à l'avenir, que ce soit pour une membre de ma famille ou une amie, ou même une inconnue dans un bus ou un centre commercial, je pourrais être d'une grande aide », a-t-elle affirmé.

Selon elle, la mortalité maternelle est un problème majeur au Nigeria, en particulier dans les zones rurales. Avec ses nouvelles connaissances, elle a maintenant la possibilité de contribuer à l'amélioration des soins de santé maternelle et néonatale dans son pays.

En ce qui concerne la diffusion des compétences des sages-femmes en Afrique, l'Université de médecine de Wenzhou a de grandes ambitions. M. Lu dit que l'impact de la formation doit être étendu. Il prévoit d'augmenter la taille de la classe à une trentaine d'élèves et, lorsque les conditions le permettront, de donner la formation sur place, en Afrique.

Ce ne serait pas la première fois que l'université s'implique sur le continent. Depuis 1972, elle a envoyé 49 professionnels de la santé dans des pays comme le Mali et la Namibie. Une équipe de quatre médecins praticiens travaille actuellement en République centrafricaine.

En janvier 2019, l'université a envoyé 11 experts au Burkina Faso, où ils ont effectué gratuitement 146 opérations de la cataracte. Il s'agissait du premier programme d'aide médicale entre la Chine et le Burkina Faso suite à la reprise des relations diplomatiques entre les deux pays en 2018.

Mettre en pratique le contenu de la formation sur le continent est aussi ce que souhaite Joseph. « Si les apprenants retournent en Afrique et s'impliquent auprès des gens de leur communauté, ils appliqueront ce qu'ils ont appris immédiatement. De cette façon, le programme aura un impact à 100 % », a-t-il affirmé.

Un rêve devenu réalité

Derrière ce programme se cache l'histoire d'une rencontre touchante. En 2011, Dong Qixin, directrice d'une entreprise basée à Beijing et l'une des commanditaires de la formation, a fait la connaissance de Joseph Kahama, secrétaire général de l'Association de promotion de l'amitié sino-

tanzanienne, et de son épouse Nancy Kahama. Ils sont vite devenus des amis proches, se rencontrant chaque fois que Mme Dong visitait la Tanzanie.

En 2014, alors que cette dernière était en Tanzanie pour assister à un forum, Mme Dong a remarqué que de nombreux enfants erraient sans surveillance dans les rues du pays. Mme Kahama lui a dit que plusieurs d'entre eux étaient orphelins, expliquant que l'Afrique avait besoin de plus de sages-femmes. « Ce ne sont pas nécessairement des médecins qui possèdent des compétences de haut niveau, mais une sage-femme peut sauver de nombreuses vies », a-t-elle dit.

C'est ainsi que les deux femmes ont eu l'idée de mettre sur pied un programme de formation de sages-femmes répondant aux besoins de l'Afrique. Leurs efforts ont porté fruit en 2017, lorsque leur projet a obtenu le feu vert de la direction de l'Université de médecine de Wenzhou. La première formation des « Anges de la vie » a eu lieu en août 2018.

Fruit de l'amitié entre les peuples de Chine et d'Afrique, le programme vise à perpétuer ce précieux héritage. En plus de l'apprentissage intensif des connaissances professionnelles, les étudiants ont été invités à visiter les attractions culturelles de Wenzhou et à découvrir la culture chinoise. « Une meilleure compréhension de la culture chinoise contribue à promouvoir l'amitié entre les peuples chinois et africains », a expliqué M. Lu.

Pour vos commentaires : hufan@chinafrica.cn

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