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  2020-07-09
 

Cultiver les citoyens du monde

par Li Xiaoyu  ·   2020-07-09
Mots-clés: éducation; Chine

Deux mères africaines font part de leur expérience en matière d’éducation des enfants en Chine

Elema Wario et ses enfants.

Les bras ouverts de la Chine attirent de plus en plus d’Africains en quête d’une nouvelle expérience professionnelle et de vie. Même que certains d’entre eux n’hésitent pas à emmener leurs enfants avec eux. Elema Wario et Bridget Mutambirwa en font partie. Malgré certains défis, elles jugent favorable de voir leurs enfants étudier dans un pays étranger comme la Chine à un jeune âge.

« Cette flexibilité culturelle les prépare à la citoyenneté mondiale, ce qui leur sera utile tant dans leur vie personnelle que professionnelle à l’âge adulte », affirme Elema.

Au-delà d’une expérience

Elema vient du Kenya et son mari du Rwanda. Sa fille et son fils sont tous les deux nés à Beijing, où elle travaille comme enseignante dans une école internationale. Ses enfants sont inscrits dans son établissement qui est ouvert uniquement aux détenteurs de passeports étrangers. Dans son cas, ceci correspond à un avantage octroyé aux employés de l’école.

Des enseignants occidentaux et chinois y planifient et animent ensemble des cours sur la culture chinoise ainsi que des activités musicales, artistiques et sportives, entre autres. Elle estime que le mélange d’élèves et d’enseignants multiculturels donne à ses enfants un sentiment de bien-être et de confiance dans leurs échanges avec quiconque de n’importe quelle culture.

Par ailleurs, l’immersion totale dans une langue étrangère lui paraît extrêmement importante pour ses enfants. « Cet environnement développe chez eux les compétences dont ils auront besoin pour devenir des locuteurs éloquents sans même y penser ».

Comme Elema, Bridget, originaire du Zimbabwe, travaille aussi à Beijing en tant que conseillère de la rédaction dans un groupe de médias chinois. Âgé de neuf ans, son fils, Michael Hwasheni, a commencé ses études en Chine à l’âge de quatre ans. Avant cela, il avait fréquenté un jardin d’enfants au Zimbabwe, son pays natal.

Michael étudie présentement à la Beijing Zhongshan Experimental School. « Il s’agit d’une école semi-internationale. Je l’ai choisie parce que je voudrais qu’il puisse avoir un peu des deux mondes occidental et chinois, tant pour l’apprentissage que pour l’expérience des cultures », explique Bridget à CHINAFRIQUE.

Pour elle, étudier en Chine ne tient pas uniquement à une expérience, mais a d’autres avantages. « Les classes ici sont beaucoup plus modernes par rapport à celles dans mon pays. Les programmes d’études collent à la réalité et préparent mon fils à une société avancée. »

Problème de langue

Comme la plupart des élèves internationaux, la barrière linguistique est l’un des plus grands défis auquel Michael a été confronté pendant ses premiers jours en Chine. « Il n’avait pas d’autre choix que d’apprendre le chinois, car il était le seul étranger dans son jardin d’enfants », se souvient sa mère.

Pendant ces temps difficiles, il a développé un goût pour les personnages de dessins animés comme Boonie Bears, et a cherché avec intérêt à comprendre ce qu’ils disaient, ce qui a beaucoup favorisé son apprentissage du chinois. En outre, « il n’a jamais vraiment eu d’autres amis étrangers que des Chinois. Cela lui a également permis de gagner en confiance dans un pays étranger et d’apprendre sa culture et ses normes plus rapidement », estime Bridget.

Grâce à sa maîtrise de la langue et à son intérêt grandissant pour le théâtre, Michael est monté à deux reprises sur la scène de la chaîne de CCTV pour enfants. Il en est sorti plus confiant dans ses études.

Nés à Beijing, les enfants d’Elema n’ont pas éprouvé trop de peine à étudier la langue locale. Dans leur école actuelle, le chinois et l’anglais sont traités sur un pied d’égalité ; à la maison, leur père, qui parle couramment le chinois, les soutient dans leurs devoirs chinois tandis que leur mère les accompagne en anglais. En raison de leur performance en langues, ils s’intègrent aisément dans la vie locale et ont des amis culturellement différents.

Études en confinement

Michael (au centre) et ses amis chinois.

À leur grand soulagement, les deux mères n’ont pas vu les études de leurs enfants s’interrompre suite à l’épidémie. À cet égard, les cours en ligne aident beaucoup, notent-elles.

« La vie continue comme d’habitude pour mon fils et les maîtres font de leur mieux pour améliorer l’enseignement, au moyen, par exemple, d’applications », raconte Bridget. « J’apprécie ça. » Michael aime bien ces cours et y accorde beaucoup d’attention. Ce résultat plaît à sa mère. « D’une manière ou d’une autre, tout fonctionne », rassure-t-elle en souriant.

Bridget est devenue elle-même plus impliquée dans le travail scolaire de Michael. « Je suis comme son professeur à la maison qui surveille ce qu’il apprend en cours », indique-t-elle. De plus, elle s’efforce de créer un environnement scolaire à son domicile en permettant, par exemple, à Michael de décorer son espace de travail à sa guise.

Quant aux enfants d’Elema, l’éducation sur la toile étant une nouveauté pour eux, ils se sont plaints de la fatigue au début. Pour les aider à s’adapter au nouveau mode d’apprentissage, Elema a pris la décision de réduire leur temps d’écran en reléguant le téléviseur au grenier, afin qu’ils puissent s’amuser davantage avec leurs jouets et entre eux après les cours en ligne. Son mari et elle ont aussi assumé la responsabilité de l’enseignement à domicile. Mais elle a avoué que « ce n’était pas une tâche facile ».

Une vision d’avenir

Parlant de ses plans futurs, Elema croît qu’il est souhaitable que ses enfants suivent une partie de leur éducation dans leur pays d’origine, pour s’ancrer dans leur propre culture. Cela permettrait aussi d’éviter certains problèmes liés à l’identité et aux liens d’amitié à long terme qu’éprouvent les enfants vivant dans des pays étrangers.

« Il importe que les parents s’assurent que les enfants soient connectés avec leur culture d’origine », suggère Elema. À cet effet, elle se fait un devoir d’amener ses enfants en visite dans leurs familles en Afrique une ou deux fois par an pendant plusieurs semaines. Elle tient aussi à parler leur langue maternelle à la maison et à établir des liens sociaux avec leurs compatriotes à Beijing.

Cependant, elle dit vouloir que ses enfants restent en contact permanent avec la langue chinoise et ses cultures qu’ils quittent ou pas le pays.

De son côté, Bridget semble prête à affronter ce qui se trouve devant eux. « L’autre jour, j’ai été surprise quand Michael m’a montré les images de l’Université Tsinghua et m’a dit qu’il voulait y étudier quand il serait grand », révèle-t-elle. « Je vais continuer à l’accompagner dans ses études quelle que soit la manière. Avec ou sans épidémie, la vie poursuit son cours ! »

Pour vos commentaires : lixiaoyu@chinafrica.cn

 

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