| 2025-12-01 |
Une ouverture par étapes |
| VOL. 17 / DÉCEMBRE par LIU LIANG et LIAO SHUOZHONG · 2025-12-01 |
| Mots-clés: ouverture institutionnelle ; CIIE |

Exposants sri lankais présentant des bijoux lors de la 8e édition de la CIIE à Shanghai, le 9 novembre. (HU FAN)
La 8e Exposition internationale des importations de Chine (CIIE), organisée à Shanghai du 5 au 10 novembre, a une nouvelle fois souligné l’engagement de la Chine à élargir son ouverture institutionnelle. Avec une surface d’exposition, un nombre de participants et un montant d’accords d’intention sans précédent, l’exposition a mis en lumière l’attractivité considérable du vaste marché chinois et sa volonté d’élargir les opportunités mondiales, de renforcer les dispositifs de développement partagé et de dynamiser l’économie mondiale.
Au fil de ses huit éditions, la CIIE est devenue un point d’observation privilégié de l’ouverture de la Chine. En optimisant les procédures douanières, les politiques fiscales, la protection de la propriété intellectuelle et l’accès aux marchés, elle a généré des pratiques institutionnelles reproductibles, démontrant sa volonté d’ouverture et d’intégration aux normes élevées du commerce international.
Une progression stable
L’ouverture institutionnelle vise à harmoniser règles, réglementations, pratiques de gestion et normes nationales avec les meilleures pratiques internationales, favorisant une plus grande convergence entre gouvernance nationale et système économique mondial. Depuis le XVIIIe Congrès national du Parti communiste chinois (PCC) en 2012, la Chine a accompli des progrès notables dans son ouverture économique, visant une ouverture institutionnelle plus poussée.
La création de zones pilotes de libre-échange (ZLE) constitue une initiative stratégique majeure. Depuis le lancement de la première ZLE pilote à Shanghai en 2013, la Chine en a créé 22 au niveau national. Les innovations institutionnelles développées ont été reproduites et étendues à travers le pays, créant un environnement favorable au partage des fruits de la réforme et à l’accès généralisé aux avantages de l’ouverture.
Pour attirer des ressources extérieures, la Chine a réduit la liste négative des investissements étrangers, supprimé toutes les restrictions sur le secteur manufacturier, modernisé le régime des investisseurs institutionnels étrangers qualifiés (QFII) et élargi les canaux de connectivité transfrontaliers. Treize institutions financières supplémentaires sous contr?le étranger ont été agréées, et plus de 900 institutions QFII opèrent désormais dans le pays, les participations étrangères en actions A dépassant 3 400 milliards de yuans (478 milliards de dollars).
L’expansion à l’international s’est poursuivie parallèlement, les entreprises chinoises adoptant des modèles de financement international plus diversifiés. Le projet pilote de cash-pooling intégré en devises nationales et étrangères de Shanghai, optimisé cette année, a permis d’améliorer l’efficacité de la gestion des capitaux transfrontaliers et de renforcer le soutien aux opérations mondiales des sociétés multinationales.

Des agents des douanes surveillent le déchargement de marchandises hors taxes à Haikou, dans la province de Hainan, le 26 mai. (XINHUA)
Naviguer face aux vents contraires
L’ouverture de la Chine progresse dans un contexte international d’incertitude accrue. La compétition entre grandes puissances joue un r?le prépondérant dans la configuration du commerce international, tandis que les dynamiques économiques et politiques connaissent de profondes transformations. La montée du protectionnisme, l’escalade des frictions commerciales et les sanctions unilatérales ont introduit de nouvelles complications.
La concurrence mondiale s’est étendue à la lutte pour l’élaboration des règles dans les secteurs émergents. Dans les domaines de l’e-commerce et du développement durable, certaines économies occidentales ont promu des cadres réglementaires exclusifs, fondés sur la libre circulation des données et une protection stricte de la propriété intellectuelle. Ces normes négligent souvent les besoins de développement des économies émergentes, notamment en matière de souveraineté des données et de politique industrielle. La Chine s’efforce de gérer les pressions des économies avancées tout en coopérant avec d’autres pays en développement afin de promouvoir un système de gouvernance mondiale plus juste et plus inclusif pour les secteurs numériques et émergents.
Sur le plan intérieur, le passage d’une croissance rapide à une croissance de haute qualité en Chine complexifie encore davantage la situation. Les secteurs traditionnels subissent une pression croissante pour se moderniser, tandis que la transformation numérique, l’industrie intelligente et la transition écologique redessinent les réseaux de production mondiaux.
Trouver un équilibre entre ouverture et sécurité, efficacité et équité, alignement sur les règles internationales et amélioration des institutions nationales est devenu un enjeu politique majeur.

Touristes profitant d’une boutique hors taxes à Sanya, dans la province de Hainan, le 26 juillet 2023. (XINHUA)
Perspectives d’avenir
Les récentes délibérations du Conseil des affaires d’état sur l’approfondissement des réformes dans des domaines clés indiquent que l’ouverture institutionnelle deviendra un moteur essentiel du développement de qualité de la Chine entre 2026 et 2030. La Chine favorisera l’ouverture en alignant ses pratiques nationales sur les normes économiques et commerciales internationales les plus exigeantes. Ses candidatures à l’Accord de partenariat transpacifique global et progressiste et à l’Accord de partenariat sur l’économie numérique lui offrent la possibilité de se comparer aux normes les plus élevées en matière de commerce des services, de gouvernance numérique et de protection de la propriété intellectuelle.
La réforme du secteur des services devrait constituer une avancée majeure. Récemment, les efforts accrus de la Chine pour ouvrir le secteur des services ont déjà produit des résultats tangibles. Néanmoins, un potentiel de développement important subsiste.
La récente décision du Conseil des affaires d’état d’optimiser les règles d’accès au marché des services annonce une ouverture plus poussée dans les domaines de la finance, de l’éducation, de la santé et des télécommunications. Pour y parvenir, il est nécessaire de faciliter l’entrée des investisseurs étrangers et de réformer les cadres réglementaires nationaux afin de garantir la reconnaissance des qualifications, une supervision cohérente et des dispositifs de services transfrontaliers renforcés.
En matière d’ouverture régionale, la Chine poursuivra le développement des ZLe et la construction d’un port de libre-échange de Hainan de haut niveau. Avec le lancement officiel, le 18 décembre, des opérations douanières spéciales à l’échelle de l’?le, Hainan se transformera en un p?le industriel moderne et complet.
La Chine entend élargir davantage les investissements bilatéraux, améliorer l’accès à ses marchés, mettre en ?uvre une liste négative unifiée et garantir un traitement national aux entreprises étrangères tout au long de leur cycle de vie.
Des efforts seront également déployés pour faciliter les échanges commerciaux, promouvoir la fluidité et la sécurité des flux de données transfrontaliers, et instaurer un environnement institutionnel transparent, stable et prévisible, afin d’accélérer la transformation de la Chine en un acteur majeur du commerce de qualité.
La coopération de haute qualité dans le cadre de l’initiative ? la Ceinture et la Route ? restera un pilier stratégique de l’ouverture institutionnelle de la Chine. Au cours de la dernière décennie, la Chine a signé plus de 200 accords de coopération avec plus de 150 pays et 30 organisations internationales, mettant en ?uvre de nombreux programmes de développement économique ciblés.
à l’aube du XVe Plan quinquennal (2026-2030), la Chine continue de considérer l’ouverture comme une voie essentielle à son développement. Malgré des vents contraires, la Chine maintiendra sa confiance et adoptera des mesures proactives afin d’apporter stabilité et dynamisme à l’économie mondiale.
LIU LIANG, directeur adjoint et chercheur associé, Institut d’économie appliquée, Académie des sciences sociales de Shanghai, et LIAO SHUOZHONG, étudiant en master, Académie des sciences sociales de Shanghai