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  2026-10-31
 

Une plateforme d'échanges vivante

VOL. 18 / NOVEMBRE 2026 par YORO DIALLO  ·   2026-10-31
Mots-clés: liens solides ; Chine ; Afrique

Les liens solides entre l’Afrique et la Chine sont basés sur la confiance et l’amitié 

Spectacle sino-africain lors de la cérémonie d’ouverture de la Semaine du cinéma du Hunan à Nairobi, au Kenya, le 9 juin. (XINHUA)

Le contexte de l’Année sino-
africaine des échanges humains et culturels 2026 nous offre l’occasion de revisiter les annales de l’histoire des relations entre la Chine et l’Afrique. Les riches cultures chinoise et africaine n’ont jamais évolué uniquement dans les limites des frontières de la Chine et de celles du continent africain. Au fil du développement de la navigation maritime des derniers millénaires, les cultures chinoise et africaine se sont rencontrées à travers des échanges commerciaux et humains et se sont diffusées dans le monde, contribuant à enrichir le progrès de l’humanité.   

Une histoire de longue date 

Les tout premiers échanges entre la Chine et l’Afrique remontent à l’Antiquité, sous la dynastie des Han (202 av. J.-C. – 220 apr. J.-C.). Il faudra attendre la dynastie des Tang (618-907) pour que les Chinois se rendent en Afrique à la faveur de la croissance des routes maritimes, commercialisant porcelaine et soie et ramenant en Chine des produits africains tels que l’ivoire et des animaux exotiques. 

Au XIXe siècle, sous les pressions de puissances étrangères, la Chine traverse une période difficile, tandis que l’Afrique subit la domination coloniale européenne. L’expérience partagée de domination étrangère et d’humiliation rapproche considérablement la Chine et l’Afrique. 

Plus récemment, en 1956, la Chine et l’Égypte procèdent à la signature d’un protocole d’accord de coopération culturelle au Caire. En 1959, le Président Mao Zedong reçoit une délégation des jeunesses d’Afrique, d’Amérique latine et d’Asie, en visite en Chine dans le cadre des échanges humains et culturels. 

 Marché du Nouvel An chinois au Cap, en Afrique du Sud, le 21 février. 

Une coopération à toute épreuve 

Dès la fondation de la République populaire de Chine en 1949, sous la direction du Parti communiste chinois, la Chine nouvelle engage une politique de solidarité agissante en faveur des mouvements de libération en Afrique. 

En 1955, la Conférence de Bandung (Indonésie) pose un jalon important dans les échanges entre la Chine et l’Afrique. Cette conférence propulse au firmament de l’histoire contemporaine l’esprit de coopération Sud-Sud fondé sur la solidarité entre pays du tiers-monde.  

Les années 1960-1980 enregistrent un tournant dans les échanges politiques, diplomatiques, humains et culturels entre la Chine et l’Afrique. Fidèle à son engagement initial, la Chine aide ses amis africains à réaliser leur indépendance politique et à entamer la longue marche vers l’indépendance économique. Des projets emblématiques, dont la grande ligne internationale de chemin de fer Tanzanie-Zambie, sont mis en œuvre. 

La création du Forum sur la Coopération sino-africaine en 2000 dote les relations entre la Chine et les pays africains d’un cadre institutionnel et ouvre une nouvelle ère dans leur développement. 

Quelques années plus tard, la Chine devient le premier partenaire commercial de l’Afrique. Au-delà de l’économie, les deux parties accordent une place prépondérante aux échanges humains et culturels. 

Des dizaines de milliers de jeunes Africains poursuivent leurs études en Chine, grâce aux bourses offertes par le gouvernement chinois. Des programmes de formation technique et professionnelle sont mis en œuvre en faveur des cadres des pays africains dans tous les domaines du développement.  

Les échanges entre médias chinois et africains et la formation de journalistes contribuent également à une meilleure compréhension mutuelle. 

Les échanges culturels s’intensifient également à travers l’apprentissage des langues. Des Instituts Confucius sont créés dans plusieurs universités africaines et des langues africaines sont enseignées en Chine. L’intérêt des Chinois pour les cultures africaines croît grâce aux expositions artistiques et aux semaines culturelles africaines organisées dans les grandes villes chinoises. On observe une présence africaine croissante en Chine, notamment à Guangzhou et Yiwu, qui comptent désormais des communautés africaines dynamiques. 

Les échanges entre les deux parties contribuent activement à la construction d’un espace de dialogue interculturel qui redéfinit remarquablement les relations entre la Chine et l’Afrique dans le contexte du multilatéralisme. De nos jours, la célébration du Nouvel An chinois dans de nombreux pays africains témoigne éloquemment de la vigueur du dialogue culturel sino-africain. 

La calligraphie chinoise et la peinture sur éventail trouvent leur public auprès des enfants lors des célébrations de la Fête de la Mi-Automne organisées par l’Institut Confucius de l’Université Kenyatta, à Nairobi, au Kenya, le 16 septembre.

Les programmes d’échanges culturels sont devenus des moments significatifs. Les cultures chinoise et africaine sont mises en valeur à travers des programmes « Focus sur la culture chinoise » et « Focus sur la culture africaine ». Dans le cadre de « La culture africaine à la une », des événements culturels de grande envergure sont organisés dans de nombreuses villes chinoises. Ces événements contribuent incontestablement au renforcement de la compréhension mutuelle et à la consolidation de l’amitié sincère et pragmatique. 

Dès lors, nous nous engageons résolument dans le droit fil des orientations définies par le Président chinois Xi Jinping, qui a souligné l’importance d’intensifier les échanges culturels entre la Chine et l’Afrique, de renforcer la compréhension mutuelle entre les peuples chinois et africain et de consolider les fondements sociaux de l’amitié sino-africaine. Il a également rappelé que le développement des relations sino-africaines était une œuvre tournée vers l’avenir, qui nécessitait des efforts constants de la part des jeunes générations, et appelé les deux parties à promouvoir les échanges entre les jeunes afin d’assurer la pérennité de cette amitié. 

Au regard de tensions qui prévalent sur la scène internationale, Chinois et Africains doivent exploiter la sagesse qui caractérise deux civilisations multimillénaires afin de rapprocher davantage les différents peuples. 

Dans ce contexte, ma participation au jury du prix de l’Orchidée 2026 m’a offert une occasion particulièrement intéressante d’examiner les dimensions humaines et culturelles des relations sino-africaines. À travers les parcours des candidats, j’ai mesuré à quel point la culture est capable de créer des passerelles entre les civilisations. Les trajectoires individuelles enseignent que les relations entre les civilisations ne sont pas seulement construites par les institutions étatiques. Elles sont aussi façonnées par des personnes qui, par leur engagement, deviennent des passeurs entre les cultures. Le prix de l’Orchidée met en lumière ces personnes et leurs histoires et montre que la culture constitue l’un des fondements humains des relations internationales. Derrière chaque parcours culturel se trouve une personne qui a choisi de franchir des frontières géographiques, linguistiques et culturelles pour aller à la rencontre d’autres cultures. 

Dans un monde où les peuples sont de plus en plus interconnectés, les échanges entre la Chine et l’Afrique constituent une plateforme d’échanges vivante qui met en corrélation des civilisations et des cultures différentes.

YORO DIALLO : Chercheur principal et directeur exécutif du Centre d’études francophones à l’Institut d’études africaines de l’Université normale du Zhejiang 

 

 
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