| 2016-05-12 |
« Nous allons bien ! » - Entretien avec une famille rescapée du tremblement de terre de Wenchuan |
| Chen Ran |
| Mots-clés: famille rescapée; tremblement de terre de Wenchuan; Chine |
Cheng Piyi et sa femme Huang Guiqiong photographiés en mai 2009, 2011 et 2016 (Photo : Chen Ran/ Beijing Information)
Huit années se sont écoulées depuis le moment où leur vie a basculé. Cheng Piyi a commencé une nouvelle vie à Chengdu, capitale du Sichuan, province du sud-ouest de la Chine, laissant derrière lui sa ville en reconstruction et le chômage. De 5 heures du matin à midi, six jours par semaine, M. Cheng prend la route à bord d’un camion de livraison alimentaire pour une entreprise lancée par son beau-frère. Sa femme, Huang Guiqiong, y travaille également en tant que secrétaire.
Ils cuisinent, font les magasins, prennent du bon temps entre amis et retournent dans leur ville natale dans le district autonome qiang de Beichuan, à 120 kilomètres de Chengdu, tous les weekends. Cela ressemble à la vie de n’importe quelle autre famille, mais le 12 mai 2008 leur a laissé une profonde cicatrice, que même le temps ne peut soigner. Ils ont survécu au tremblement de terre de magnitude 8 qui a eu lieu à Wenchuan, et qui a tué plus de 80 000 personnes. Lorsque le choc s’est fait ressentir en cet après-midi du mois de mai, les fondations de leur immeuble se sont écroulées, les faisant violement atterrir du deuxième au premier étage. M. Cheng a immédiatement protégé sa femme et son fils de quatre mois des décombres. Lors des processus d’évacuation menés à travers la ville, ils ont cherché leur fille de dix ans, en vain. L’école dans laquelle elle se trouvait était ensevelie sous les restes d'une colline effondrée.
En mai 2009, un an après la catastrophe, M. Cheng confiait à Beijing Information qu’il espérait quitter la zone dévastée le plus vite possible et s’installer dans la nouvelle ville de Beichuan, alors en construction. Son souhait s’est finalement réalisé en 2011. La famille a déménagé dans un appartement, dans le complexe résidentiel Erma. Dans la langue Qiang, Erma signifie « nous ». Le complexe regroupe plus de 6 000 appartements, spécialement conçus pour les survivants de la tragédie de 2008. L’appartement du couple, 106 mètres carrés, compte trois chambres et deux salles de bain. Ils ont inscrit leur fils Dorjee dans une école maternelle à seulement dix minutes à pied de leur logement.
« Nous apprécions beaucoup ce que le gouvernement a fait pour nous, nous n’avions jamais pensé à déménager », confie M. Cheng avec émotion. « Je préfère vivre dans notre nouvelle résidence mais sans emploi que de rester dans un logement provisoire dans la ville où nous vivions avec un travail », avoue Mme Huang. « La construction de la nouvelle ville est toujours en cours. Je pense qu’en habitant dans le district de Beichuan, la qualité de notre vie n’en sera que meilleure ».
En 2011, la tante de M. Cheng l’a recommandé à l’entreprise dans laquelle il travaille aujourd’hui. « Les débuts ont été très difficiles parce que je ne connaissais pas Chengdu. Conduire seul s’est donc révélé un vrai défi en terme d’orientation », confie M. Cheng à Beijing Information. Un matin, il a donc décidé de suivre ses collègues sur les routes et de prendre des notes sur les différents itinéraires. « Je dois passer à autre chose pour proposer une meilleure qualité de vie à ma famille », ajoute-t-il.
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